“Moins de gel dans les cheveux en Division 2 et respectés”

Lorsque les Girondins de Bordeaux ont été relégués administrativement pour des raisons financières, le nom de Bernard Gimenez est naturellement venu à l’esprit comme l’un des capitaines de la saison 1991-1992. Encore jeune (25 ans) mais expérimenté – il a…

Lorsque les Girondins de Bordeaux ont été relégués administrativement pour des raisons financières, le nom de Bernard Gimenez est naturellement venu à l’esprit comme l’un des capitaines de la saison 1991-1992. Encore jeune (25 ans) mais expérimenté – il dispute son premier match professionnel à 17 ans et participe aux titres de champion en 1985 et 1987 – le Landais a le profil adéquat pour l’opération de rattrapage. Celle d’un milieu défensif d’1,73 m, endurant et bon technicien, à la manière de Didier Deschamps ou de René Girard, dont il a été la doublure les années précédentes.

Trente ans plus tard, “Gim” de Mont-de-Marsan, où il a terminé sa carrière au niveau amateur et a notamment été le pilier du Stade Montois, promu en équipe nationale en 1996, se remémore une “grande année” au cours de laquelle il joué 30 matches de championnat refusés (1 but). “Monsieur Afflelou venait d’assumer la présidence, il est venu nous dire dans le vestiaire que la montée en Division 1 était l’objectif.”

C’était clair, d’autant que les Girondins avaient les moyens d’être à la hauteur de leurs ambitions. Ils présentent un bon équilibre entre jeunes talents (Lizarazu, Dugarry) et expérience (Sénac, Milojevic, Huard, Dogon). Avec Gernot Rohr sur le banc, un autre militaire du Navy White Club, la sévérité est au rendez-vous. “Nous étions disciplinés et tous concentrés”, explique Gimenez.

étapes de la campagne

Il comprend vite que cette campagne de D2 ne sera pas une promenade de santé. Rodez, Saint-Quentin, Alès, Istres, Annecy, Rodez, Martigues… et le Girondin Saint-Seurin voisin : les Bordelais sont attendus partout. “Jeux de campagne. La D2 est beaucoup plus physique, il a fallu s’adapter. Être belle c’est bien, mais première victoire ». En résumé, comme il sourit encore aujourd’hui : “Moins de gel dans les cheveux et fais attention à ça”.

Dans la bataille face à Strasbourg, Bordeaux confirme son retour en D1 en battant Saint-Seurin (3-0) (trois penaltys de l’Allemand Reiner Ernst) dans un bouillonnant stade Chaban-Delmas lors de l’avant-dernière journée. La pénitence n’a pas duré, la suite de la carrière pro de Bernard Gimenez sera moins fun. A Bordeaux la saison suivante, il ne répond pas aux plans de Rolland Courbis. Transféré à Nîmes, il est rapidement stoppé par une grave blessure.

Backgammon et style de vie

De Mont-de-Marsan, il assiste à la lente et inexorable descente de son ancien club ces dernières saisons jusqu’à la relégation ce samedi 21 mai. “Nous avons vu cela depuis longtemps. Aujourd’hui je ne comprends plus ce club : qui fait quoi ? Pourquoi recourir au soi-disant « deschamps suisses » (ndlr : Vladimir Petkovic) à la fin d’un euro merveilleux ? Et Gérard Lopez ? On le voit avec sa casquette dans les tribunes. On a l’impression qu’il décide de tout en petit comité avec les gens qui l’entourent”.

Gigi et Tigana m’ont donné leur assiette à la fin ; En bon Landais, je n’étais pas gêné. Mais M. Jacquet remarquait le moindre écart. Il m’avait “démantelé” dans son bureau car l’hygiène de vie est primordiale pour un footballeur

Les joueurs ne trouvent plus grâce à ses yeux. « J’ai lu que tu avais commandé chez McDo pour 350 euros ? Je me souviens qu’en arrivant chez les Girondins, Gigi (Giresse) et Tigana m’ont donné leur assiette à manger ; En bon Landais, je n’étais pas timide (rires). Mais M. Jacquet remarquait le moindre écart. Il m’avait “démantelé” dans son bureau car l’hygiène de vie est primordiale pour un footballeur.

Bernard Gimenez a terminé ici avec un titre de Champion de France lors de la saison 1984-1985.


Bernard Gimenez a terminé ici avec un titre de Champion de France lors de la saison 1984-1985.

Beaucoup de supporters autour de moi à Mont-de-Marsan ont tourné le dos au club

Ce constat mis à part, Bernard Gimenez, comme beaucoup dans la région, s’est peu à peu éloigné des Girondins au point d’en être aujourd’hui presque indifférent. “Beaucoup de supporters autour de moi à Mont-de-Marsan ont tourné le dos au club. Je ne vais plus que rarement aux matchs et rien ne me donne envie d’y revenir : je ne connais plus personne et en termes de jeu ce n’est rien.”

Malgré tout, il continue de s’inquiéter pour l’avenir du club où il a passé ses meilleures années de footballeur : “J’ai peur qu’ils aillent encore plus loin.”

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