LE FAIT DU JOUR Théo Sainte-Luce : “Il y a eu quelques petits incidents qui m’ont inquiété”

Théo Sainte-Luce devrait retrouver la Ligue 1 la saison prochaine (photo Anthony Maurin)

Originaire du Nord, Théo Sainte-Luce a rejoint le Nîmes Olympique en 2014 à l’âge de 16 ans. Après avoir terminé ses études, il a signé un pro avec les Crocos en 2019, où il n’a finalement disputé que 34 matchs en trois saisons, avec des prêts consécutifs au Gazélec Ajaccio et au Red Star, en National. Après une saison réussie en Ligue 2 (26 apparitions), il a signé un contrat de trois ans à Montpellier en janvier dernier, où il retrouvera la Ligue 1. La gauche revient sur ce changement de club et revient sur son passage dans le Gard.

Objectif Gard : Comment vous sentez-vous à l’idée de jouer en Ligue 1 la saison prochaine ?

Théo Sainte Luce : C’est un bon développement et ça a du sens parce que j’ai travaillé pour ça. J’ai hâte de redécouvrir la Ligue 1 car je l’ai connue depuis Nîmes, même si ce n’était que quelques matches. C’est un projet qui me correspond, le club a les mêmes envies que moi. Aujourd’hui, je dois encore progresser et je sais que c’est le bon club pour y parvenir. Je ferai de mon mieux pour l’emporter là-bas et faire le plus de matchs possible.

Pourquoi avez-vous choisi Montpellier ? Aviez-vous d’autres envies ?

Montpellier a été le seul club à m’avoir fait une offre écrite. Les dirigeants me suivaient depuis un moment, même lorsque je jouais au National. Si je devais choisir, j’aurais choisi Montpellier car c’est un club qui m’a fait confiance même quand je jouais en division inférieure. Je savais qu’ils suivaient mes performances, mais je ne m’attendais pas à ce que cela mène à un contrat si rapidement. J’avais des intérêts dans d’autres clubs, principalement en deuxième division espagnole, mais à part Montpellier, je n’avais rien de concret. Je voulais préférer la France.

“J’avais réussi à négocier ce que je voulais”

A quand remonte le premier contact ?

Les premiers contacts ont eu lieu assez tôt dans la saison. Nous avons commencé à parler en octobre. Donc de fil en aiguille, c’est arrivé jusqu’au moment où j’ai pu signer en janvier.

Lorsque vous avez commencé la saison dernière, étiez-vous en train de passer à NE ?

L’histoire c’est qu’en rentrant de National (prêté au Red Star, ndlr) je n’avais aucune certitude donc j’ai failli finir dans l’inconnu, même si j’en ai parlé à Reda Hammache et il me fait confiance. Mais je n’étais sûr de rien. Je voulais juste jouer même si je savais que c’était la dernière année de mon contrat. Je pensais avoir une offre de prolongation de prêt, mais je n’en ai pas eu. C’est comme ça que j’ai commencé la saison. Fin août, tous les jeunes formés au club dans la dernière année de leur contrat ont reçu une offre de prolongation de contrat. J’avais réussi à négocier ce que je voulais sans demander des conditions salariales trop élevées. Ce n’était que le début de la saison. Je venais de jouer quatre, cinq matchs en Ligue 2, je n’avais aucune prétention même si je savais qu’être libre pouvait être différent. Il fallait le faire à l’époque, mais il y avait des paramètres dont je ne connais pas exactement les causes qui faisaient que ça ne fonctionnait pas.

Le gaucher aura inscrit deux buts en professionnel sous le maillot de Nîmes, le premier face à Lens en Coupe de la Ligue le 29 octobre 2019 (Photo Anthony Maurin)

De quels paramètres parles-tu ?

Sincèrement, je ne sais pas. Je sais seulement que ce sont de petites choses. Je pensais que ça arriverait, mais ça n’a pas marché. Après cela, mes agents et moi avons attendu. J’ai encore attendu en me disant qu’il y aurait une issue favorable, mais non. À partir de ce moment-là, j’ai arrêté de penser et j’ai joué. C’était le meilleur pour moi.

Êtes-vous déçu de ne pas avoir prolongé votre association de formation ?

Non, maintenant que j’ai atteint un objectif que je me suis fixé : monter en Ligue 1. Ce n’est pas une déception, mais si c’était fait alors, j’étais prêt. Ce qui m’est arrivé aujourd’hui était un objectif et se produit en fait plus tôt que prévu. J’en suis très content !

“C’était un engagement à rester sérieux jusqu’au bout”

Ce temps supplémentaire annulé a-t-il affecté vos performances sportives ?

Oui un peu. J’ai fait une bonne première partie de saison et j’ai peut-être joué avec un esprit plus libre. Par rapport aux heures supplémentaires, il y a eu quelques incidents mineurs qui m’ont dérangé. Après ça j’ai eu un moment compliqué avec les cartons. Je n’étais sûr de rien, j’avais besoin d’être rassuré. En seconde partie de saison, quand j’étais calme, ça s’est très bien passé. Avec l’arrivée de Scotty (Sadzoute, en janvier, ndlr) et du club qui connaît aussi ma situation, j’ai moins joué, mais c’est quand même une bonne saison.

Cela a-t-il été difficile de terminer la saison en sachant que vous ne seriez pas là la saison prochaine ?

Ce n’était pas compliqué. J’ai beaucoup parlé avec le coach. Je l’avais vu et il savait que je resterais inquiet, c’est normal. Mon contrat s’est terminé fin juin, le championnat mi-mai, c’était un engagement à rester sérieux jusqu’au bout. L’entraîneur a également été très bon avec moi. Il aurait pu me mettre au banc et ne pas me jouer du tout. Il ne l’a pas fait. Comme il l’a dit, je suis resté sérieux et professionnel. Il me l’a rendu en me laissant jouer.

Avec l’équipe réserve, Théo a eu son meilleur souvenir du Nîmes Olympique (photo Norman Jardin)

Qu’est-ce qui a manqué aux Crocos cette saison pour espérer une promotion ?

Nous avons raté une autre saison ensemble. C’est un groupe qui a appris à se connaître. Au final, d’après ce qu’on a pu montrer, si on mettait ça en place dès le départ, ça n’aurait pas été la même saison. Bien sûr, comme nous l’avons répété tout au long de la saison, avec le groupe que nous avions, nous aurions dû être meilleurs, au moins pour atteindre les play-offs. Ce groupe s’est découvert et il n’a pas été facile pour certains de digérer la descente.

“Une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer”

Lors d’un de vos derniers matchs aux Costières, les supporters vous ont récompensé par quelques coups de sifflet. Comment l’avez-vous vécu ?

Je n’en ai pas trop entendu en début de match, mais plus en deuxième mi-temps. D’une part je les comprends car ça doit être compliqué quand un joueur va dans le club adverse et d’autre part il y a une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer pour ma carrière. Je ne blâme pas les fans et je les comprends à la limite. Ça m’a un peu déstabilisé à l’époque parce que j’avais toujours raison sur le club et les supporters, mais maintenant tout va bien.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage au NO ?

Sans hésitation, promotion en National 2 ! (saison 2017/2018, ndlr) Même lors de mes premiers matchs professionnels, mon premier but, je n’ai rien vécu de mieux que cette promotion. C’est quelque chose qui m’a vraiment impressionné. C’était ma première saison en senior avec un groupe co-formé. Nous nous sommes tous regardés grandir et avons gravi les échelons ensemble. Je me souviens d’un groupe uni avec une vraie volonté collective. Je remercie également l’entraîneur Yannick Dumas pour toutes ces années. C’est grâce à lui que je suis ici aujourd’hui.

National la saison dernière, Ligue 2 cette année, Ligue 1 la saison prochaine, pensez-vous être à la hauteur de cette nouvelle étape ?

Je grimpe lentement à l’échelle. Je dois travailler mais si j’ai été appelé par un club de Ligue 1 aujourd’hui c’est parce que j’ai la capacité de m’affirmer. Voyons combien de temps ça prendra si je débute en Ligue 1 demain parce que je le mérite. Je n’ai pas peur de cette étape, c’est une progression naturelle, je suis assez impatient.

Interview réalisée par Corentin Corger

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