Lassina Diabaté : “Un coach doit arriver vite” – Girondins

Ancien joueur et champion de France 1999 avec les Girondins, Lassina Diabaté était l’invité de Talk sur WebGirondins lundi soir. Il a répondu aux questions des modérateurs sans jargon technique.

PHOTOS ARTICLE (64).jpg (47 Ko)

WG : Comment vas-tu ?

Lassina Diabaté : Ça peut aller mieux, ça peut aller mieux pour les puristes et les fans de foot comme nous. Vous imaginez que nous sommes au-dessus du cou avec cette descente.

Avez-vous déjà quitté les Girondins depuis votre passage chez les Girondins ?

Absolument, comme on le dit souvent après avoir pris sa retraite du sport, nous avons plusieurs options. J’ai choisi le monde de l’entreprise, mais aussi pour faire mon diplôme de coach. J’ai aussi été rappelé par le président Saïd Ennjimi (NDLR, président du LFNA) car j’étais aussi président du Football Club de Saint Médard. Aujourd’hui je serai avec mon ancien coéquipier François Grenier en Ligue de la Nouvelle-Aquitaine.

Quelles seront vos missions à la Ligue de la Nouvelle-Aquitaine ?

François Grenier est déjà vice-président de la ligue, donc je pense que Saïd a demandé à François de lui apporter une bouffée d’air frais et sa vision du football. François est le régional du stade, je pense qu’il peut être utile, c’est quelqu’un que je respecte énormément.

Nous avons passé 3 ou 4 ans ensemble dans la même loge. Nous avons les mêmes valeurs, je vais aussi le soutenir dans ce service et apporter de nouvelles idées au football aquitain.


“Chacun doit assumer la responsabilité des échecs que nous avons vus”


Quel bilan faites-vous de la saison des Girondins et que se passe-t-il aujourd’hui ?

Il faut prendre l’aspect sportif, vous êtes tous d’accord pour dire que ce fut une saison catastrophique. Eh bien, nous ne pouvons pas faire pire que ce que nous venons de faire ici. Mais il faut aussi faire des analyses claires. Pourquoi avons-nous pensé à cela ?

Je pense que c’est un enchaînement de choses. Ce n’est pas aujourd’hui que ça nous tombe sur la tête. En réalité, je pense que ce sont des choses qui se sont construites avec le temps. La faute en incombe en partie à ceux qui sont en place, mais aussi à ceux qui ont vendu le club. Il faut le vendre aux personnes qui peuvent le mieux s’en occuper, je pense que ce n’était pas le cas.

Ensuite les comédiens, je dis les comédiens parce que c’est un casting. Les acteurs ont échoué car, avant tout, pour obtenir des résultats, pour avoir des exigences de performance, il faut des gens qui s’engagent, des gens qui sont déterminés et des gens qui ont aussi une certaine qualité intérieure.

Je pense qu’on est passé à côté de ça et quand je dis acteurs je ne sépare pas forcément tout le management.

Je parle des entraîneurs, je ne sépare pas la direction, c’est-à-dire le président. Chacun doit assumer la responsabilité des échecs que nous avons vus. Essayons maintenant d’apprendre rapidement les meilleures leçons possibles. Parce que plus ça prend du temps, plus ça se complique pour tout le monde, pour vous, pour nous et pour les vrais fans de football aquitains.

Comment jugez-vous le projet de Gérard Lopez à Bordeaux ?

Je suis mesuré quand je parle de Gérard Lopez. Je pense que s’il n’avait pas été là, nous aurions eu du mal à être en Ligue 1. Nous sommes tous d’accord. Par contre, si on a l’expertise qu’il a, il a dû faire un bien meilleur casting que ce qui nous a construit.

C’est d’autant plus facile, on ne peut pas, peu importe la qualité, on le dit sans doute aujourd’hui parce que la personne n’a pas eu d’entraîneur comme entraîneur de club. Deuxièmement, je pense qu’à partir d’un certain point, quand tous les spécialistes vous disent que si on arrive à trouver une solution à un problème, on essaie de le régler au plus vite.


“Ils ont bunkerisé les joueurs”


L’entraîneur est resté un peu plus longtemps qu’il ne le devrait à mon goût. Troisièmement, quand on remplace, on prend quelqu’un de la région et on le fait plus vite. Je pense que les castings étaient mauvais, pas seulement que nous avons de très, très mauvais joueurs.

A un moment on est tous d’accord dans le football, la qualité est une chose, l’aspect confiance en soi en est une autre. Lorsque vous avez la qualité que vous avez, la confiance que vous pouvez obtenir de meilleurs résultats. Je vous promets que si on reprend les choses différemment, avec les mêmes joueurs, avec un peu de sang-froid, je pense qu’on a le droit de ne pas être là.

Pour moi, le casting de Gérard Lopez a été un casting qui nous a mené droit dans le mur.

Comment expliquer la fermeture des vestiaires des Girondins ?

Il y avait des prémisses, je pense qu’ils essayaient de couper ce qui constitue l’ADN. Cette particularité, même quand les choses changent, il faut l’accepter, il faut l’admettre. Nous ne parlerons plus de famille, mais il y a quelque chose qui est profondément ancré dans la façon dont les joueurs se rapportent à l’environnement.

Je pense que petit à petit, ils ont réussi à éloigner les deux joueurs de ceux qu’ils aiment le plus. Ils ont bunkérisé, c’est le mot, ce château du Haillan.

A Bordeaux, en Nouvelle-Aquitaine, même si on dit qu’on a une région de rugby, il y a quand même une combativité dans notre ADN. Je suis convaincu que le renouveau des Girondins de Bordeaux doit aller au-delà de la région.


“Ne serait-il pas possible d’initier et de démarrer un projet socio en Nouvelle-Aquitaine aujourd’hui ?”


Il faut vraiment essayer d’attirer des gens qui connaissent mieux cette région et qui savent que ces gens peuvent travailler à long terme. Que nous donnions vraiment de vrais fondamentaux comme nous l’avons fait dans le passé. Il faut essayer de construire quelque chose de régional, avec des gens qui croient vraiment qu’ensemble on peut faire la différence. Sion accepte encore que d’autres personnes viennent nous dicter leurs lois et procédures, cela devient très compliqué.

Je jette une pierre dans l’étang. Ne serions-nous pas aujourd’hui en Nouvelle-Aquitaine en mesure d’initier et d’initier un projet socio ? Ce n’est pas facile d’accès. Pour tous ceux qui essaient de porter quelque chose pour montrer notre désir que le club nous appartienne. Pour cela, nous avons besoin d’un vent nouveau qui tend à être positif. Pourquoi ne pas essayer de faire ça ?
Le club est un héritage, on ne sait pas mais ça va faire mal…

L’objectif annoncé par le patron du club de revenir en Ligue 1 immédiatement, qu’en pensez-vous ?

Il doit le dire pour tenter d’effacer la grande déception de tous les amoureux du football. C’est juste de la communication. La réalité est différente. Nous sommes tous convaincus qu’il faut aujourd’hui deux choses pour se relever : les compétences et les finances.

Y a-t-il une légitimité de cette compétence aujourd’hui après ce qui s’est passé ? Je ne pense pas. Est-il assez solide financièrement pour assurer ce prompt rétablissement, je ne le pense pas non plus. Il a communiqué quelque chose. Nous qui sommes réalistes ne l’entendons pas.


“Il a communiqué quelque chose. Nous qui sommes réalistes, nous ne l’entendons pas.


Comment Bordeaux peut-il s’en sortir en Ligue 2 ?

La Ligue 2 est un championnat très compliqué. Il faut 2 axes, qui me semblent très importants. D’abord quelqu’un qui connaît la Ligue 2 et qui a aussi des joueurs capables de développer une vraie dynamique de groupe. Je pense que la gestion en Ligue 2 est complètement différente de la Ligue 1.

Les équipes qui ne jouent pas en Ligue 2 n’ont aucune chance de promotion, c’est certain. Il faut avoir cette capacité, à domicile comme à l’extérieur, pour marquer le jeu. » Aujourd’hui, je pense que l’équipe bordelaise que nous aurons si elle joue en Ligue 2 aura moins de chances d’être promue.

Il faut qu’un entraîneur vienne vite qui imprime son empreinte à l’équipe. Parce que ça fait la différence en Ligue 2. Si nous avons cela avec un entraîneur et un manager qui a la capacité de diriger du début à la fin, nous avons de bonnes chances de progresser. Vous devez trouver un entraîneur rapidement.

Qui serait le manager idéal pour Bordeaux ?

J’ai toujours dit furlan. Je ne me pose même pas la question. La preuve, aujourd’hui il est au barrage. C’est quelqu’un qui connaît la région, quelqu’un qui connaît ce championnat et quelqu’un qui a fait ses preuves dans les ascensions.

Regardez toute l’émission ici :

Ce navigateur n’est pas compatible avec iframes

Leave a Comment