Une soutenance, un chantier et, surtout, des interrogations

Pas souverains sur le plan défensif depuis le début du rallye, les Bleus ont deux rendez-vous pour apaiser les doutes.

Représentant spécial pour Vienne

Coude sur genou en accroupi sur le terrain d’entraînement d’Hadjuk Split mardi lors de la dernière séance ensoleillée avant son déplacement à Vienne le lendemain, Didier Deschamps observe les moindres détails d’un adversaire épaulé par Guy Stéphan, distillant quelques mots mais gardant une distance, discret . Le visage fermé et toujours très attristé par la mort de son père, l’entraîneur n’est pas satisfait de la prestation de ses troupes, battues par le Danemark (1-2) et accrochées en Croatie (1-1) lors des deux premières journées de la ligue des nations. S’il reste positif et mobilisateur dans sa communication externe, conscient de l’état de fatigue actuel, le patron des Bleus attend autre chose des deux derniers matches de cette série internationale en juin, face à l’Autriche vendredi à Vienne et au Stade de France le Lundi avec des retrouvailles face aux Croates. Un domaine de jeu occupe le staff français : la défense.

A six mois de la Coupe du monde, le chantier s’annonce gros et dans l’histoire de Deschamps personne ne peut croire que l’équipe de France puisse débarquer avec une arrière-garde fragile, sans repères et pas en place un an pour défendre son titre. . Ce serait contre sa nature. Aujourd’hui, des interrogations subsistent, tout comme des doutes, après deux incursions infructueuses dans cet aspect du jeu du blues.

Didier Deschamps à l’entraînement mardi à Split en Croatie FRANCK FIFE / AFP

Deschamps prône la défense à trois

‘DD’ a surpris son monde en revenant dans une défense à quatre lundi à Split. Notamment avec l’idée de s’adapter aux contraintes du moment, à savoir l’absence pour cause de blessure (Mbappé) ou de turnover (Benzema, Griezmann) de ses trois stars. Certainement un choix standard. ” je ne suis pas ferméil témoigne. Je peux encore changer de système, je ne m’interdis rien. Ces matchs de Ligue des Nations servent aussi à préparer le grand rendez-vous qui nous attend au Qatar en cette fin d’année. “Mais Deschamps n’arrête pas de répéter qu’il veut” mettre les meilleures conditions » ses éléments. Avec Mbappé et Griezmann ne jouant pas sur les flancs car Benzema est un vrai joueur axial, le 3-4-1-2 sera le système à moins que l’un d’eux ne soit rétrogradé de la Coupe du monde. Preuve en est qu’au moment de faire sa liste, l’entraîneur a clairement annoncé que Pavard avait été appelé comme axe droit – même s’il jouait pour l’équipe lundi – et qu’un élément comme Ousmane Dembélé était également resté chez lui à cause de son profil peu adapté à ce système mis en place depuis l’automne dernier. Traduction quand toutes les stars offensives sont là : défense à trois quand il y a break ou coaching, Deschamps croit pouvoir compter sur l’option à quatre derrière. Un plan B qui ne doit pas devenir un plan A.

Jonathan Klaus FRANCK FIFE / AFP

A droite, le match entre les pistons est (très) ouvert

Avec Kingsley Coman et Jonathan Clauss (Benjamin Pavard n’a jamais été une option dans ce système de jeu), le personnel des Bleus compte deux éléments aux profils complètement différents (à gauche, Théo Hernandez et Lucas Digne sont habituellement présents depuis des mois). Le joueur munichois, qui préfère jouer en tant qu’ailier gauche, continue de s’efforcer de répondre aux attentes de son entraîneur. Bon élève, discipliné, volontaire, il fait des efforts défensifs pour se retirer, mais cela affecte forcément son apport de l’autre côté du terrain.

Kingsley Coman CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

Tenant du titre vendredi dernier au Stade de France face aux Danois, il n’a quasiment jamais réussi à faire la différence de son côté, comme si la multiplication des courses avait commencé physiquement avec lui. Jonathan Clauss a un sentiment différent. Le Lensois, qui ne compte qu’un seul mandat en quatre sélections, est un club aguerri qui sort d’une belle saison en Ligue 1. Pourtant, son départ ringard contre les Dalmatiens (il a infligé le penalty), dans l’entrejeu, n’a pas tout à fait pesé en sa faveur. Impossible de le juger dans de telles conditions. A 29 ans, Clauss arrive dans un groupe qui se connaît, se distingue et n’aura pas cinquante occasions de marquer. C’est à lui de saisir sa chance en cas d’emploi jusqu’à la fin du stage. Sa place en Coupe du monde en dépend. À l’heure actuelle, personne ne peut se présenter comme le titulaire indéniable du poste.

Ibrahima Konat FRANCK FIFE / AFP

Dans l’axe, le combat s’annonce acharné

Dire défense à trois (dans l’axe) dit forcément plus de chances de s’y présenter. A ce petit jeu et en l’absence de Raphaël Varane, dont l’élimination sur blessure face au Danemark a coïncidé avec la dissolution du bloc français, les cartes sont rebattues. Du moins pour le poste de défenseur axial, c’est-à-dire le chef de l’arrière-garde. ” Je peux jouer à ce poste « Fou, ambitieux, Presnel Kimpembe, 11 anse Capitaine sous l’ère DD et plutôt rare en Croatie. Que l’entraîneur choisisse cette solution vendredi soir à Vienne ou préfère donner une autre chance à Saliba est plutôt neutre lundi à Split. A défaut, la compétition entre le Parisien et Lucas Hernandez sur l’axial gauche s’annonce aussi féroce que celle entre Pavard, Koundé et Konaté sur la droite. Trois hommes aux profils différents et si les deux premiers sont vrais alors le troisième et dernier arrivé a prouvé avec Liverpool qu’il avait de solides qualités. Les solutions sont multiples et les deux réunions à venir permettront également de réaliser de nouveaux tests. En espérant cette fois que la copie du set dissipera quelques doutes. Un vrai chantier.

Leave a Comment