Lamballe-Armor : Gwendoline James, pâtissière malgré le diabète – Lamballe-Armor



Son principe directeur dans la vie ? “Rien n’est impossible. Il faut toujours croire en soi, avoir confiance en soi et persévérer si l’on veut réussir quelque chose.” Et Gwendoline James veut être pâtissière depuis toute petite. Peut-être grâce à son oncle chocolatier. .. “Quand j’étais petite, on allait parfois chez lui dans le Finistère, où je me retrouvais souvent dans son laboratoire en train de manger du chocolat”, se souvient la jeune femme en souriant.

Début juin, Gwendoline James remporte son premier concours lors de la fête de la gastronomie de Quintin avec son sablé au sarrasin surmonté d'une ganache au chocolat, un c
Début juin, Gwendoline James remporte son premier concours lors du Quintin Food Festival avec son sablé au sarrasin garni de ganache au chocolat, coulis de framboise, zeste de citron vert et chantilly au mascarpone. (Le Télégramme/Julien Vaillant)

Des années plus tard, Gwendoline, 21 ans, poursuit son rêve. Le spécialiste de l’assiette dessert, titulaire d’un bac professionnel en cuisine et d’un CAP de pâtissier, se prépare à entamer un examen de compagnon technique (BTM) afin de se perfectionner davantage. Au cours des deux années suivantes, elle alterne entre l’école et la pâtisserie lamballaise d’Antoine Le Nôtre. “Nous avons hâte qu’elle arrive. Gwendoline est une personne très orientée vers les objectifs qui excelle vraiment dans son domaine », s’enthousiasme son futur employeur. Pourtant, l’histoire aurait pu se terminer il y a un peu plus de dix ans lorsqu’on lui a diagnostiqué un diabète de type 1.

Son traitement à vie, pas d’obstacle

“Je suis sous insuline à vie et je dois contrôler ma glycémie plusieurs fois par jour avant chaque repas”, raconte Gwendoline, qui n’a jamais fait de sa maladie un obstacle : “Je me suis toujours dit que j’avais affaire avec ça. C’est ma nature. Et cela ne m’empêche pas de faire ce que je veux. Je peux manger des bonbons même s’ils sont moins que les autres ». Et pas question de ne pas goûter sa production : “Ça fait simplement partie de ce métier”.

Gwendoline James travaille en alternance à la boulangerie Art du Pain à Saint-Alban depuis un an et poursuivra sa formation auprès d'Antoine Le Nôtre à Lamba au début de l'été.
Gwendoline James travaille en alternance à la boulangerie Art du Pain à Saint-Alban depuis un an et poursuivra sa formation auprès d’Antoine Le Nôtre à Lamballe au début de l’été. (Le Télégramme/Julien Vaillant)

La jeune pâtissière de Plestan espère aussi que son parcours pourra en inspirer d’autres : « J’aime lutter contre les préjugés. À travers mon témoignage, je veux montrer qu’on peut être diabétique, cuisiner et travailler avec du sucre.

Deux chefs étoilés dans le jury

Son employeur prévient également systématiquement la stagiaire de sa maladie. “En cinq ans de cuisine, je n’ai jamais eu de problème. Mais je pourrais me sentir mal à l’aise. Alors je préfère dire. Une seule fois, un patron a refusé de m’embaucher de peur que je sois régulièrement au chômage », se souvient Gwendoline, relatant à plusieurs reprises : « C’était de la discrimination ».

Pourtant, Gwendoline James a surtout reçu des encouragements tout au long de sa carrière. Tout comme début juin, lorsqu’elle remporte son premier concours lors du festival de la gastronomie de Quintin… Qu’elle remporte avec son sablé de sarrasin garni de ganache au chocolat, coulis de framboise, zeste de citron vert et chantilly au mascarpone.

Un prix décerné devant un jury composé notamment de deux chefs étoilés (Stéphane Buron du Chabichou à Courchevel et Samuel Selosse d’Astenn à Binic). De quoi alimenter ses espoirs d’ouvrir sa propre confiserie-chocolaterie dans quelques années. “Mais il faut encore que j’acquière de l’expérience d’abord”, s’indigne la jeune femme.

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