un savant mélange de football et de politique

Zinedine Zidane sera-t-il le prochain entraîneur du Paris St-Germain ? Rien n’est encore certain. Mais cette opportunité et les fantasmes qu’elle suscite en disent long sur notre rapport au football.

Dans la vie politique, les élections législatives succèdent aux élections présidentielles. Dans la vie du football, le feuilleton de Zidane a remplacé le feuilleton de Mbappé. Je ne parle pas de politique arbitraire. C’est étroitement lié. Le président Emmanuel Macron avait déjà fait part de son souhait de voir Kylian à Paris et était allé jusqu’à appeler l’agresseur. Il l’a encore fait avec Zizou. Pas un coup de téléphone mais une déclaration publique de son désir de le voir sur le banc du PSG. Pour un fan de l’OM, ​​on a vraiment tout entendu. Mais il ne s’agit pas du club, il s’agit de la taille de la France. C’est un véritable fantasme incarné par Zinedine Zidane, le grand de France. C’est du moins ce qu’il faut pour passer à autre chose après une finale de Ligue des champions au Stade de France, où le grand s’est fait, disons, très discrètement. Si on veut faire rimer France et Ligue des champions, il est certain qu’aujourd’hui il vaut mieux compter sur le PSG avec Zidane que sur nos chances d’accueillir une nouvelle finale. Ces prises de position du président de la République sont très révélatrices du rapport de nos hommes politiques au football. On parle peu des vrais problèmes et défis de ce sport, mais quand ça brille, quand des noms sonnent aussi haut que Mbappé ou Zidane, alors ça devient une affaire nationale. Et pourquoi pas me direz-vous ? Pour reprendre une expression de Kylian Mbappé, il n’est pas nécessaire de quitter St Cyr pour dire qu’une telle alliance serait économiquement bénéfique pour la Ligue 1 et donc pour la France. Et puis on confère socialement toutes les vertus à ce duo, comme si on rentrait en France en 1998. L’année de la naissance de Mbappé, l’année du sacre de Zidane.

Rien n’est fait pour le moment, Zidane n’est pas encore entraîneur du PSG.

Oui, mais il n’y a pas de plus grande machine à fantasmer que le mercato. Ces intersaisons, dans lesquelles on se prive de football sans offenser l’équipe de France et la Ligue des nations, sont propices à toutes les prévisions pour la saison suivante. C’est à la fois intéressant et inquiétant de voir qu’on peut autant vibrer pour des histoires de contrat que pour un match. Et quand il s’agit de Zinedine Zidane, on ouvre la boîte de Pandore. Zizou est le personnage de Marseille. Il y est né, y a grandi. En ville, pas en club. Il n’a jamais joué à l’OM, ​​il n’y a même pas été formé, il n’y a pas d’histoire commune. Et pourtant, la simple idée que cela puisse arriver au PSG, leur ennemi intime, est vécue comme une trahison à Marseille. Mais une trahison de quoi, finalement ? Peut-être fantasme encore une fois que la seule place pour Zidane en France est au sommet de l’équipe nationale car il serait au-dessus des luttes du club. Pour voir le retour de celui qui a illuminé nos soirées bleues. Vous aurez remarqué que depuis l’annonce de sa possible arrivée au PSG, le dossier de l’entraîneur des Bleus a été rouvert. En fin de compte, le politicien le plus intelligent dans tout cela est peut-être Zizou.

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