Quasi européen avec Genesio, Rennes a digéré l’après-Stéphan

Le club venait de disputer sa première Ligue des champions mais la possession était au point mort et Rennes n’avait gagné qu’un match en deux mois. Genesio a puisé dans les bases créées par Stéphan pour apaiser les tensions et rendre le jeu plus libre, en remettant d’abord Flavien Tait au cœur du projet : courses folles, balles récupérées, dribbles et passes rapides, ce grand timide du terrain a donné le équipe un peu de morsure. Et Genesio a instauré un jeu aux permutations permanentes entre joueurs en phase offensive, dans lequel plusieurs Rennais se sont illustrés, à commencer par Martin Terrier : lui, qui n’avait jamais inscrit 10 buts par saison, en a marqué 5 après l’arrivée de Genesio l’an dernier et 21 ce saison. Le chéquier de la famille Pinault, actionnaire unique depuis 1998, a permis de renforcer l’effectif dans ce sens l’été dernier avec Gaëtan Laborde, Baptiste Santamaria et Lovro Majer.

“Beaucoup de liberté”

Le coach nous donne beaucoup de liberté», a déclaré jeudi le capitaine Hamari Traoré.Le groupe n’a pas de star, tout le monde essaie de travailler les uns pour les autres, tout le monde a fait sa meilleure saison…» D’où un match souvent spectaculaire et une saison record, malgré quelques sas parfois douloureux qui obligeront Rennes à se battre jusqu’à la dernière minute samedi pour s’assurer une place européenne. Toutes compétitions confondues, les Rouges et Noirs comptent cette saison 99 buts. marqués et en Ligue 1, ils ont déjà égalé ou dépassé leur record de points sur une saison (65), de victoires (20), de buts marqués (80) et de différence de buts (+42).

Depuis le début de l’ère Genesio, les Rennais ont en moyenne 1,77 points par match, devant Guy Lacombe (2007-2009, 1,64 pts) et Julien Stéphan (2018-2021, 1,60 pts). Cela n’a pas échappé aux confrères de l’ancien Lyonnais, qui vient d’être élu meilleur entraîneur de L1 aux Trophées UNFP à 55 ans. Une reconnaissance, peut-être tardive après ses années à l’OL (2015-2019), marquée par des résultats réguliers et des héroïsmes européens mais une méfiance grandissante des supporters lyonnais. Rien de tel à Rennes, où les RCK Ultras ont encore une fois applaudi le coach samedi.

“Pas de vengeance du tout”

Ce n’est pas du tout une vengeance“, a assuré Genesio après avoir reçu son prix et a rappelé ce qu’il devait aussi à son ancien club.”J’ai été formé dans une école où l’aspect offensif était très important (…). J’ai conservé cet héritage, mais j’ai aussi la chance d’avoir des joueurs de qualité et talentueux qui font que cela se produise.« Samedi à Lille, il doit les aider à lutter contre ce qu’il appelle les “croyances limitantes”, ces stats qui freinent les espoirs. En 45 déplacements à Lille dans l’élite, Rennes n’en compte que 3 fois pour 26 défaites et 16 nuls remportés, dont l’an. 2007, après une égalisation de Nicolas Fauvergue qui fait tomber les Rouge et Noir de leur premier podium de L1 à la 93e minute de la dernière journée.

Cette année, un match nul assurerait à Rennes une place en Ligue Europa. En cas de défaite, ils sont à la merci d’un retour de Strasbourg et de Nice. Mais s’ils gagnent, ils peuvent monter sur le podium en cas de défaite contre Monaco à Lens ou Marseille contre Strasbourg. Parmi la multitude de scénarios possibles, il y en a donc un dans lequel Stéphan, qui connaît désormais un franc succès à Strasbourg, peut priver les Rennais de Genesio d’un 5ème Championnat d’Europe consécutif. Et un autre où il pourrait les envoyer en Ligue des champions pour la deuxième fois.

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