Lutte contre l’homophobie – coming out : le football français est-il prêt ?

La séquence donne un aperçu du travail à faire en France. Samedi 13 mai, Gana Gueye, l’avant-centre du Paris-Saint-Germain, a refusé de jouer à Montpellier et d’enfiler un maillot aux couleurs de la défense des droits LGBT+. Une décision qui a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux, où un hashtag (#weareallIdrissa) accompagnant plus de 300 000 tweets soutenait le libre arbitre du milieu défendu jusqu’à la présidence de la République sénégalaise. Trois jours plus tard, en Angleterre, Jake Daniels (Blackpool), un garçon de 17 ans, devient le premier joueur professionnel anglais actif à revendiquer son homosexualité depuis Justin Fashanu, un précédent dramatique accueilli avec défi et vu le joueur démenti en 1998 a conduit au suicide.

Cette fois, la Grande-Bretagne, du prince William à Harry Kane, a soutenu Daniels. “L’Angleterre a une politique plus inclusivetémoigne Yoann Lemaire, premier footballeur amateur à révéler son homosexualité en France en 2004. Je vais prendre un exemple : à Arsenal, il y a un groupe de fans qui s’appellent les “Gunners gays”. Il y en a plus de 500. Il n’existe pas en France. L’Angleterre a une longueur d’avance.« Si le rugby, la natation ou le patinage artistique ont déjà brisé le tabou en France, le football professionnel n’a pas encore salué le coming out. Pourquoi?”C’est le sport du virilisme exacerbé, témoigne Bertrand Lambert, président de Panam’Boyz, un club ouvert à la diversité. Vous devez être un vrai gars pour être un vrai joueur, donc vous n’avez pas besoin d’être gay. Ce sont les clichés qui sont véhiculés dans le football.”

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Le milieu du football français n’a jamais été aussi gay-friendly

Nicolas Pottier, Président de District Mayenne à la FFF, est un ancien arbitre international ayant exercé en L1 de 2007 à 2016. La semaine dernière, il a été le premier salarié de la FFF et ancien sportif de haut niveau à dévoiler son homosexualité. Il témoigne : “Qu’attendez-vous d’un joueur du championnat de France quand on nous appelle ‘sale pd’ toutes les semaines ? C’est la principale difficulté aujourd’hui.« Cependant, il semble que les mentalités évoluent. Alors que les chansons homophobes continuent de prospérer dans les stades, le football professionnel commence à s’attaquer au problème. En 2019, des chants homophobes à Bollaert et une banderole à Grenoble sont passibles d’amendes.

Et depuis quelques saisons, la ligue lutte contre l’homophobie avec des bracelets, des lacets ou des flocages arc-en-ciel. L’UNFP a rejoint l’opération cette année-là. “Nous sommes passés d’un problème invisible qui a été complètement balayé sous le tapis à quelque chose dont nous avons commencé à parlerreconnaît Bertrand Lambert. Le milieu du football français n’a jamais été aussi gay-friendly, même si la FFF est toujours divisée en deux camps : celui de Noël Le Graët, qui ne comprend pas les problèmes de discrimination, et celui de ses équipes, qui s’attaquent au problème. . . L’assignation de Gueye au Conseil d’éthique est un geste fort.

La religion, principal obstacle

En 2019, certains capitaines de Ligue 1 ont refusé de porter le brassard arc-en-ciel, suscitant la polémique. Les nombreuses réactions du monde associatif, mais aussi politique après “l’affaire Gueye” et l’embarras du PSG prouvent qu’il ne s’agit plus d’échapper au débat alors que des personnalités importantes (Olivier Giroud, Antoine Griezmann) défendent déjà soutenues par les LGBT+ ont des droits. La semaine dernière, c’est Christophe Galtier, l’entraîneur niçois, qui s’est penché sur la question : “J’attends d’un joueur qu’il puisse expliquer son homosexualité dans un vestiaire, ça ne me pose aucun problème et je vais même l’encourager.

Maillot arc-en-ciel de Kylian Mbappé : La LFP prend les devants dans la lutte contre l’homophobie.

Crédit photo : Getty Images

En 2013, une enquête d’un universitaire français a révélé que 41 % des joueurs professionnels et 50 % des jeunes en centre de formation avaient des opinions anti-gays. La parole semble aujourd’hui plus libre, les soutiens dans la société, dans la politique et apparemment même sur place sont désormais massifs : les conditions d’un premier coming-out d’un footballeur professionnel en France sont-elles désormais réunies ? “nous sommes très proches‘ prédit Bertrand Lambert.

Reste un obstacle majeur mis en lumière par la décision de Gana Gueye : l’interprétation religieuse. Yoann Lemaire, directeur de l’association Foot Ensemble, sillonne les centres de formation pour sensibiliser à la problématique. Il témoigne : “A notre petit niveau on sait qu’il y a des joueurs gays au plus haut niveau en L1 mais aussi dans les centres. Même s’il y a des évolutions, même si les choses s’améliorent, il y a encore des enfants qui choisissent de se mettre au-dessus des lois en faisant appel à leur religion. Parfois j’entends, ‘C’est Adam et Eve, pas deux Adams.’ Alors que j’ai peu de contrôle dessus. C’est dogmatique. Et puis il y a l’effet de groupe…

On ne peut pas gâcher une carrière sportive pendant 20 ans en se cachant dans un placard

Autre résistance : être le premier oblige celui qui l’a choisi à être à la pointe de la bataille. “Je ne conseillerais pas forcément à un joueur de sortirpoursuit Lemaire. Je l’ai fait quand j’avais 22 ans, je le regrette maintenant. Il est alors marqué à vie comme une sorte de bête de cirque. Ça va entrer dans l’histoire, ça va être compliqué à gérer. Alors oui, il aura les tweets de soutien à Mbappé et au ministre, mais quand il est seul dans sa chambre face à des milliers de tweets haineux, quand il doit mener ce combat toute sa vie… Mieux vaut avoir un coming – Day out avec plusieurs joueurs sortant du placard en même temps.”

Football : Lacets arc-en-ciel contre l’homophobie et l’intolérance

Source : Eurosport

L’ancien arbitre international Nicolas Pottier a révélé son homosexualité la semaine dernière. Pour lui, la prise de parole était fondamentale pour que son exemple serve et que les autres ne commettent pas les mêmes erreurs : “J’étais l’un des deux meilleurs arbitres assistants français jusqu’en 2011, je me sentais fortil témoigne. Puis le suicide de mon meilleur ami gay m’a fait entrer dans la clandestinité. Pendant deux ans, je n’ai pas su comment m’y prendre. Tout ce que j’ai enterré m’a explosé au visage. Je me suis isolé, j’ai creusé et j’ai traversé l’enfer. J’ai vécu avec l’agonie d’être exposé. Aujourd’hui je me dis qu’on ne peut pas ruiner une carrière sportive pendant 20 ans parce qu’on se cache dans un placard. Mais mon histoire n’est pas unique. Je crois beaucoup en la nouvelle génération, je veux apporter un message d’espoir. Aujourd’hui je regrette de ne pas être sorti plus tôt. Aujourd’hui, je dis à ceux qui se cachent : n’ayez pas peur.

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