Les Girondins en Ligue 2, un monument qui s’effondre

Avec les Girondins de Bordeaux – peut-être accompagnés de Saint-Etienne ce samedi – c’est un monument du football français qui s’effondre après exactement 60 ans de présence presque (1) continue…

Avec les Girondins de Bordeaux – peut-être rejoints par Saint-Etienne ce samedi – c’est un monument du football français qui s’effondre après exactement 60 ans de présence quasi (1) ininterrompue dans l’élite. Le deuxième plus grand club derrière l’Olympique de Marseille en nombre de saisons au plus haut niveau français (69), le quatrième des matchs européens (après Lyon, Paris et Marseille). Egalement l’un des plus titrés avec six championnats de France, quatre coupes de France, une finale (1996) et deux demi-finales européennes (1985, 1987).

Et quels grands joueurs ! La Giresse – emblème du club – Tigana, Trésor, Lacombe, Battiston et d’autres qui ont formé l’ossature de l’équipe de France devenue championne d’Europe en 1984 ; les champions du monde 1998 Zidane, Lizarazu et Dugarry, … et ainsi de suite.

L’erreur de Lopez

Seul club de football de haut niveau de l’arrondissement sud-ouest – contrairement au rugby qui y a des fiefs -, les Girondins attirent depuis longtemps les foules venues de Bordeaux et de la région. Le parc Lescure, devenu stade Chaban Delmas en 2001 avant le déménagement raté au Matmut Atlantique en mai 2015, était le théâtre à l’architecture art déco.

“Je n’aurais jamais pensé que nous pourrions aller aussi loin”: comme l’a dit l’ancien défenseur international Bixente Lizarazu dans nos colonnes, regarder la défaite est brutal. C’est d’abord le résultat d’une dernière saison sportive désastreuse du début à la fin, la pire de l’histoire du club. Ce millésime 2021-2022 avait une forte saveur de piquettes (lourdes défaites à Reims, Rennes ou Lyon) et de gruyère (88 buts encaissés en 37 matchs).

L’homme d’affaires Gérard Lopez, arrivé aux commandes du club en juillet dernier alors que les Girondins étaient au bord de la faillite, n’a pas pu mettre la barre plus haut, bien au contraire. Il a commis une erreur lors du choix d’un entraîneur, l’ancien entraîneur suisse Vladimir Petkovic ayant été remplacé par David Guion en février. Aussi son directeur sportif Admar Lopes en bâtissant une équipe à l’équilibre fragile que le mercato de janvier n’a pas réussi à rétablir.

Ce millésime 2021-2022 avait une forte saveur de Piketts et de Gruyère

Virages manqués

Assemblage hétéroclite d’individus qui se soucient peu de la fortune du club, les joueurs n’ont jamais assumé leur statut. Ils ont vu avec consternation leur capitaine, le défenseur international Laurent Koscielny, être rétrogradé en cours de saison pour soi-disant mauvais leadership avant d’être accusé, avec le gardien Benoît Costil, de racisme par le groupe de soutien des Ultramarines sans aucune preuve crédible.

Loin des terrains, la nouvelle équipe dirigeante, qui a annoncé à son arrivée qu’elle allait serrer la vis, n’a finalement réussi qu’à ternir l’ambiance dans un club où le staff – interdit de parler aux joueurs par mail… – se dit désabusé et impuissant. , la longue glissade en Ligue 2 dont ils seront les principales victimes.

Tout n’est évidemment pas la faute de l’équipe locale. Avant que les Girondins de Bordeaux ne touchent le mur, ils ont raté plusieurs corners. Le premier fin 2009. Après le sixième titre de champion de France, l’équipe de Laurent Blanc domine la France (première à l’issue du match aller, huit points devant la deuxième) et l’Europe (meilleure équipe). en phase de poules de la Ligue des champions) avant de s’effondrer au printemps suivant, épuisé par l’enchaînement des matchs et troublé par les rumeurs de départ de leur entraîneur en équipe de France enfin confirmées.

Identité édulcorée

Privés du jour au lendemain de la fortune financière de la Ligue des champions, les Bordelais peinent à revoir à la baisse leur train de vie financier en raison d’accords de longue haleine et lucratifs signés au moment du boom sportif.

Une victoire en Coupe de France en 2013 et les dernières saisons de Coupe d’Europe à ce jour donnent encore aux Girondins l’illusion de maintenir leur rang. Sa vente par M6, dont le propriétaire en a marre de devoir combler des déficits récurrents depuis 1999, est l’autre rebondissement mal négocié. L’arrivée de GACP, représenté par le fougueux mais finalement incompétent Joe DaGrosa, soutenu par deux fonds financiers également américains, King Street et Fortress, marque un changement d’ère brutal. La masse salariale gonfle encore avec des joueurs en fin de parcours ou pas au niveau espérant bénéficier de la revente.

GACP a été rapidement relevé de la gestion et de l’actionnariat par King Street, qui a installé Frédéric Longuépée à la présidence. L’ancien gymnaste de haut niveau a été brutalement repoussé par les Ultras avant d’être vendu à Gérard Lopez, apaisé par son relatif succès à Lille et présenté comme le sauveur du club.

Un changement de propriétaire, trois présidents et six coachs consécutifs, un ballet incessant de joueurs et une identité complètement édulcorée : les quatre années après M6 ont été marquées par une instabilité chronique et un manque de professionnalisme peu propices au sang-froid et à la performance qui a finalement battu la place des Girondins de Bordeaux en Ligue 1.

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