quand ACE a flirté avec l’enfer

• 1962 : Avance rapide vers le niveau inférieur

La première relégation de l’ASSE en Division 2 remonte à 1962. La saison 1961-1962 des Verts est paradoxale. Alors que le club a traversé toutes les étapes de la Coupe de France et remporté la coupe, il a eu plus de difficultés en championnat et a finalement été relégué au deuxième rang pour la première fois de son histoire.

Les Verts ne sont pas découragés. Avec François Wicart comme entraîneur, ils survolent le championnat de D2 la saison suivante et reviennent dans l’élite.




La saison 1961-1962 est paradoxale : les Verts sont relégués… mais remportent la Coupe de France. Archives photos Progrès / Charly Minassian

• 1964-1982 : deux décennies au plus haut niveau

Dès l’essor de 1963, les succès s’enchaînent. Les Verts sont devenus champions de France en 1964. L’histoire bouge. Les années suivantes sont fructueuses. Ils ont remporté quatre championnats consécutifs (1967, 1968, 1969 et 1970), trois Trophées des champions (1967, 1968 et 1969) et deux Coupes de France (1968 et 1970), neuf titres en seulement quatre ans. Les Verts dominent le football français.

La descente en D2 il y a quelques années est largement oubliée. Mieux, la décennie suivante confirme l’hégémonie stéphanoise. A la domination hexagonale (trois championnats et trois coupes de France entre 1974 et 1977), les Verts ajoutent des exploits européens, notamment la fameuse épopée de 1976 à la finale de la C1.

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• 1982 : L’affaire du box-office noir renvoie ACE en D2

Le règne de l’ASSE au sommet du football français s’achève brutalement en 1982 avec l’affaire du box-office noir (voir ci-dessous). La baisse de la masse salariale qui en a résulté a entraîné le départ de nombreux acteurs clés (Michel Platini, Johnny Rep, Patrick Battiston, Bernard Genghini, etc.). Le club termine 14e de la saison 1982/83 et est relégué l’année suivante, 1984, après avoir perdu un barrage à Geoffroy-Guichard face à Jean-Luc Lagardères Racing de Paris (0-0 aller, 0-2 au retour tour). Chemin de retour).



Roger Rocher au tribunal de Saint-Etienne le 1er septembre Archives pour rétro Loire année 1982 Photo d'archive Progrès



L’affaire du box-office noir

La caisse noire ASSE, une réserve de trésorerie, permet de garder les meilleurs joueurs du club (Platini, Larios, etc.). Entre 1977 et 1982, sous la présidence de Roger Rocher (photo), une partie des revenus aurait été détournée (vente de billets du Comité d’Honneur, de billets pour des matchs amicaux, versements en espèces dans la boutique et le bistrot des Verts…).

Cet argent, qui n’est pas déclaré au fisc, sert à rémunérer, toujours en catimini, les joueurs, dont les salaires augmentent avec la notoriété de l’équipe et les succès européens. Le montant détourné est estimé à 20 milliards de francs.

Le 15 mai 1991, le président Roger Rocher est condamné à 36 mois de prison dont quatre purgés et à 800 000 francs d’amende.

• 1984-1986 : deux ans pour retrouver l’élite

La saison suivante, 1984-1985, après des débuts catastrophiques en D2, les Verts remontent la pente et s’arrachent le droit de disputer un match de barrage dans l’espoir de rebondir. Mais ils ont perdu face au Stade rennais (0-2). Cette même saison, ils sont éliminés par Lille en quart de finale de la Coupe de France, montrant leur retour en forme.

L’ASSE, entraînée par Henryk Kasperczak, s’appuie à nouveau sur les jeunes du centre de formation. L’année suivante sera la bonne. Le Club Saint-Etienne a dominé la D2 en 1985-1986 et est revenu dans l’élite en fin d’année.




Avec 37 buts inscrits entre 1984 et 1986, l’attaquant camerounais Roger Milla est un grand artisan de la montée des Verts en D1. archives de photos de progrès

• 1987-1995 : Les Verts tiennent bon

Cependant, le miracle de 1963 ne se reproduira pas. Car le retour dans l’élite est difficile et les jeunes, aussi courageux soient-ils, ont du mal à gagner leur vie.

Malgré le retour de Robert Herbin de 1987 à 1990, l’ASSE est loin de sa domination des années 60 et 70, loin de la capacité d’innovation (formation, ressources diversifiées, organisation structurée) qui avait fait sa force. Elle n’atteint pas son objectif de trouver l’Europe.

Pire encore, le club commence à afficher un déficit chronique. Les résultats sont décevants même avec un recrutement ambitieux. Les relations au sein de la direction sont difficiles. Vous devez économiser de l’argent. Les meilleurs joueurs sont vendus. La crise financière pèse lourdement sur le jeu, c’est le sport qui s’effondre. 18e en 1995, l’ASSE est sauvée par l’interdiction marseillaise de revenir en première division (affaire des matches truqués Valenciennes – OM).

• 1996-1999 : catastrophe évitée de justesse

Le couperet ne tarde pas à tomber. Les Verts sont relégués l’année suivante, 1996, avec une 19e place.

La saison 1996-1997 vire au cauchemar, au point de faire craindre une relégation en National, troisième division française. L’ASSE termine finalement 17e, avec un exploit qui ne sera égalé que le dernier jour. Catastrophe également, le retour de Robert Herbin comme directeur sportif à l’été 1997 avec Pierre Repellini comme entraîneur : la lanterne rouge de D2 à l’automne ASSE est vendue à Alain Bompard. Sur le plan sportif, Herbin et Repellini parviennent enfin à sauver l’essentiel : tenir la D2 avec une nouvelle 17e place.

Alain Bompard s’entoure de deux hommes : Gérard Soler comme vice-président et Robert Nouzaret comme entraîneur. Avec peu de moyens, ils réussissent un recrutement astucieux et réussi puisque les Verts font un bon retour en première division à l’issue de la saison 1998-1999 et remportent le championnat de France de D2.




Alain Bompard (à gauche) et Gérard Soler (à droite) reprennent le club du fond de la D2 et le font remonter. Archives photos Progrès/Stéphane GUIOCHON

• 2001 : faux passeports et effondrement

Le retour dans l’élite se poursuit avec le même élan la saison suivante (1999-2000). Les Verts débarquent à la 6ème place, tous les espoirs sont justifiés.

Malheureusement c’est une chute. L’affaire des faux passeports (voir ci-dessous) a mis fin à la saison 2000/2001, qui avait pourtant mal commencé. Les évolutions judiciaires sont nombreuses, le club encourt de nombreux points de pénalité (jusqu’à sept). Cette affaire judiciaire a des implications majeures pour les joueurs et les dirigeants. Quatre entraîneurs, dont le Gallois John Toshack, se sont alignés en vain. L’ASSE termine 17e et recule en D2. A cette époque la D1 était composée de 18 équipes.

En 2001, on note quelques similitudes avec la situation actuelle des Verts. A ce stade la saison s’est déjà terminée à La Beaujoire face à Nantes. La défense est très faible : en 34 matchs, l’ASSE a encaissé 56 buts, contre 76 buts en 2021-2022 (en 38 journées). Le bilan des Verts en 2001 est de 8 victoires, 10 nuls et 16 défaites. En 2022, il y aura 7 victoires, 11 nuls et 20 défaites.



archives de photos de progrès



L’affaire des faux passeports

Depuis le début de la saison 2000-2001, des rumeurs circulent sur la légalité des passeports de plusieurs joueurs étrangers du championnat. Parmi eux, trois joueurs de l’ASSE : les Brésiliens Alex et Aloisio (photo) et le gardien ukrainien Maxim Levitsky. Le 2 décembre 2000, Saint-Étienne rencontre Toulouse. Alex est le starter. Les Verts gagnent mais Toulouse porte plainte.

Les passeports portugais d’Alex et d’Aloisio seront également considérés comme des faux, tout comme le passeport grec de Levitsky. Le programme doit permettre au club de recruter davantage de joueurs étrangers non ressortissants de l’Union européenne, dont le nombre est limité à trois.

C’est le début d’un interminable marathon juridique. D’appel en appel, d’appel en contre-appel, la victoire face à Toulouse est reconfirmée puis annulée. Les Verts sont également pénalisés de sept points de pénalité, qui leur sont finalement reversés en fin de saison. Mais le mal est fait : minée par les remous de cette affaire, l’ASSE termine deuxième et est reléguée en deuxième division.

• 2004 : retour en force

Même avec l’élargissement de la D1 de 18 à 20 clubs, les Verts ont besoin de trois saisons pour mériter leur billet dans l’élite. Cela s’est produit en 2004 lorsque Frédéric Antonetti dirigeait l’équipe. L’ASSE et le Stade Malherbe de Caen écrasent le championnat de D2 et retrouvent l’Oberliga. Les Stéphanois sont même sacrés champions grâce à un superbe but de Damien Bridonneau en fin de match face à Châteauroux dans un chaudron bouillant.




Damien Bridonneau éclate de joie : son but offre à l’ASSE le titre de champion de deuxième division. Archives photos Progress/Celik ERKUL

De retour en Ligue 1, la nouvelle équipe dirigeante du club est composée de Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, un duo qui dirige encore aujourd’hui l’ASSE. Un versant positif s’ouvre dans l’histoire du club : Les Verts reconquièrent le haut du tableau, se qualifient plusieurs fois pour la Coupe d’Europe et remportent la Coupe de la Ligue en 2013 avec Christophe Galtier.

Le départ du dirigeant en 2017 a marqué le début du déclin. Les saisons sont difficiles et l’ASSE flirte à plusieurs reprises avec la veille. Jusqu’à cet exercice 2021-2022, où ce qui devait arriver arriva : au terme d’un championnat catastrophique, les Verts devaient survivre à un barrage contre Auxerre pour rester en Ligue 1.



archives de photos de progrès



ACES et barrages routiers : une histoire de tomber amoureux

Jusqu’ici, la formule des play-off n’a jamais souri aux Verts. Au contraire, les précédents dans l’histoire de l’ASSE correspondent surtout à des souvenirs douloureux pour les supporters stéphanois.

A l’issue de la saison 1983-84, les Verts jouent leur survie en première division face au Racing de Paris. Après un match nul (0-0) dans la capitale, ils ont perdu le retour face à Geoffroy-Guichard (0-2). Les supporters regardent avec étonnement leur équipe, trois ans plus tôt championne de France, chuter en D2.

Un an plus tard, le défi est similaire, mais cette fois les Verts veulent revenir en arrière. Cependant, ils doivent disputer un match d’avant-barrage contre Rennes, qu’ils perdent tout de même face à Geoffroy-Guichard (0-2). Il faut attendre une autre saison pour retrouver l’élite.

1986, c’est la fête. ACE est assuré de revenir en D1. Elle joue encore un “Match des Champions” face au…Racing de Paris pour déterminer qui sera sacrée championne de D2. Les Verts ont encore perdu (3-2 à Paris, 1-1 à Saint-Étienne). Ils sont promus mais pas champions.

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