Ligue 1 : Comment la longue distance a débuté Clermont Foot a amélioré son image

On ne va pas se mentir, Clermont Foot est parti de – très – loin en débarquant sur la planète média football version Ligue 1. A peine choisi, beaucoup l’ont déjà placé sur le toboggan de la descente. Un délit sordide qui ne dit pas son nom en toute vérité, ou, plus prosaïquement, un manque de légitimité aggravé par « un stade de paysans » ridiculisé sur les réseaux sociaux ; un passé sans véritable histoire ; un public maigre, flétri avec les années et trop longtemps lassé de voir le même film défiler en L2 pendant près de 20 ans, sans autre ambition que de s’y produire au mieux.

Mais ce Clermont est arrivé en L1 ! Surtout, il n’a rien volé, ce qui a été renforcé tant par le solide travail de fond de l’ex-président Michy que par la nouvelle équipe dirigeante et l’artisan du projet sportif, Pascal Gastien. Certains avaient rigolé entre clichés éculés – « Il n’y a pas de place pour le foot dans cette ville de rugby » – ou méconnaissance du sujet. Cependant, il n’a pas fallu longtemps pour que la tendance s’inverse et ce coup de foudre dès le premier jour.

« Bordeaux est finalement mon plus beau souvenir de la saison. Avec ce succès, nous avons montré dès le départ que nous pouvions survivre à ce niveau. Ça nous a fait avancer.”

Ahmet Berger (Président de Clermont Foot)

Résultat, le CF 63 commence même à toucher les étoiles. Une deuxième victoire à domicile face à Troyes (2-0). Et un match nul follement fou doublé d’un retour à Lyon (3-3). Les louanges pleuvent. Certains se laissent emporter. Et si ce Clermont, sorti de nulle part avec sa location à zéro euro et ses onze gars estampillés L2, s’avérait finalement être LA surprise de la saison ?

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En Ligue 1, les grimpeurs n’utilisent plus l’ascenseur depuis quelques saisons

Les modèles informatiques prédisent même une saison confortable, autour de la 12e place : « Ce match nul à Lyon, c’est comme une victoire ! revendique même le gardien Arthur Desmas. Mais pour lui, comme pour l’équipe, c’est une simple parenthèse enchantée. Matois, l’entraîneur Pascal Gastien jette aussitôt de l’eau froide sur un moteur qu’il soupçonne de surchauffer. “Ça va être dur, il faut se battre jusqu’au bout. Ne nous laissons pas distraire”. Il venait de le faire. Une première réaction en ce sens arrive à Paris avec un écrasant 4-0.

Le public est tombé sous le charme et a reconnu les valeurs solidaires de leur équipe

Clermont sera alors en ébullition. Le boom estival appartient désormais au passé. Il y a d’abord la défaite à Rennes (6-0), où le manque de renforts est criant. Impeccable dans son rôle de protecteur, Gastien Sr. joue le paratonnerre et assume tout le blâme, défendant des garçons qui ne sont “pas physiquement prêts” mais qu’il veut embarquer en masse dans une semaine de trois séances.

Ça colle aussi à la maison. Les nuls et les défaites s’enchaînent. Certaines difficultés commencent à apparaître. Surtout en défense avec dix-neuf buts encaissés en seulement six journées. Paradoxalement, quand le pire arrive au pire, ce Clermont continue de gagner la bataille des esprits. Et pas seulement en Auvergne, où le public, malgré une série de fortes déceptions (Saint-Étienne, Lorient, Bordeaux) qui le laissent en apnée, est uni et en masse derrière son équipe. Parce qu’au-delà de Rikiki, il veut dire qu’il voit une équipe ne pas fermer le jeu parce qu’il apprécie d’endosser un jeu qui ne met pas le bus devant la surface.

Un chiffre : 3
Clermont n’est que le troisième club de France depuis 2000 à rester en Ligue 1 après avoir découvert l’élite. Avant lui, seul Evian Thonon-Gaillard l’avait fait il y a dix ans et Amiens il y a quatre ans. Tous les autres ont immédiatement rechuté.

Les prestigieux succès de Nice et de Marseille lui ont offert en plein hiver un coup de projecteur dont il n’aurait jamais pu rêver. Le pouce attire alors la sympathie de partout.

“J’aime l’approche du football de cette équipe et j’espère et je crois que ça va continuer comme ça”, a déclaré Christophe Galtier, entraîneur des Aiglons. D’autres entraîneurs diront plus ou moins la même chose. Le message, qu’il soit positif ou solidaire, se propage imperceptiblement autour du CF63.

Même les méchants médias, que Dupraz a ridiculisés après la victoire des Verts à Montpied sur Gastien “prétendant suivre les règles de Pep Gardiola”, ont finalement renforcé le capital de sympathie autour de ce côté. Y compris à… Saint-Étienne, où l’on ne voit pas Clermont comme un « ennemi » et où la vilaine fusée du Savoy est jugée inutile.

Une autre idée du football

En moins d’un an, Clermont a gagné sur d’autres fronts que l’entretien. Il a su ajouter une assise populaire saine à sa légitimité footballistique. Pas de chaos ni de débordements insupportables à Clermont comme dans beaucoup (trop) de stades. Après le discours de haine des Ultras niçois à la Sala argentine, le promoteur est monté au créneau pour défendre une autre idée du football. L’action du ballon rond a été célébrée dans toute la France.

prime Ahmet Schaefer à Clermont Foot : “Notre budget va être augmenté”

Samedi, à la 9e minute de Clermont-Lyon

, le public de Montpied se lèvera pour honorer la mémoire du joueur décédé dans un accident d’avion. Parce que ce football qui devient stupide est insupportable. Car ce Clermont refuse cette transmission. Un credo défendu par Jérôme Champagne, l’influent conseiller du Président, et Pascal Gastien, le coach qui, surtout, n’a jamais cessé d’être pédagogue avant tout. Des petits gestes simples qui finissent par renforcer l’image d’un club à dimension encore humaine et ne prétendant pas être ce qu’il n’est pas. Mais qui est en L1.

Valéry LEFORT

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