la nouvelle Aquitaine manque à l’appel en Ligue 1 ! Le point de vue du président de la Ligue Said Ennjimi

France Bleu Gironde : Comment vous sentez-vous après la saison des Girondins de Bordeaux ?

Saïd Ennjimi : Un peu amer, comme beaucoup de supporters et amoureux des Girondins de Bordeaux. Limoges, la ville où j’ai grandi, est très proche des Girondins, c’était un peu notre club local et donc amer parce que c’est difficile à vivre, et puis deuxièmement au niveau de mon poste de président de la ligue, c’est plus délicat de ne pas avoir de club d’élite car on a besoin d’un club d’élite pour pouvoir attirer nos meilleurs jeunes de manière à ce qu’ils puissent intégrer les Girondins de Bordeaux s’ils seraient restés en Ligue1. Si on aime un peu moins les jeunes, ils ont tendance à aller dans d’autres clubs professionnels, d’autres régions et on les retrouve moins après pour ceux qui n’ont malheureusement pas la chance de devenir pros dans nos clubs régionaux et nationaux. .

Et votre ressenti sur le passage devant la DNCG le 14 juin dernier ?

Inquiet comme tout le monde. On parle de dizaines de millions d’euros. Certains parlent de 20 millions d’euros, d’autres de 40 millions d’euros. Ce qui est certain, c’est que la situation nette, c’est-à-dire les fonds propres de la structure des Girondins de Bordeaux, doit être équilibrée. Sans dire de bêtises, les déficits se sont accumulés depuis au moins deux ans. D’une certaine manière, nous devons présenter nos lettres de créance à la DNCG pour pouvoir revenir en Ligue 2. Alors oui, bien sûr, les actionnaires devront mettre de l’argent frais sur la table pour faire reconnaître la DNCG. Seront-ils capables de le faire en si peu de temps, je l’espère, nous l’espérons tous. Ce serait vraiment catastrophique en cas de nouveau downgrade.

Vous parlez d’actionnaires, le football est devenu plus qu’un spectacle sportif, c’est devenu un produit financier. comment le vis-tu

C’est une progression assez naturelle à partir de l’accumulation d’engagements financiers dans le contexte du football. Un club de football plutôt paradoxal et presque anormal aujourd’hui ne survit que sur l’extraordinaire. Cela signifie qu’il ne peut pas équilibrer son style de vie et qu’il attend la fin de la saison en vendant des joueurs pour équilibrer son style de vie. C’est, pour ainsi dire, la partie anormale de la gestion logique d’une entreprise. Dans cette optique, si vous voulez, je pense qu’il est très important et pertinent d’avoir des critères de plafond salarial pour qu’un club puisse vivre sur ses moyens et ne pas espérer vendre ses bons joueurs en fin de saison. Cela limiterait peut-être l’envie de certains de nos cadres de vouloir à tout prix dénicher la perle rare afin de pouvoir la revendre le plus cher possible, en oubliant l’intérêt sportif et peut-être trop souvent en déconstruisant l’effectif qui d’une part d’année en année n’est plus satisfaisante. Et on est dans un contexte de yo yo. L’économie a trop la priorité sur le sport. C’est devenu regrettable dans le football ces dernières années.

Pensez-vous que Gérard Lopez n’est pas exactement le bienvenu dans le monde du football français ?

Je ne pouvais pas me permettre de vous donner une opinion car je n’ai pas eu l’occasion de discuter avec lui depuis son arrivée. Il est vrai qu’il était certainement très occupé. Alors on n’a échangé que quelques minutes, j’ai plus une relation avec Thomas Jacquemier, le manager général des Girondins de Bordeaux. Je le regrette, mais je sympathise avec lui même avec une fin difficile dans un contexte difficile. Je préfère parler de l’avenir dans l’espoir qu’il y en ait bien sûr.

On a souvent dit que Bordeaux n’était plus considéré comme une équipe de très haut niveau. Si vous avez l’impression d’arbitrer une institution, cela peut-il avoir un peu d’impact ou pas ?

Les arbitres ne sont que des hommes. Cela signifie que, par définition, nous sommes toujours influencés. En raison de la formation d’arbitres de haut niveau, cette part d’influence est très faible. Mais c’est vrai que dans les devis des clubs avec des institutions fortes c’est un peu plus facile de se faire arbitrer de la meilleure des manières que lorsqu’on a un peu de mal, donc ça se voit aussi dans le comportement des joueurs sur le terrain, la nervosité, l’Aggravation . Enfin, il y a une foule de choses qui tendent à faire que plus le club est calme, plus l’institution est forte et plus détaillée, ce qui fait qu’un processus d’arbitrage peut peser moins sur ces clubs que sur ceux qui sont en difficulté, comme nos Girondins de Bordeaux était très spécial cette saison.

Soutenez-vous les systèmes de sonorisation des arbitres ?

Oui, car d’une part cela améliorerait la pédagogie dans un monde bombardé de réseaux sociaux à chaque seconde de toute façon, où tout est connu partout et à tout moment. Ce serait donc aussi un bon moment si nous pouvions développer davantage avec ce fameux système de sonorisation des arbitres. Alors l’interaction pédagogique, le sang-froid de la part des joueurs peuvent être plus prononcés, mais aussi parfois une certaine agacement de la part des arbitres, qui est également présent et qui enfin, je l’espère, permettra à la Ligue de football professionnel d’améliorer ses revenus. Et la dernière rencontre que j’ai pu avoir avec Vincent Labrune (ndlr : président de la LFP), puisque je faisais partie du groupe de travail élaborant le contexte arbitral, a peut-être servi à avoir un impact financier sur notre travail d’arbitrage nécessaire dans ce domaine. comme l’éducation, la promotion, nous avons donc quelques arbitres de plus sur le terrain de football amateur. C’est un problème auquel je m’attaque avec la Pro Football League.

Le football est trop souvent l’exutoire des maux de notre société, il l’est encore trop souvent pour le racisme comme en Gironde dimanche dernier. Que faites-vous contre ce fléau ?

Il faut donc considérer que nous avons eu environ 60 cas difficiles, dont celui que vous avez mentionné, sur 60 000 matchs. Je ne cesserai donc de répéter que le football n’est pas intrinsèquement violent, pas seulement la mauvaise image qu’on essaie de lui donner. Cela étant dit, il y a des cas comme celui que vous avez évoqué qui sont irrecevables et, par exemple, dans notre ligue, nous avons décidé d’augmenter les pénalités, c’est-à-dire de multiplier le barème par deux. Je parlerai aux arbitres en début de saison pour leur demander de ne pas hésiter à interrompre systématiquement les matchs, non pas à la demande des joueurs mais à la demande des arbitres, afin que cette question de racisme, qu’il est aussi anti -blanc, anti-arabe ou noir et le Saïd que je suis n’a absolument aucun mal à vous le dire pour que nous puissions arrêter ce racisme qui nous blesse profondément.

On a appris que notre agent, François Grenet, souhaitait se rapprocher de la Ligue de football de Nouvelle-Aquitaine

C’est une très bonne personne, très dévouée. C’est quelqu’un qui a aussi la qualité d’être à la fois un ancien joueur de renom et une proximité rare avec le football amateur, les bénévoles qui demandent beaucoup de bonne volonté. En fait, les clubs amateurs ne demandent pas grand-chose et demandent surtout de la bienveillance, un peu de proximité. Si vous avez eu une belle carrière comme François et que vous avez la capacité de l’aborder de manière très simple, c’est bien. Il faut absolument qu’on ait un couple de joueuses professionnelles, il y a aussi Sophie Istillart, l’ancienne capitaine des Girondines de Bordeaux que j’ai rencontrée récemment pour qu’on ait un groupe d’ex-professionnels qui puisse nous donner des envies et des rêves surtout pour les petits enfants , mais aussi pour les moins petits. J’espère que cela pourra également aider à remettre les anciens pros sous les feux de la rampe. Parce que sans professionnalisme, vous ne pouvez pas vraiment développer le professionnalisme.

Les anciens professionnels bénévoles du monde amateur vous manquent ?

Absolument. Et je pense que ce n’était pas vraiment une stratégie, ce qui est vraiment nocif. Ils veulent s’impliquer, mais si on ne les rejoint pas, si on ne leur en donne pas l’occasion, c’est difficile. Et François Grenet a aussi un certain côté institutionnel. J’espère donc vraiment qu’il se joindra au concert politique, si je le dis moi-même, et j’espère qu’il démontrera à tout le monde qu’il a les compétences, l’expertise et l’expérience à la fois à l’institution et à la Pour pouvoir apporter une institution comme au niveau des clubs les plus jeunes, notamment lors des actions de sélection, mais aussi auprès de nos techniciens, une trentaine sur tout le territoire, qui je pense aimeront aussi entendre son histoire et son point de vue de jeu.

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