Ligue 1. Comment expliquer la saison désastreuse de Bordeaux ?

Bordeaux est plus au bord du gouffre que jamais. Les Girondins sont en bas du tableau à l’entame de la dernière journée, à trois points de Barrage Metz. Même si le maintien semble encore jouable sur le plan comptable (uniquement à travers les barrages), la différence de buts ramène à la réalité. Les joueurs de David Guion ont 12 buts de retard sur la Lorraine. Il faudra donc un concours de circonstances pour assurer sa place dans l’élite.

Une orientation instable

Depuis le départ de Jean-Louis Triaud, président entre 1999 et 2017, les Girondins ont eu trois présidents en cinq ans. C’est autant qu’au cours des 27 dernières années.

Après la vente du FCGB aux fonds d’investissement américains GACP et King Street, Stéphane Martin n’est resté en fonction qu’un an. Il a ensuite été remplacé par le très controversé Frédéric Longuépée (2018-2021). En partie sous la pression des supporters, il a été contraint de céder sa place à Gérard Lopez, l’ancien propriétaire de Lille, alors que le club était au bord de la faillite. Si le club a été maintenu à flot économiquement, cela n’a pas été le cas sur le plan sportif.

promesses non tenues

Si on regarde l’effectif du début de saison des Girondins, il est inconcevable que Bordeaux joue dans le maintien. La saison a été productive avec des joueurs expérimentés comme Benoît Costil, Jimmy Briand, Paul Baysse et Laurent Koscielny associés à des profils prometteurs comme Adli et Onana.

Il est clair qu’il n’y avait pas de chimie. Les Bordelais ont décroché une victoire lors de leurs onze premiers matchs et ont rapidement glissé au bas du tableau. Par la suite, ne sachant jamais comment relever la barre, ils sont tombés dans une crise sans fin.

Mettre les cadres de côté

Outre les difficultés sportives, les problèmes financiers continuaient de hanter les dirigeants. Nous avons donc dû trouver un moyen de nous séparer des salaires élevés.

Sans surprise, Laurent Koscielny était l’un des joueurs les mieux payés du vestiaire. La direction a donc trouvé une solution amiable pour résilier le contrat du joueur en lui proposant un poste d’ambassadeur. De plus, l’actuel sélectionneur Vladimir Petkovic n’a pas compté sur l’ancien national tricolore. Bien sûr, il pouvait porter le brassard de capitaine, mais il pouvait aussi jouer trois ou quatre matchs sans être appelé dans l’équipe. La direction pensait qu’ils faisaient une bonne opération, mais surtout, ils ont cambriolé le vestiaire d’un homme essentiel.

Deuxième couteau évincé : Paul Baysse, qui n’a joué que sept petites minutes cette saison. Le défenseur a été accusé en interne d’être la taupe dans le vestiaire. Il a donc été invité à s’entraîner avec les réservistes. Le vestiaire l’a mobilisé pour revenir avec le groupe en fin de saison et a obtenu gain de cause. Le mal était fait, cette étagère a laissé sa trace.

La foule des supporters

Toutes les raisons ci-dessus ont causé une terrible frustration parmi les adeptes. L’union sacrée, cependant, est extrêmement importante pour obtenir la subsistance.

Pourtant, à Bordeaux, les supporters ont pris leurs distances avec les joueurs et les ont pris à partie. L’exemple le plus frappant est le terrible duel entre Florian Brunet, porte-parole des Ultramarines, et Benoît Costil en fin de première mi-temps face à Montpellier. Le videur est accusé de racisme par le groupe Ultras.

Un autre point fort est les actions hostiles envers les joueurs. Ce samedi, avant le match contre Lorient, les supporters girondins ont attaqué le bus de l’équipe. Pendant le match, des banderoles ont été déployées face à l’équipe de Bordeaux : “Tu devrais chier 89 buts” ou alors “Vous êtes la honte de nos 140 ans d’histoire”. Le message est assez clair…

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