Les héros des arrivées en Ligue 1 de l’AC Ajaccio

En 2002 et 2011, ils ont marqué l’histoire d’Aceism, grâce notamment aux buts qu’ils ont marqués lors des matches décisifs pour l’entrée du club en Ligue 1. Sébastien Squillaci et Jean-François Rivière nous racontent leurs souvenirs de ces rencontres qui leur ont ouvert les portes de l’élite

Samedi soir, CA pourrait vivre le quatrième accession dans ligue 1 son histoire. Après 1968, 2002 et 2011, le Porter sont en train de les trouverL’élite du football français. Comme dans les deux épopées précédentes, ce rêve se réalise dans une rencontre décisive. Avant Toulouse, ce samedi, le Ajacciens ont vu leur sort en 2002 contre Niort et neuf ans plus tard à Nîmes.

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Deux hommes ont joué les premiers rôles dans ces deux rendez-vous cruciaux : Sébastien Squillaci et Jean-François Rivière. Tous deux étaient des buteurs gagnants à deux époques différentes et dans des circonstances très différentes. Le premier commençait tout juste sa carrière professionnelle. A seulement 21 ans, “Toto” Squillaci en était à sa deuxième saison avec les Bears lorsque Michel Moretti et Rolland Courbis se sont lancés dans un défi fou appelé “E Parchi Micca Noi”.

Et l’ancien défenseur international se souvient de ce fameux match face à Niort (1-0) où tout a basculé : « Il n’y avait pas de pression particulière. Il y avait beaucoup de joueurs expérimentés dans le groupe mais aussi un bon mélange avec quelques jeunes dont moi. Nous n’avions pas changé nos habitudes à l’approche de ce match si important pour l’avenir du club. Rolland (Courbis) avait su nous préparer toute la saison. Puis il a su relativiser et avait ce petit quelque chose d’humour qui pouvait alléger l’atmosphère. Personnellement, je me sentais quand même un peu plus stressé car j’ai découvert le haut niveau. »

En 2011, Jean-François Rivière signe le doublé gagnant à Nîmes (1-2) qui permet à son équipe d'accéder à la Ligue 1.  - Archives Corse-Matin / ML

Une conversation extraordinaire

Moins de dix ans plus tard, Jean-François Rivière, 34 ans, était au milieu de sa carrière de joueur quand le miracle s’est de nouveau produit. Mais l’attaquant était déterminé à réaliser une fin de saison exceptionnelle sous la tunique blanche et rouge de l’ACA. Cette fois, les Acéistes ont disputé leur montée au dernier étage en plein air, au stade des Costières à Nîmes. Aujourd’hui, avant même d’évoquer le match et ce qui se passe sur le carré vert, l’attaquant se remémore la conversation qu’il a eue avec l’entraîneur Olivier Pantaloni quelques minutes avant le coup d’envoi : « Il était parti nous chercher, au plus profond de nous-mêmes. Il allait nous faire pleurer ! Je peux dire que pour nous, les anciens du groupe, il nous a émus aux larmes. C’est une conversation que je n’oublierai jamais. Cela nous a fait frissonner et nous sommes entrés sur le terrain avec une motivation à outrance. »

Mais malgré cette volonté de réussir l’exploit, la tâche des Ajacciens n’a été facilitée ni en 2002 ni en 2011. Toto Squillaci n’a pas oublié les difficultés que lui ont imposées les Chamois Niortais : «Ils étaient accrocheurs sans rien lâcher. Le score (1-0) reflète aussi la situation de jeu, qui n’a pas été facile pour nous. Nous avons eu quelques bonnes occasions sans marquer. Il a fallu attendre le 80et Minute pour enfin trouver la panne sur kick-stop. »

De retour à Ajaccio, la délégation ajaccienne a reçu un accueil particulièrement chaleureux à l'aéroport.  - Archive Corse-Matin/ML

entrée dans la carrière et consécration

En effet, à dix minutes de la fin, Cyril Granon lâche le ballon sur la tête du défenseur corse, qui l’envoie dans le filet arrière. Ce but a forcément marqué l’histoire du club ajaccien, mais aussi celle de Sébastien Squillaci. Vingt ans plus tard, il se souvient encore du sentiment qu’il avait à l’époque. “Cela m’est passé par la tête. Je me souviens avoir couru. Je ne savais plus où j’étais. En tant que défenseur, je n’avais pas l’habitude de marquer beaucoup de buts. Je n’ai pas pu contrôler les secondes suivantes. Mais je me souviens d’une joie extrêmement forte.déclaré le héros de 2002.

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Lorsqu’il foulera la pelouse des Costières neuf ans plus tard, Jean-François Rivière avait déjà marqué dix buts cette année-là. Mais les deux qui suivirent furent sans aucun doute parmi les plus importants de sa carrière. “C’était important pour nous tous”l’ancien attaquant a répliqué avant de poursuivre : « Ce succès a lancé la carrière de nombreux joueurs comme Andy (Delort), Benji (André) ou Paul (Lasne). Pour moi c’était une consécration car j’avais 34 ans et monter en Ligue 1 avec l’ACA était un rêve. Le match en lui-même n’a pas été facile parce que nous n’avons pas bien intégré cette partie. Nîmes ne nous a rien laissé et a même ouvert le portail. Heureusement, nous avions égalisé avant la mi-temps et le coach a pu remettre les choses en ordre. Quand j’ai marqué le deuxième but en début de deuxième période, j’ai ressenti quelque chose de fou. Le but était sympa, mais c’était surtout le fait qu’on en a profité au tableau d’affichage. Les Nîmois savaient que c’était fini pour eux ! »

Il y a 20 ans, le terrain de François Coty était envahi par les supporters d'Ajaccio.  - Archive Corse-Matin/ML

Les deux fans samedi

La bande de Qazim Laci et Riad Nouri rêve de vivre une telle soirée samedi à la réception de Toulouse (19h). Nul ne peut imaginer quel sera le scénario de cette rencontre extrêmement importante. Pourtant, il est facile de voir quel rôle clé le public jouera dans cette opposition. “L’équipe actuelle a la chance de jouer cette finale à domicile devant un public local dans un stade bondé. Il faut montrer aux Toulousains qu’il n’y a rien pour eux. Il devrait en être ainsi. Il ne s’agit pas d’attaquer à la gorge, il s’agit de faire un jeu sérieux tout au long de la saison, comme les Acéistes ont su le faire., a conclu Jean-François Rivière. Ce dernier sera également présent au François-Coty samedi soir.

“Malheureusement, je ne peux pas être dans le stade”a déclaré Toto Squillaci avant de conclure : “D’un autre côté, bien sûr, je regarderai le match à la télévision et bien sûr je serai un fervent partisan de l’ACA. »

Que ce soit à domicile en 2002 ou à l'extérieur en 2011, les supporters corses ont joué un rôle important.  - Archive Corse-Matin/ML

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