une saison insupportable dans les tribunes

Attaques de joueurs, envahissements de terrains, projectiles, atermoiements des autorités… Après plusieurs années de progrès dans la prise en charge des supporters de football – avec plus de dialogue et moins d’incidents – le football français marque le pas cette saison. La faute à une série interminable d’incidents qui ont interrompu la première partie de l’exercice avant que les institutions ne se retournent contre elles-mêmes. Retour sur une année insoutenable dans les tribunes.

Dès le premier jour, le Stade de la Mosson à Montpellier a donné le ton, où le Marseillais Valentin Rongier était visé à l’échauffement sur le bord du terrain. Le milieu de terrain de l’OM a reçu une bouteille lancée depuis les tribunes, entraînant une suspension du jeu et la fermeture de deux tribunes à Montpellier pour trois matches. Le premier incident d’une longue série de lancers de projectiles.

A Nice, lors de la troisième journée, c’est Dimitri Payet qui a été pris pour cible par les supporters niçois avant que plusieurs dizaines d’entre eux n’entrent sur le terrain pour se battre, s’en prenant même physiquement aux Réunionnais. Le match, abandonné à la 75e minute alors que Nice menait 1-0, s’est répété sur terrain neutre à huis clos (1-1) après que les Niçois aient été pénalisés d’un retrait de points (sans lequel ils auraient terminé quatrièmes). Championnat…).

Quelques semaines plus tard, le 21 novembre à Lyon, Dimitri Payet est de nouveau touché par une bouteille depuis les tribunes du Groupama stadium. Cela avait également conduit à l’abandon de la rencontre après d’interminables tergiversations dans les couloirs du stade et un match rejoué à huis clos. Un scénario qui a conduit les autorités à finalement adopter un protocole clair de 30 minutes maximum pour décider du sort d’une rencontre.

Dimitri Payet après s'être pris une bouteille d'eau au visage lors de la rencontre OL-OM le 21 novembre 2021 à Lyon.  (JEAN CATUFFE / JEAN CATUFFE)

Un spectacle que l’on a trop vu cette saison, que ce soit en Ligue 1 mais aussi à un niveau inférieur, à Ajaccio-Niort le 21 septembre ou entre supporters comme à Metz-PSG le lendemain. Des Parisiens qui ont aussi passé une soirée compliquée au Stade Vélodrome un mois plus tard lors du Classique face à l’OM. Les projectiles pleuvaient sur les joueurs du PSG à chaque virage avant que Payet ne tente de calmer la foule. Inutile de continuer la liste des incidents, le constat est clair : leur nombre a explosé cette saison.

Mais ce n’étaient pas seulement les balles qui posaient problème. LLe retour des invasions du pays a aussi touché les gens. Outre le triste exemple niçois évoqué plus haut, lors du derby Lens-Lille qui s’est déroulé mi-septembre, les Ultras lensois sont sortis de leurs tribunes sur le terrain pour défendre des supporters qui se faisaient attaquer par le Park Ultras Lille. Le match a repris avec 30 minutes de retard.

Lors du derby Lens-Lille en septembre 2021, les supporters lensois ont fait irruption sur le terrain pour en découdre avec leurs homologues lillois.  (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Quatre jours plus tard, à Angers, la scène entre supporters angevins et marseillais s’est répétée. Ces derniers, fatigués d’être lancés par les adversaires avec toutes sortes de projectiles et de pétards, ont quitté leur parking après le coup de sifflet final pour rejoindre le combat. Un exemple symptomatique d’un regain de violence par une certaine frange, minoritaire mais visible, de supporters. Autre exemple en Ligue 2 : l’altercation entre Khalid Boutaïb, attaquant du Havre, et un supporter normand lors d’un match contre Toulouse en septembre dernier.

Une violence qu’on a aussi remarquée à l’extérieur des stades combats (combats planifiés ou non entre hooligans de différents clubs) sont de plus en plus nombreux, bien que la plupart ne soient pas rendus publics. Des combats éclatent fréquemment, comme la bagarre Montpellier-Bordeaux qui fait 16 blessés, dont six à l’hôpital. On se souvient aussi du triste spectacle dans les tribunes du stade Charléty lors de la 32e finale de Coupe de France entre le Paris FC et Lyon en janvier.

Incidents en tribune lors du match de Coupe de France Paris FC-Lyon en décembre 2021. (BERTRAND GUAY / AFP)

Malgré l’appel du ministre des Sports à des sanctions individuelles début décembre, les autorités ont resserré la vis en seconde partie de saison, multipliant les sanctions collectives et interdisant les déplacements de la plupart des supporters. Résultat : La fin de championnat a été visuellement beaucoup plus calme. Au contraire, la seule inquiétude observée provient des protestations des supporters contre la direction et/ou les résultats de leur club.

A Saint-Etienne, où la saison n’a pas été rose, les tribunes ont également fait débat, notamment lors de Saint-Etienne-Monaco le 23 avril. Ce soir-là, les Green Angels – un groupe Ultra Stéphanois – ont fêté leur 30e anniversaire en beauté. Le feu d’artifice tiré depuis la tribune a perturbé le rassemblement. Mais on parle d’un spectacle pyrotechnique un peu trop démonstratif et non d’une dispute comparable à celle qui a provoqué la fin de la rencontre Nancy-Quevilly, provoquée la veille par les supporters nancéiens désespérés de la situation de leur club. . Enfin, les derniers jours du Championnat ont été marqués par l’affaire Nice-Saint-Etienne, avec une chanson moquant la mort d’Emiliano Sala descendant des tribunes niçoises.

Les chiffres de la saison reflètent un exercice hors du commun avec 11 fermetures, 35 fermetures de stands, 24 fermetures de parkings et 130 interdictions de circuler. Une année à oublier pour le football français, mais surtout à bien l’analyser pour que ça ne se reproduise plus.

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