Quel avenir économique pour la Marine et la Blanche ?

Dans un environnement économique troublé, avec des comptes de clubs professionnels français affichant une perte de 645 millions d’euros sur la saison 2020-2021 (dont 225 millions pour le seul PSG), Bordeaux doit se serrer la ceinture pour (sur)vivre jouer en championnat 2.

Les charges devraient passer de 120 à 50 millions d’euros.

D’un point de vue économique, il y a un énorme écart ligue 1 et le ligue 2. Toulouse, 1er budget de L2 cette saison est de 22 M€, seul Clermont avait un budget inférieur en L1 cette année. Reynald Brion, docteur en sciences de gestion, spécialiste du sport calculer l’impact financier du déclassement.

Sur la base d’un budget prévisionnel, qui était estimé à 112 millions d’euros en début d’année, on supposerait que la reprise se traduirait par des revenus de l’ordre de 30 à 35 millions d’euros pour le club, avec des dépenses qui leur seraient imputables non plus de 120 millions d’euros cette année, mais à 50 000 000 d’euros. C’est donc 20 M€ à combler, notamment par la vente de joueurs – Reynald Brion

La vente des joueurs pourrait théoriquement rapporter 42 millions d’euros

Les Girondins de Bordeaux vont donc devoir d’abord réduire drastiquement leur train de vie afin de faire passer leurs dépenses de 120 à 50 millions d’euros, ce qui entraînera malheureusement des licenciements parmi les 250 salariés du club, mais aussi la vente de joueurs. Dans ce domaine, l’écart entre la théorie et la pratique se fera au détriment des Marine et Blanc, estime Reynald Brion

Sur la base de sites qui valorisent des joueurs comme Transfermarkt, il existe encore des joueurs valorisés à plus de 5 millions d’euros comme Rémi Oudin ou Ottavio qui pourraient aider à minimiser le coût de la coupe. Si on s’en tient aux côtes uniquement, il y a un potentiel de 42 000 000 d’euros. Il est honnêtement impossible d’obtenir cet argent, en pratique, je pense que nous pouvons obtenir 20 millions d’euros – Reynald Brion

Connexion difficile entre l’industrie du football et le football local

Mais toutes ces ventes laisseront-elles aux Girondins de Bordeaux un effectif qui leur permettra de voler au-dessus de la Ligue 2. Pas sûr, surtout la saison prochaine où il n’y aura peut-être que deux billets contre trois cette année. Financièrement, le club bénéficie de la « radiation », le soutien financier distribué par la LFP et aussi des injections d’argent dans le football français de la même ligue. selon l’accord signé avec le fonds d’investissement luxembourgeois CVC. De son coté l’Association Scapular, association d’entrepreneurs locaux, reste mobilisé et toujours prêt à aider et à s’investir pour les Girondins de Bordeaux. A ce jour, cette volonté territoriale n’a peut-être pas encore la force qu’elle espérait, ni la place qu’elle méritait. Mais dans les semaines à venir, l’adversité pourrait rendre justice et unir un football des finances et un football des territoires, qui semblent pour le moment peiner à travailler ensemble, pour le bien des Girondins de Bordeaux.

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