“Sainteté”, fiasco des dirigeants et flambée de violence

Maintenant que ce déchaînement de violence extrême dans la « Bouilloire » a été fermement condamné, il est temps de réfléchir au sens de ce comportement d’une certaine fraction des Verts. Cette violence n’est ni sans fondement ni aveugle, mais très ciblée. Il s’adressait avant tout à l’équipe dirigeante qui a conduit ce grand club à un tel fiasco sportif. À ce stade, nous devons nous rappeler comment les grands clubs de football professionnels sont structurés et le rôle particulier que jouent les clubs de supporters.

Dans ces clubs comme l’ASSE on peut parler d’une relation organique ou d’un contrat tacite entre les groupes de supporters Ultras et la direction du club, qui en a essentiellement besoin pour animer le stade et la vie du club. Citons ici le président Caiazzo en 2016 : « Nous préférons nos millions de supporters aux millions de riches investisseurs ! (“Le vert”, 29/12/2106). De leur côté, les ultras se sont progressivement approprié une sorte de droit moral – une sorte de droit de regard – sur le comportement du club auprès des propriétaires, même s’ils sont milliardaires.

Ces supporters ultras ont réagi à leur manière à cet abandon de poste par la direction de l’ASSE

A cet égard, Saint-Étienne est un cas d’école. En effet, depuis 2004, le club est géré de manière acrobatique par deux personnes ; D’un côté Roland Romeyer, un pur Stéphanois, manager local, et de l’autre Bernard Caiazzo, le Parisien, diplômé de l’ESSEC, qui a fait fortune dans les centres d’appels. Ce duo improbable a marché sur la corde raide pendant des années, les méfaits en termes de leadership sportif du club devenant chaque année plus apparents. Par ailleurs, ces deux dirigeants tentent de vendre le club au plus offrant depuis au moins deux ans, refusant systématiquement les offres des patrons locaux afin de rester bouche bée aux côtés de riches investisseurs américains ou asiatiques. Cela leur a permis de donner aux supporters l’impression qu’ils voulaient se débarrasser d’eux.

A ce sujet, sur RMC Sport, écoutons le coup de gueule de Jean-Michel Larqué, capitaine des Verts de la grande époque, au surlendemain du match qui a scellé la relégation de l’ASSE : « Un président actionnaire majoritaire du club qui fait quand il ne fait que stade depuis deux ans et demi, il faut qu’il soit rayé des tablettes du football français. Pour avoir abandonné le poste et mis en péril l’héritage. C’est dommage. Il se cacha à nouveau, laissant tout le monde derrière lui. […] Je suis en colère contre les gens qui n’ont pas de courage. Il voulait être sous les projecteurs, j’espère qu’il est dans la honte du noir.”

Leave a Comment