La main boudée par la télé, pourquoi c’est injuste

Troisième sport collectif en termes de licenciés derrière le football et le basket, qui est largement le plus performant au niveau international chez les filles comme chez les garçons, le handball français reste très discret sur le plan médiatique en dehors des grandes compétitions internationales. Pour espérer un rattrapage, la perspective des JO de Paris offre une opportunité idéale. Encore faut-il savoir l’attraper…

En moyenne, les revenus des droits TV ne représentent pas plus de 5% du budget d’un club de Starligue. Il est de 50 % pour les clubs de football de Ligue 1 et d’environ 20 % pour les clubs de rugby du Top 14. Même si les footballeurs sont sur une autre planète, le modèle du rugby entretient une frustration largement partagée par les principaux acteurs.

Grégory Cojean pense qu’il sera entraîneur adjoint du HBC Nantes avant de prendre seul les rênes la saison prochaine “qu’il faut qu’il y ait une réflexion dans nos corps, à la ligue, à la Fed, dans les clubs… Ne devrions-nous pas travailler côte à côte pour devenir plus attractifs ? Il faudrait pouvoir retrouver la dimension spectaculaire d’un sport rapide et attractif. C’est un enjeu important qui touche à la dimension culturelle du handball en France. »

Les droits TV représentent 5% du budget d’un club

Grégory Cojean poursuit son analyse en l’adressant au PAF : ” Les droits de la Ligue des champions ont été achetés par Eurosport et c’est très bien, mais l’accès aurait été plus facile et plus accessible avec France Télévisions ou Canal+. Ceux qui, comme moi, ont connu le handball il y a quarante ans trouvent déjà la situation très satisfaisante… mais terriblement frustrante quand on voit comment Canal+ a réussi à transformer l’image et l’audience du rugby. Il y a des idées. Un match en prime time tous les dimanches soirs, suivi d’une émission de débriefing…” ça les fait tous rêver, même Benjamin Braux, l’entraîneur de Nancy et futur entraîneur de Saint-Raphaël :

« Nous avons deux belles vitrines, les deux équipes de France, mais un impact médiatique qui n’est pas à leur hauteur. On est loin de l’image du rugby. Au Se faire une place dans le paysage médiatique est long et difficile. C’est aussi aux clubs de faire les efforts nécessaires pour attirer toujours plus de spectateurs et de miser sur les bons résultats des équipes de France pour profiter des prochains JO. Quand je vois Rugby diffuser ses matchs de Coupe d’Europe sur des chaînes gratuites, je me demande pourquoi nous ne sommes que sur des chaînes payantes. Nous avons pris du retard mais nous avons des atouts, notamment le fait d’être présents sur tout le territoire alors que le rugby est plus régional. Le développement du handball dans les grandes villes pourrait nous aider à gagner en visibilité. »

“Quand on voit comment Canal+ a réussi à changer l’image et l’audience du rugby, on a des idées.”

Cependant, l’audience TV est toujours excellente lorsque les deux sélections pays sont diffusées en prime time et en clair. “Mais ce morveux national tombe trop vite, regrette Thierry Vincent, entraîneur de Celles-sur-Belle (D1F). Il faudrait créer un feuilleton LBE chaque semaine avec une station qui a une vitrine. Malheureusement, malgré le soutien de la chaîne des sports en France, le sport féminin en France reste un enfant par alliance du sport. C’est le serpent qui se mord la queue. Plus de visibilité est nécessaire pour attirer de nouveaux partenaires qui lui permettraient d’être plus forte et bancable en termes de distribution. »

Du côté de Bourg de Péage, où il vient de proposer ses services pour sauver le club en Ligue Butagaz Energie, le directeur général Dromois (LNA Solutions), Jean Pamart, a lui aussi l’ambition de proposer aux supporters une nouvelle offre TV. .

« J’aimerais investir dans le handball car je crois que de tous les grands sports collectifs en France, après le football, le rugby et le basket, c’est le plus méconnu, le moins visible, même s’il a de nombreux atouts. En mettant en place notre projet WebTV (HandStar TV) nous avons pu accéder à des informations qui me font dire que la main française est mal gérée.

Par exemple, il n’est pas normal que beIN SPORTS, qui a acheté tous les droits TV de la Starligue, ne diffuse chaque jour que les trois meilleures affiches, c’est-à-dire toujours les mêmes clubs. Ce système appauvrit la main car des clubs comme Saran ou Chartres ne sont jamais diffusés. En fait, je peux dire que plus que les droits Starligue et Proligue TV, toute la LNH a été entièrement vendue à beIN SPORTS. »

C’est toute la LNH entièrement vendue à beIN SPORTS »

La LNH et beIN SPORTS viennent de prolonger un accord de diffusion de trois ans jusqu’en juin 2026, envisageant effectivement la diffusion des trois meilleures affiches de chaque jour.

Partenaire du Championnat de France Masculin depuis 2014, beIN SPORTS est un diffuseur officiel historique qui « Permet de travailler en étroite concertation sur la création éventuelle d’une offre OTT commune pour garantir aux fans une expérience Hand Pro toujours plus riche, adaptée aux évolutions de la consommation sportive dans les médias ” a noté avec satisfaction le président de la LNH au moment de signer ce nouveau bail, David Tebib, auquel a succédé Bruno Martini.

Le nouveau président de la ligue pourrait se rapprocher de Jean Pamart et de son ancien coéquipier Grégory Anquetil (lire encadré), eux aussi impliqués dans le projet HandStar TV.

Nous voulons promouvoir la N1, tous ses derbies, le handball féminin, les amateurs, les équipes de jeunes, les jeux européens, poursuit Pamart. Nous sommes également en contact avec le Portugal, l’Espagne et les pays du Maghreb pour acquérir leurs droits et donner à la main une visibilité beaucoup plus large. Les clubs paient pour être à la télé, je veux leur permettre à travers notre structure de produire leurs propres images puis de les revendre sur différentes chaînes. »

Alors que le football regrette presque parfois sa trop grande dépendance économique vis-à-vis des télédiffuseurs et est contraint de chercher d’autres moyens d’élargir son audience, le handball désespère de ne pas suffire.

Handball Magazin et le désert français…

Depuis la disparition du mensuel geste de la mainn en 2019 il n’y a que Magazine Handball dans le paysage médiatique de la presse écrite française. Outre la revue officielle de la FFHB, chargeur à mainPublié tous les deux mois, le trimestriel du groupe de presse Lafont comble le vide interstellaire que seul un magazine devenu référence propose, sur l’un des sports les plus populaires et le plus médaillé de France.

Si en région la presse quotidienne régionale reflète l’actualité des clubs professionnels ou amateurs de leur zone de chalandise, lorsque L’équipe ne semble vraiment s’intéresser qu’au handball pendant la période olympique ou suivre les équipes de France et se contenter du minimum vital pour promouvoir le travail des clubs d’élite, aujourd’hui ce sont les fans et les pratiquants du jour, notamment sur Internet. aujourd’hui information entre deux nombres de Magazine Handball.

La main a sa place dans le paysage médiatique

La page Facebook Hand Team, spécialisée dans le handball féminin et qui compte 13 500 abonnés, permet de consulter des articles publiés dans le PQR. Dans le même registre mais pour tout le handball français, Handzone.net condense un maximum de statistiques, de résultats et d’informations en tous genres et à tous les niveaux avec beaucoup de réactivité et d’interactivité pour afficher plus de 18 000 followers sur Facebook.

Plus élitiste dans sa ligne éditoriale, HandNews.fr parvient à rassembler plus de 118 000 followers. Enfin, un nouveau venu sur le web, lequotidiendusport.fr, également édité par le groupe de presse Lafont, démontre auprès d’une audience sans cesse croissante que le handball a aussi sa place dans un paysage médiatique beaucoup trop marqué par le football.

Leave a Comment