Le bénévolat n’a pas toujours que du bon

1. Samedi Grave souci concernant l’Excel mouscron car il retarde si astucieusement – humour ! – étant donné que ses dirigeants finiront dans les 72 heures. Il faut que ce soit sérieux – plus d’humour ! – du côté Canonnier, si le football strident ne sera pas montré une deuxième fois en 13 ans, blâmez une leçon sur les excès financiers et la mauvaise gestion qui n’a pas été suivie. Pour s’octroyer un répit de deux semaines, Excel a avancé l’idée d’un possible rachat suisse à la mi-mai. C’était assez vague, on évoquait un ancien joueur ou un homme d’affaires ! En fait, personne ne se souciait de la personnalité du célèbre Helvète. Banquiers, guides de haute montagne, couteliers, chocolatiers et fromagers ont tous bu les bons mots de Ruddy Naessens, directeur commercial d’Excel “piste sérieuse” ! Mais dix jours plus tard, plus rien, plus aucune nouvelle… Enfin, s’il semble bien que le soi-disant candidat investisseur était un horloger. Comment jouer à l’horloge…

2. Dimanche Lorsque, il y a quelques années, le club de rugby des Collines a été fondé sur la suggestion de Didier Sanders, on se souvient que le dirigeant de Frasnes, afin de promouvoir son sport, publiait la sacro-sainte phrase sacrée : « Le football est un sport de gentlemen joué par des tyrans ; Le rugby est un sport de tyran pratiqué par des gentlemen. Didier avait ajouté : “C’est vrai aussi au niveau des supporters, on n’a pas le même comportement en matière de respect.” Cela me revient à l’esprit car ce samedi nous avons disputé les finales des plus prestigieuses coupes d’Europe de rugby et de football. Les deux matchs se sont déroulés en France, à Marseille pour la Coupe des Champions, à Paris pour la Ligue des Champions. Chacun avec un club anglais : La Rochelle-Leinster au Vélodrome, Real Madrid-Liverpool au Stade de France. Deux matchs à très gros enjeux ! Un contexte presque similaire, mais un résultat différent : pas le moindre accrochage au Vieux-Port, chaos à Saint-Denis ! Messieurs à Marseille, voyous dans la capitale.

3. Lundi Le lendemain du Giro avec la publication du classement mondial UCI : Sixième pour les Wantys, doublé de deux victoires d’étape en Italie et de top 10 au général pour Hirt et Pozzovivo ! Dirigée par Jean-François Bourlart, l’équipe domine les autres équipes belges Quick-Step, Alpecin et Lotto. Il est bien en avance sur Movistar, Trek et autres DSM. Ça dilue, n’est-ce pas ? Allez, champagne pour tout le monde… mais surtout, tenez Girmay le plus loin possible des bouteilles !

4. Mardi Version laconique d’Excel : “Le conseil d’administration a décidé de reconnaître la faillite. Nous avons dû prendre cette décision avec douleur et déception.” Une triste décision sans doute, mais certainement aussi la plus réfléchie depuis maintenant près de dix ans…

5. Mercredi Si vous semblez enthousiasmé par la disparition d’Excel, c’est qu’à un moment donné, vous aurez besoin de savoir ne pas être têtu, faire face à la réalité et tirer les bonnes conclusions. Le football professionnel dont beaucoup rêvent à Mouscron ne peut plus perdurer tel qu’il s’est réalisé depuis de nombreuses années à travers l’amateurisme le plus complet en termes de management ! Et si l’on parle d’admettre la faillite comme la meilleure décision depuis dix ans, c’est dans le contexte de la décision prise en juin 2012 lorsque Philippe Saint-Jean a été évincé de ses fonctions de manager après deux promotions consécutives. Du football sensé, le club est ensuite devenu fou. En confiant son sort à Lille, voulant à tout prix revenir en D1 sans considérer tout le contexte extra-sportif et croyant avoir trouvé son ange gardien, le club hurlant a vendu son âme au diable pour la première fois. Zahavi, Piempongsant et Lopez se sont ensuite relayés pour jouer le rôle de Cerberus, qui garde l’Excel en Enfer. Pour certains, le football professionnel n’avait pas de prix. Cependant, son entêtement et son irresponsabilité à mettre n’importe qui aux rênes font payer un lourd tribut à Excel, qui s’est brûlé les ailes pour renouer avec le passé glorieux du grand frère Excelsior.

6. Jeudi Il ne bouge pas, Patrick Declerck : “J’ai tout essayé, mais je ne suis qu’un volontaire.” Bref, le président Excel ne veut pas se reprocher le fiasco et rappelle avec désinvolture qu’il n’a jamais mis le pied sur le dos du club. Bravo, nous pensons que cela signifie que le bénévolat n’est pas toujours bon. En toute honnêteté on aurait préféré qu’il prenne un peu de bifton chaque fin de mois histoire de l’impliquer plus que de jouer au grand cœur sans rien foutre de roi.

sept. Vendredi Mouscron peut-il refaire le coup de Péruwelz, déterrer le numéro d’un club pour relancer une activité ? Bref, encore une fusion avec un club local pour sauver la face. Il y a eu le RMP en 2009, le RMM – pour Royal Mouscron-Menin – est évoqué, le RMR – pour Royal Mouscron-Renaix – et le fantasmagorique RMT – pour Royal Mouscron-Tournai – en 2022. Mais encore une fois, arrêtons ! Arrêtez ce genre de fusion qui vide les clubs de leur âme et les stades de leur public. La solution est ailleurs, dans un football plus populaire, plus réaliste, plus accessible, plus terre à terre. Que Mouscron l’entende !

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