la joie de la promotion, les ambitions du club, le mercato… Le président Leca se confie

L’AC Ajaccio évolue en Ligue 1 la saison prochaine. Après avoir battu Toulouse (1-0) samedi soir, les Ajacciens se sont offert la deuxième place de la Ligue 2. Dimanche soir dans les rues d’Ajaccio, les joueurs et le staff ont défilé à travers la ville à bord d’un bus à impériale. 48 heures après cette promotion, le président Christian Leca de RMC Sport fait le bilan de la saison et commence à évoquer les premiers projets estivaux du nouveau pensionnaire de l’élite.

Christian Leca, votre première réaction après la promotion de l’AC Ajaccio ?

Des mois, des années d’attente… La dernière promotion de l’AC Ajaccio en Ligue 1 remonte à 2011, on attendait depuis longtemps. Hier (dimanche) il y a eu un incendie dans les rues d’Ajaccio. Nous avons fait le tour de la ville en bus à impériale. Et le long du chemin il y avait du monde, plus de 2500 personnes sur la place de la mairie d’Ajaccio. Feu !

“Cette promotion est le fruit d’une équipe”

Est-ce que cela crée une nouvelle dynamique autour du club ?

Les années en Ligue 2 ont eu des hauts et des bas. Vous devez apprécier. Nous avons connu les sommets, mais nous avons aussi connu les abîmes, il faut donc profiter de cette ascension.

Est-ce aussi la victoire d’un collectif ?

Cette ascension est le fruit d’une équipe. Ce n’est pas 11 guerriers, c’est 22. Bons garçons. J’ai réuni tout le groupe dans le vestiaire hier pour les remercier. La cohésion de cette équipe est importante. Quand je vois Riad Nouri prendre le poste d’arrière droit pendant 45 minutes tout en étant milieu offensif. Ça préserve le résultat, c’est fou. C’est aussi la victoire du staff mené par Olivier Pantaloni.

Quand avez-vous personnellement commencé à y croire ?

Quand on a battu Sochaux, je me suis dit : “On peut le faire”. Notre gardien Benjamin Leroy s’est blessé pour ce match et c’est François-Joseph Sollacaro (2e gardien éd.) qui a fait un super match, c’était Jésus sur sa ligne. Derrière eux on passe du bon côté. Sollacaro est le fleuron du club, une formation importante pour nous.

Quelle est la priorité dans les semaines à venir ?

Il y a beaucoup de travail pour nous pour mettre le stade aux normes de la Ligue 1. Répondre aux exigences de licence de club. Les exigences de confort, de sécurité et de presse sont bien plus importantes qu’en Ligue 2. Le terrain et l’éclairage aussi. Donc beaucoup de travail pour nous dirigeants pour être prêts pour que la Ligue 1 reprenne dans quelques semaines.

“Je ne suis pas sûr de continuer à la tête de l’AC Ajaccio”

Le budget va-t-il augmenter ?

Le budget va augmenter, on va même bénéficier de la dotation de la société commerciale aux clubs de Ligue 1. Et en ce qui concerne les droits TV, on va tripler nos revenus. Notre budget cette saison était de 8,5 millions d’euros, donc l’année prochaine, il sera nettement plus élevé. Cela va changer nos ambitions de formation et c’est maintenant à nous de bien utiliser cet argent.

Allez-vous continuer la saison prochaine ?

Personnellement, je ne suis pas sûr de rester à la tête de l’AC Ajaccio. Les deux dernières saisons ont été difficiles mentalement et physiquement. Cette saison aussi, c’était mentalement difficile d’être promu. Quand on était proche du graal et qu’il restait encore quinze minutes à jouer et qu’on menait 1-0, j’ai souffert. Quand j’ai pris mes fonctions en 2019, j’avais dit : “Je vais me donner trois ans pour ramener le club en Ligue 1.” Maintenant c’est fait. Je resterai le président qui a ramené le club en Ligue 1.

Quel est le plus gros projet sportif ?

J’espère que Johan Cavalli (le directeur sportif) fera le nécessaire cet été. Le groupe qui s’est formé au cours des deux dernières saisons a été très bon. J’ai confiance.

Quels renforts et à quels postes ?

Nous nous appuierons également sur notre formation. Mais en Ligue 1 on va essayer de doubler les places. Postes principaux, un ou deux défenseurs centraux. Un milieu de terrain et deux attaquants. Quatre à cinq joueurs au moins pour ce mercato pour renforcer l’effectif de l’élite.

Par exemple, Jean-Philippe Krasso, prêté par l’AS Saint-Etienne, pourrait-il continuer à Ajaccio ?

Je veux le garder dans les clubs mais ça ne dépend pas que de nous.

Quatre relégations de Ligue 1 l’an prochain, la bourde du recrutement est-elle quasiment bannie ?

Il ne faut pas rater ça, c’est le paramètre le plus important pour nous.

Entrevue par Nicolas Pelletier

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