PSG. Quatre questions sur le refus d’Idrissa Gueye de rejoindre le combat

La polémique ne cesse de grandir. Samedi, le milieu de terrain du PSG Idrissa Gueye a refusé de jouer contre Montpellier lors de la 37e journée de Ligue 1 (victoire 4-0 à Paris) car il n’avait pas à porter le maillot arc-en-ciel de soutien au mouvement LGBT lors de la Journée mondiale contre l’homophobie.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur « Consulter », vous acceptez le dépôt de cookies par les services de réseaux sociaux tels que Twitter.

Son absence n’est pas passée inaperçue, d’autant qu’il avait raté le 17 mai il y a un an sous prétexte d’avoir contracté une infection gastro-intestinale. Deux forfaits qui font mouche et avec lesquels le club de la capitale a du mal à se justifier.

Nous revenons sur la controverse en quatre questions.

1. Que s’est-il passé ?

Idrissa Gueye, international sénégalais de 32 ans, figurait sur la feuille de match du déplacement à Montpellier samedi 14 mai. A midi, il était encore dans le groupe communiqué par le club pour ce match de Ligue 1. Quelques heures plus tard, le milieu de terrain parisien était absent… Aucune explication.

Rappelle vaguement le technicien parisien Mauricio Pochettino ” raisons personnelles “ lors d’une conférence de presse et a déclaré que son joueur “n’a pas été blessé”. Samedi soir, Idrissa Gueye était présent en tribune pour assister à la victoire des siens.

Dimanche soir, Le Parisien et CMR a révélé que son absence était due à la Journée mondiale contre l’homophobie, qui a servi de sanctuaire pendant quatre ans à la Ligue de football professionnel (LFP) et s’est traduite cette saison par le port d’un maillot floqué aux couleurs LGBT. que Parisien fait également valoir que ce forfait de dernière minute était motivé par des convictions religieuses.

2. Quelles ont été les réactions ?

Très vite, des organisations de défense LGBT sont intervenues pour dénoncer un acte homophobe. “L’homophobie n’est pas une opinion mais un crime, a rappelé dimanche sur Twitter le collectif Rouge Direct, qui lutte contre l’homophobie dans le sport. La LFP et le PSG doivent demander à Gana Gueye de s’expliquer, et très vite. Et le punir si nécessaire. »

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur « Consulter », vous acceptez le dépôt de cookies par les services de réseaux sociaux tels que Twitter.

Même son de cloche aux côtés d’Eric Arassus, président de la Fédération sportive LGBT+. “Tous ses coéquipiers ont joué le match, il est le seul à ne pas avoir joué le match. Il doit être sanctionné, financièrement oui. Et il doit être éduqué sur les questions LGBT. […] C’est un excellent joueur, nous le reconnaissons, mais la religion ne devrait pas être un problème dans le sport.”dit-il au micro lundi matin CMR Sports.

“Il l’a fait l’année dernière. Il y a peu de doute sur ses intentions. »a déploré Bertrand Lambert, président de Panam Boyz et Girlz United, un club ouvert à la diversité, auprès de l’AFP. Je regrette qu’il n’ait pas participé à cette journée qui n’est pas une promotion de l’homosexualité mais une promotion de la coexistence. Et tout comme porter un brassard anti-racisme ne change pas la couleur de peau de celui qui le porte, porter un maillot arc-en-ciel ne change pas la sexualité. Cela aide seulement à briser les préjugés. »

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur « Consulter », vous acceptez le dépôt de cookies par les services de réseaux sociaux tels que Twitter.

L’affaire a même atteint la politique : Valérie Pécresse, ancienne candidate à la présidentielle et présidente de la région Ile-de-France, a rappelé “La fonction de modèle des joueurs”et réclamé des sanctions.

La réponse du gouvernement – ​​en plein remaniement – ​​s’est fait attendre. Donné dans une interview Parisien La ministre des Sports Roxana Maracineanu a rappelé que le joueur n’avait pas “ni affirmé ni démenti”. Cependant, elle a répété qu’elle avait trouvé ce geste “regrettable”et a rendu la responsabilité au club tout en soulignant les progrès réalisés par le monde du football sur la question ces dernières années.

« A part ce joueur, je préfère qu’on mesure les progrès réalisés. Il y a quelques années, seul Antoine Griezmann s’était clairement engagé sur ce dossier. Aujourd’hui on fait la promotion de Christophe Galtier et Adil Rami et 500 joueurs portent le maillot arc-en-ciel le temps d’un week-end, dont Lionel Messi et Mbappé.elle s’est confiée à moi.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur « Consulter », vous acceptez le dépôt de cookies par les services de réseaux sociaux tels que Twitter.

En 2019, plusieurs joueurs ont refusé de porter un brassard arc-en-ciel.

La LFP, contactée par l’AFP, n’a pas souhaité commenter l’incident et l’a rappelé “Un travail de fond dans ce domaine depuis quatre ans”comme « l’organisation d’ateliers de sensibilisation à l’homophobie dans les clubs et centres de formation ».

A LIRE AUSSI. PSG. Ouissem Belgacem : “L’affaire Gueye pointe une homophobie sous-jacente dans le football”

3. Que dit l’association ?

Rien du tout. Depuis le début de l’affaire, c’est le silence radio du côté du PSG. Si le club, contacté par l’AFP, a été rappelé “complètement engagé dans la lutte contre l’homophobie et les discriminations, avec Sportitude ou SOS Racisme”insister ” [ses] Les joueurs ont porté ce maillot avec fierté, les plus grandes stars, Messi, Neymar ou Mbappé, pour montrer l’engagement du club.”le cas d’Idrissa Gueye n’a pas été évoqué.

Une source proche du vestiaire parisien s’est confiée à l’AFP “Un choix individuel du joueur, il se met de côté”.

4. Que risque le joueur ?

Correspondant France Bleu Paris, le PSG n’aurait pas l’intention de sanctionner son joueur. Ce scénario semble d’autant plus complexe à imaginer qu’une sanction pourrait mettre le club dans une situation juridique complexe au regard du droit du travail.

En France, toute sanction ou discrimination liée aux convictions religieuses d’un employé est illégale. Mais en même temps, la religion ne peut pas être une raison pour refuser les fonctions pour lesquelles l’employé a été embauché – dans le cas d’Idrissa Gueye, assistant au match de samedi. Le club ne peut pas forcer un joueur à porter un maillot qu’il ne veut pas non plus parce que “Nous sommes en démocratie”a rappelé Roxana Maracineanu Parisien. “Je ne remplacerai pas son employeur, c’est à lui de voir quoi faire dans ce cas”Elle a ajouté.

Pour rappel, l’homophobie est interdite par la loi et, en cas d’injure ou de diffamation publique, peut être punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Leave a Comment