« La catastrophe que Saint-Etienne s’apprête à vivre est une œuvre collective »

Le joueur stéphanois Wahbi Khazri lors du match contre le Stade de Reims, samedi 14.

vsC’est une flaque d’eau à l’ancienne qui s’étale devant la ligne de but. Le 18 septembre 2021, un orage faisait rage au stade Geoffroy Guichard et en toute fin de match entre l’AS Saint-Etienne (ASSE) et les Girondins de Bordeaux (déjà fond de Ligue 1), cette flaque stoppa une tentative d’Harold Moukoudi , qui prive les Verts de l’équilibre.

Ce point perdu leur aurait permis de conserver aujourd’hui la place en barrages dont ils semblaient sûrs mais que le FC Metz leur a volée à la veille de la fin du championnat. Les voici à 90 minutes de la relégation en Ligue 2 – avec les Girondins, autre monument en ruine.

Puisque les vérités du football sont rétrospectives, on est tenté de s’en servir pour expliquer les résultats “Faits sur le jeu”, comme on les appelle, ou attribuez-les simplement aux joueurs comme d’habitude. Mais la catastrophe qu’au bord de l’ASSE est un effort collectif qui s’effondre dans le sprint final comme une saison à l’envers.

Fragilité institutionnelle et économique

La catastrophe a plusieurs causes, certaines structurelles. D’abord, la fragilité institutionnelle du club, minée par les désaccords entre ses coprésidents Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, qui tentent en vain de le vendre depuis plusieurs années. La nomination d’un triumvirat de Loïc Perrin, Jean-François Soucasse et Samuel Rustem fin 2021 est venue trop tard pour corriger cette gouvernance erratique.

Donc sa fragilité économique. L’attentisme des actionnaires a conduit à sous-investir et à faire du tourisme, mais en tout cas ils n’avaient pas les bases financières pour faire face sans difficulté à la crise du Covid et à leurs propres erreurs.

L’ASSE, qui a pourtant décroché cinq éliminatoires européennes au cours de la dernière décennie, est menacée depuis deux saisons. Pour l’exercice 2021/2022, le formateur s’est fixé l’objectif tacite d’assurer l’entretien d’un groupe avec une forte proportion de jeunes, facteur de risque supplémentaire.

Quand Claude Puel et sa direction autoritaire sont aux commandes dans un début de saison alarmant, son équipe fait preuve de principes de jeu clairs et d’une certaine force de caractère.

Une fois la malchance passée (représentée par les 12 montants touchés en 17 matchs, un record européen enregistré par le statisticien Opta début décembre), elle confirmera forcément qu’elle a les moyens de s’affirmer…

La victoire dans le temps additionnel sur Clermont-Ferrand le 7 novembre 2021 marque un tel tournant, mais un mois plus tard une nouvelle série de revers rattrape Claude Puel.

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