Soirée contrastée samedi pour le MHSC, entre pantalon et cérémonie émouvante

Hommage aux champions 2012, battant le PSG (4-0) : récit de la dernière nuit du MHSC à La Mosson, samedi 14 mai.

Nous devions rester, samedi soir. Parce que La Mosson a rugi. Une dernière fois, avant la suivante, elle explosa et s’illumina. Le feu d’artifice a réchauffé les cœurs, fait vibrer les oreilles et illuminé une enceinte qui méritait d’honorer ses champions de France 2012.

La dernière image compte. Et nous avons donc dû rester ce soir pour terminer cette phase cauchemardesque de retour à la maison. Elle n’a pas pu enrayer le revers du Montpellier HSC (4-0) contre le Paris Saint-Germain, une défaite prévisible mais surtout, une nouvelle démonstration de l’impuissance d’une équipe qui n’a plus la force. Surtout, elle n’ose même pas combattre l’inévitable comme elle l’a fait le 23 janvier contre Monaco (3-2), sa dernière victoire dans son stade.

Deux conceptions de l’éternité, front contre front. Entre le calvaire d’une équipe en déclin et le feu d’artifice pour fêter les champions, cette dernière soirée de la Mosson aura traité les contraires à outrance. Les rires et les sourires des rois d’il y a dix ans, les visages abattus de leurs successeurs.

Les chansons assourdissantes de la Butte, les balles ennuyeuses et les bombes fumigènes. La fête était dans les tribunes ou à leurs pieds, et la défaite sur le terrain, compressée d’un domicile samedi à bord d’un ascenseur émotionnel.

Les larmes de Vito, les kilos en trop et saoul comme avant

Vitorino Hilton l’aura hissé très haut sur l’échelle des sensations fortes. Et dommage si la sonorisation ne nous permettait pas d’entendre les paroles et trémolos d’un capitao en mouvement comme jamais auparavant. L’essentiel est ailleurs.

Fêté presque un an après le dernier match d’une carrière monumentale (512 matchs de L1, 354 avec le MHSC toutes compétitions confondues), le Brésilien, patron aux émotions mouchetées, a fendu l’armure et laissé parler ses yeux. Dernières larmes d’un champion d’exception, partagées dans les bras de ses ex-partenaires de 2012, venus à lui les uns après les autres.

La Paillade aussi a crié son amour. Une ultime communion comme avec chacun de ces héros d’une décennie différente mais d’une victoire immortelle. Du moins connu au plus reconnu, de Lacombe à Aït-Fana, de Kabze à Yanga-Mbiwa, ils ont tous droit à leur dose de souvenirs de ce composé vacciné à jamais.

Ils s’étaient auparavant rencontrés au Mas Saint-Gabriel, l’épicentre des Nicollins et de leur aventure ensemble. Ils ont recréé les matchs, pris les photos et trouvé leur trophée. Avant de prendre le bus pour le stade, ensemble, comme si rien n’avait changé à part les cheveux gris ou les kilos superflus.

Puis ils se sont assis dans les tribunes, laissés pour compte non loin de Téji Savanier et son t-shirt vert fluo, non loin de Neymar. Ils ont assisté à la projection d’un vacancier du PSG mais n’étaient pas si contents. Ils ont également essuyé une sèche défaite (0-3) face aux Parisiens il y a dix ans.

C’était au début de la saison et ils avaient tout changé après ça, même leur destin. Ses héritiers ont fait exactement le contraire. Ils ont commencé à la fin, brillants d’un été bouleversé. Hilton, Congré, Delort et Laborde sont partis en remplacement de Zakarian, les hommes de Dall’Oglio s’y étaient mis sous la dent. En décembre et à l’automne.

têtes et corps en question

Samedi, ils ont laissé la vedette à Messi et Mbappé. Vous n’êtes pas le premier. Mais il y avait quelque chose de triste dans sa façon de s’en accommoder, ou de ne pas s’en accommoder. D’une dernière danse d’un autre genre d’une équipe qui a plus de blessés – Mavididi est sorti touché et a rejoint Cabella, Savanier, Omlin, Wahi et Sakho à l’infirmerie – en réussite en 2022 (3).

La tête pose des questions, tout comme les corps et l’avenir. Le MHSC cherche ses certitudes. L’une des rares est cette 13e place, le pire classement depuis 2016-2017 (15e), qu’il ne quittera plus.
Mais nous avons dû rester samedi. Comme nous devons rester après Angers samedi prochain, dernier rendez-vous de cette interminable campagne.

Après tout, les champions de 2012, encore libres malgré une finale de Coupe de la Ligue un an avant de s’envoler, avaient aussi prouvé qu’un calvaire peut être suivi d’un feu d’artifice. Votre héritage n’est pas qu’un trophée. C’est aussi une histoire à vivre.

Les chiffres d’une chute

Dernier succès en mars

Montpellier n’a remporté aucun de ses huit derniers matches de Ligue 1. Entre le 16 décembre 2020 et le 3 février 2021, ils ont connu une séquence de neuf matchs sans victoire. Son ultime succès a été signé le 20 mars à Bordeaux (0-2). C’est aussi la seule victoire des douze derniers matchs.

Horrible en 2022

Montpellier n’a pris que 12 points (3 victoires, 3 nuls, 12 défaites) en Ligue 1 en 2022, seul Bordeaux (11) faisant moins bien sur la période. De plus, depuis le début de l’année civile, aucune équipe de L1 n’a perdu plus souvent que le MHSC.

Di Maria-Mbappé

Le milieu de terrain parisien Angel Di Maria a marqué 6 buts contre Montpellier en Ligue 1, son butin de haut vol préféré. Le MHSC est aussi l’équipe contre laquelle Kylian Mbappé prend le plus de décisions (9 buts et 5 passes décisives).

1982

Montpellier n’avait plus encaissé au moins quatre buts contre le Paris SG (2-5) à domicile en Ligue 1 depuis le 13 avril 1982.

Allemand

Vingt et un matches (19 en championnat et 2 en Coupe de France) que l’attaquant montpelliérain Valère Germain n’a pas marqués. Son dernier succès date du 11 décembre 2021 à Brest (0-4), où il a également fourni une passe décisive.

Treize

C’est là que Montpellier débarquera, quel que soit le résultat à Angers, samedi prochain lors de la 38e et dernière journée de la rencontre. Avec 43 points, le MHSC n’arrive pas à rattraper Reims, qui a la meilleure différence de buts avec 46 points (10 d’écart).

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