L1, supporters : une saison en enfer

Qu’est-ce qui vient après cette annonce ?

Oui, le Paris Saint-Germain est sacré champion de France pour la dixième fois de son histoire. Oui, Kylian Mbappé continuera d’illuminer la Ligue 1 de son talent. Oui, l’Olympique de Marseille verra la Ligue des champions de son côté. Oui, Toulouse, Ajaccio et Auxerre retrouvent l’élite du football français. Et que dire du beau parcours masculin d’Antoine Kombouaré en Coupe de France, permettant au FC Nantes de remporter un qualificatif inespéré pour la prochaine Ligue Europa ? Eh oui, l’exercice 2021/2022 a encore livré sa satisfaction. Des scènes de liesse qui, malgré tout, ne font pas oublier le plus grand fléau de cette année : la violence dans les stades.

Décomposition aux quatre coins de la France !

A Montpellier : Projectiles lancés sur Valentin Rongier. A Nice : terrain en friche, échauffourées entre joueurs et spectateurs et arrêt de jeu. Au Havre : altercation entre un supporter et un joueur. A Lens pendant le derby : terrain envahi et bagarres entre bandes rivales de supporters. A Ajaccio, des briquets sont jetés sur le terrain après un verdict contraire. A Paris : Un siège cassé qui est projeté en l’air et tombe sur un enfant de 11 ans. Une bouteille a été envoyée au chef de Dimitri Payet à Lyon. Sans oublier les tristes épisodes à Angers, Metz ou Charléty lors du 32e de finale entre le Paris FC et l’Olympique Lyonnais. Le football français continue d’être éclipsé par des scènes chaotiques.

Et dimanche soir, quelques heures après les incidents du Stade de France en marge de la finale de la Ligue des champions, l’histoire s’est (encore) répétée à Saint-Etienne. Relégués en Ligue 2 après une séance de tirs au but décisive face à Auxerre en barrages, les Verts ont terminé la soirée dans un véritable enfer. Envahissant la pelouse, lançant des fumigènes sur la tribune présidentielle et sur les comédiens encore présents sur la pelouse Geoffroy-Guichard, le football a de nouveau perdu ses droits et la police a dû intervenir à coup de gaz lacrymogène.

Un assaut dangereux

Les stades, restés fermés pendant plus d’un an à cause du coronavirus, ont donc été le triste théâtre d’une surpopulation, où des “followers”, poussés par la haine, ont constamment exposé le côté le plus sombre de leur intérieur. Des actes d’une violence inouïe auxquels la Ligue de football professionnel (LFP) et les autorités ont tenté de mettre un terme en invoquant une panoplie de mesures. Huis clos, privations de points, interdictions de stade, amendes, les autorités ont multiplié les tentatives. Vaine. La soirée du choc OL-OM au stade Groupama de Lyon, qui s’est finalement terminée après deux heures d’incertitude, a aussi montré les limites de la législation. Sans parler des désaccords sur le sujet…

“Nous ne devons pas pénaliser un stade entier ou un groupe de supporters à cause d’émeutes qui touchent quelques privilégiés et aboutissent à l’abandon du match pour les supporters qui regardent de loin. Il faut aussi que les clubs osent se séparer de certains supporters contre lesquels ils ne voulaient historiquement pas se fâcher. Les moyens d’individualiser les sanctions sont disponibles. Je suis prêt à accompagner ces plaintes. Encore faut-il identifier ces personnes et cela ne peut se faire qu’avec les clubs.ainsi a plaidé l’ancienne ministre des sports Roxana Maracineanu, tandis que l’ancien ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer espérait “autoriser” la LFP et la FFF, même avec le mot “Vandalisme”. Une chose est sûre, au-delà de toutes considérations sportives, c’est un vent de violence qui a soufflé sur la France tout au long de l’année. Malmené et honteux, le football français devra composer avec la trêve estivale s’il veut redorer son blason la saison prochaine.

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