Stéphane Jobard : “Chaque expérience est constructive”

Langrois Stéphane Jobard, nommé à la tête de Boulogne-sur-Mer en décembre puis « lanterne rouge » de National, n’a pas réussi à sauver le club de la relégation. Le Haut-Marnais revient sur ses six mois dans le nord et explique sa volonté de ne pas poursuivre l’aventure avec le club.

JHM Quotidien : Avant le dernier match de la saison à Chambly, qui s’est soldé par une défaite 1-0, la relégation était certaine. Quel sentiment prévaut lors de cette descente en N2 ?

Stéphane Jobard : “Il y a des regrets. Nous ne sommes pas loin d’un éventuel maintien. A un mois de la fin du championnat on a pris du retard en concédant le nul (1-1) face à Sedan. »

JHM Q : Vous avez rejoint le club en décembre. Boulogne-sur-Mer a relevé la tête, mais cela n’a pas suffit. Qu’a-t-il manqué pour éviter la relégation ?

SJ : ” Diverses choses. J’ai découvert le fait d’être ‘pompier de service’. Il y a une mine d’informations qu’il faut stocker rapidement. Il faut connaître l’équipe rapidement pour construire une façon de travailler. joueurs, mieux c’est. “Quand je suis arrivé, ce n’était pas le cas et on a l’impression de repartir de zéro à chaque fois. La volonté était de recruter offensivement, mais c’est difficile dans notre situation. On avait tendance à se contenter de certains profils dans le ligue 2 dupe qu’avec des joueurs d’en bas et on n’avait pas les profils qu’on espérait. Puis je me suis rendu compte que tout le club était touché par la situation et il y avait une ambiance morose. Il fallait que je devienne moniteur d’auto-école. En résumé, J’ai manqué de temps et d’attaquant. »

JHM Q : Il y a eu plusieurs matchs où les buts ont été encaissés rapidement et d’autres très tard qui vous ont coûté un match nul ou une victoire. comment l’expliques-tu

SJ : “Nous avons encaissé beaucoup de buts à la fin des matchs à cause d’erreurs grossières. L’ensemble est fragile et dès qu’il y a un grain de sable, la machine se coince. Il y avait un manque de confiance parmi les joueurs et le talent offensif. Il y a eu une reprise et les résultats se sont améliorés à mesure que je prenais des décisions drastiques. Dans le dernier tiers du championnat, nous nous sommes retrouvés dans un ventre mou mais j’ai trouvé la formule tardivement. »

“Nous avons d’abord dû leur tirer les oreilles”

JHM Q : De l’extérieur, on a l’impression que des joueurs comme vous n’ont pas baissé les bras. Malgré la déception de la relégation, ça doit être une satisfaction pour toi, non ?

SJ : “La fierté est là. Alors qu’on avait presque dix points de retard sur le premier joueur non relégable, les joueurs auraient pu baisser les bras et lâcher prise. Mais ils ont persévéré et n’ont pas abandonné. Cela fait partie du bagage d’un joueur professionnel. Ils sont restés fidèles au projet de jeu basé sur la verticalité et le jeu vers l’avant. Il fallait apprendre à marcher ! Il fallait d’abord leur tirer les oreilles. Nous avons eu des performances intéressantes, notamment une victoire sur Châteauroux, le plus gros budget de National. »

JHM Q : Comment jugez-vous le niveau du championnat national, vous qui connaissez la Ligue 1 ?

SJ : “C’est un championnat d’entraînement pour les joueurs. S’ils sont là, il manque quelque chose lorsque vous montez. Il y a des joueurs qui sont habitués à l’équipe nationale et aux précédents succès de Ligue 1 et Ligue 2 et qui apportent leur expérience à la table. C’est un championnat qui manque de qualité technique. Maintenant, il y a de beaux profils d’attaquants qui pourraient rendre service aux équipes de Ligue 2.

JHM Q : Vous aviez un contrat de six mois qui peut être renouvelé si vous restez. Mais malgré la relégation, le club voulait continuer avec toi, mais tu as décliné l’offre. Pourquoi ?

SJ : “Je me suis senti flatté qu’on m’ait proposé de continuer. J’ai obtenu les clés du camion dans un cycle de deux ou même trois ans. Il fallait être patient. Je m’efforce de m’entraîner à un bon niveau. Quitte à le faire à ce niveau tant que c’est plus près de chez nous. J’ai réfléchi pendant une semaine. Le club le savait à un mois et demi de la fin de saison. Ils ont pu trouver quelqu’un rapidement. »

“J’ai toujours envie de m’entraîner”

JHM Q : À quoi ressemble votre avenir maintenant ? Vous avez des projets ?

SJ : « Pas pour le moment. J’ai toujours envie de m’entraîner. Je voulais mettre les choses en ordre. Mon départ est en cours d’enregistrement. Maintenant, j’écoute. C’est risqué, mais c’est un choix de carrière. »

JHM : Que vous a apporté cette expérience à Boulogne-sur-Mer ? Et que retenez-vous de ces six mois ?

SJ : « Chaque expérience est constructive. Nous n’avons pas besoin de révolution, nous avons besoin d’ajustement. Il fallait jongler avec le niveau d’exigence, s’adapter rapidement aux joueurs et leur donner quelque chose qui leur corresponde. C’était le cas avec une défense à trois quand je n’étais pas pour au début. J’ai mis les pieds à Boulogne. L’accueil ne peut pas être exagéré, la région est belle, mais je dois manger une bonne côte de bœuf en vitesse car je ne supporte plus le poisson ! »

Interview d’Yves Tainturier

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