la belle saison financière du LOSC qui démarre un nouveau projet inspiré par l’Atalanta

Malgré la déception sportive de ne pas se qualifier pour l’Europe, le LOSC va terminer une saison très satisfaisante d’un point de vue financier. Un exploit vu l’état du club lors de sa reprise en janvier 2021.

“Vous devez comprendre d’où vous venez. Le club était fauché, insolvable.” Ce sentiment, raconté de l’intérieur du club, résume le sentiment des actionnaires du LOSC près de deux ans et demi après la prise de pouvoir du club. Au sein de l’actionnaire Merlyn Partners, nous sommes très satisfaits des résultats financiers du club. L’énorme dette de Gérard Lopez de 370 millions d’euros (210 millions auprès d’institutions financières comme Elliot ou JP Morgan et près de 160 millions auprès d’autres sociétés) a été considérablement réduite, d’environ deux tiers.

Les gains du titre de champion (non programmé) et le parcours honorable en Ligue des champions y sont pour beaucoup. La masse salariale a fondu, passant de 90 millions à 61 millions pour la saison prochaine. “On va retrouver une stabilité financière, de l’oxygène. Même s’il faut continuer le travail.” La DNCG a récemment salué ce travail de relance économique. Mais il reste encore beaucoup à faire. En interne, les propriétaires précisent que les corps dans les placards laissés par leur prédécesseur étaient très nombreux. Cela a contraint le LOSC à engager plusieurs poursuites pénales et civiles. Ces poursuites sont désormais entre les mains du procureur de la République.

Une enveloppe de recrutement est prévue pour cet été

Sur le plan sportif en revanche, l’actionnaire est déçu après le titre de champion de France la saison dernière et veut tout mettre en œuvre pour retrouver la Coupe d’Europe en fin de saison prochaine. Le club pourra investir suffisamment dans le mercato cet été mais ne fera rien. L’objectif de Merlyn Partners est d’assurer l’autonomie du club en matière de recrutement. Un recrutement cadre est prévu pour cet été, même si la vente reste indispensable à l’investissement.

Tant que les comptes du LOSC ne seront pas entièrement nettoyés, les ventes de joueurs seront toujours un levier de financement, mais le trading ne sera plus au centre du projet. En privé, Merlyn Partners confirme que « sur un projet commercial, un seul mercato raté suffit à vous attirer de gros ennuis. On ne peut pas bien fonctionner en ne pensant qu’au commerce. » L’un des axes du développement sera l’éducation. « Nous croyons en notre formation et travaillons à la remettre au cœur de la stratégie. C’est un processus qui prend du temps, mais la formation est fondamentale. Notre modèle, c’est l’Atalanta Bergame”, précise une source proche de “l’actionnaire”.

L’actionnaire n’est pas un vendeur

Le club italien mise sur des investissements judicieux (ne recrutant jamais plus de 20 millions d’euros), une formation de qualité, des performances européennes dont il bénéficie et un entraîneur (Gasperini) qui impose une identité du jeu et valorise ses joueurs. La sélection des cadres à ce poste stratégique sera donc cruciale alors que Jocelyn Gourvennec pourrait être limogé et des profils sous enquête (Bettoni, Batlles).

Concernant les rumeurs de rachat du LOSC qui tourbillonnent dans les coulisses du football français, la position au sein de l’actionnaire est très claire : « Nous ne sommes clairement pas vendeur. Nous pensons que nous pouvons encore créer beaucoup de valeur dans ce club. Ce processus peut encore nous prendre au moins 3 à 5 ans. » De quoi restaurer les émotions européennes des supporters des Dogues.

Loïc Briley, avec Johann Crochet

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