L1 : Au bout du cauchemar, Saint-Etienne retombe en Ligue 2 – 29/05/2022 à 22h33

La joie des Auxerrois après avoir battu Saint-Etienne (1-1, 5-4 aux tirs au but) lors du match retour des barrages de L1/L2, équivalent à une qualification pour la Ligue 1, le 29 mai 2022 au Stade Geoffroy- Guichard (AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

La joie des Auxerrois après avoir battu Saint-Etienne (1-1, 5-4 aux tirs au but) lors du match retour des barrages de L1/L2, équivalent à une qualification pour la Ligue 1, le 29 mai 2022 au Stade Geoffroy- Guichard (AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

Saint-Etienne retombe : battue aux tirs au but par Auxerre (5-4) dimanche, l’ASSE est reléguée en Ligue 2, 18 ans après sa montée dans l’élite, épilogue d’une saison cauchemardesque qui pourrait avoir de lourdes conséquences club historique du football français dans de graves difficultés financières.

Dernier de la trêve avec douze points, les Vingt Verts ont fait venir l’entraîneur Pascal Dupraz, le successeur de Claude Puel, limogé le 5 décembre après une défaite à domicile face à Rennes (5-0), mais qui a aussi arraché cette entame du place en barrage le dernier jour, n’étaient pas suffisants.

Le gardien d'Auxerre Donovan Leon dévie le tir du milieu de terrain stéphanois algérien Ryad Boudebouz lors de la séance de tirs au but après prolongation (1-1) du match retour des barrages L1/L2 pour rejoindre la L1 le 29 mai 2022 à le Stade Geoffroy Guichard (AFP / Jean-Philippe KSIAZEK)

Le gardien d’Auxerre Donovan Leon dévie le tir du milieu de terrain stéphanois algérien Ryad Boudebouz lors de la séance de tirs au but après prolongation (1-1) du match retour des barrages L1/L2 pour rejoindre la L1 le 29 mai 2022 à le Stade Geoffroy Guichard (AFP / Jean-Philippe KSIAZEK)

Et après un match nul frustrant à Auxerre jeudi (1-1), le barrage de dimanche au stade Geoffroy-Guichard s’est soldé par des tirs au but, les deux équipes s’étant à nouveau neutralisées en fin de temps réglementaire avec le même score sur le parcours. du Temps. La séance de tirs au but remportée 5-4 par les Bourguignons a condamné les Verts à retrouver la L2 qu’ils avaient quittée avec soulagement en 2004.

De retour à l’étage inférieur, l’ASSE doit reconsidérer son modèle économique et social tout en faisant face à un contexte de défiance entretenu par des supporters Ultra dont l’indiscipline a été plusieurs fois sanctionnée totalement ou partiellement par des matchs à huis clos.

Les supporters ont pris d'assaut la pelouse du stade Geoffroy-Guichard, lançant des fumigènes horizontaux après le barrage perdant de Saint-Étienne face à Auxerre (1-1/1-1, 5-tab à 4) dimanche soir qui a relégué les Verts en Ligue 2.  ( AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK )

Les supporters ont pris d’assaut la pelouse du stade Geoffroy-Guichard, lançant des fumigènes horizontaux après le barrage perdant de Saint-Étienne face à Auxerre (1-1/1-1, 5-tab à 4) dimanche soir qui a relégué les Verts en Ligue 2. ( AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK )

L’envahissement du terrain dimanche soir après le dernier tir réussi des Auxerrois et les fumigènes horizontaux visant les bancs alors que les joueurs de la rencontre se précipitaient vers les vestiaires ont de nouveau mis en lumière les tensions entre le club et certains de ses supporters.

– vague de licenciements –

Avec un budget d’environ 70 M€ cette saison, Saint-Etienne est un géant déclinant de la Ligue 2 et avec lui 360 salariés dont la grande majorité sont des salariés à temps plein ou à temps partiel. Soit un train de vie à réduire au moins de moitié : 100 à 150 licenciements dans le personnel non sportif sont à prévoir.

Les joueurs stéphanois, découragés après leur défaite aux tirs au but (1-1, 5-4 aux tirs au but) contre Auxerre, lors du barrage L1/L2 qui a envoyé les Verts en Ligue 2 (AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK )

Les joueurs stéphanois, découragés après leur défaite aux tirs au but (1-1, 5-4 aux tirs au but) contre Auxerre, lors du barrage L1/L2 qui a envoyé les Verts en Ligue 2 (AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK )

Côté sport, une vingtaine de joueurs (dont les réservistes) sont libres au 30 juin et parmi eux les plus hauts salaires. Les contrats, qui ont été discutés ces derniers mois, contiennent une clause de relégation qui se traduit par une réduction de salaire de 50 %.

L'entraîneur stéphanois Pascal Dupraz lors du match backstage de la 37e journée de Ligue 1 face à Reims le 14 mai 2022 au stade Geoffroy-Guichard (AFP/JEFF PACHOUD)

L’entraîneur stéphanois Pascal Dupraz lors du match backstage de la 37e journée de Ligue 1 face à Reims le 14 mai 2022 au stade Geoffroy-Guichard (AFP/JEFF PACHOUD)

Mais il faudra reconstituer une équipe de Ligue 2 en remplaçant des titulaires et en recrutant un nouvel entraîneur, avec le départ attendu de Pascal Dupraz, qui a échoué dans sa mission de sauvetage.

Si les dépenses, notamment les salaires, diminuent, les revenus aussi et jusqu’à 50 à 60 % : moins les droits TV, les téléspectateurs, le merchandising, les revenus d’accueil, etc.

Et le soutien financier de la relégation n’amortira que partiellement le choc, tout comme l’argent attendu de CVC, le nouvel actionnaire de la filiale commerciale du football français, avec une manne inférieure à ce que le club aurait reçu s’il avait été retenu (16,5 M€ pour une équipe reléguée contre 33 M€ en L1).

Même dans une situation financière précaire, l’ASSE devient de plus en plus fragile.

– chaos –

Les co-présidents stéphanois Roland Romeyer (g) et Bernard Caiazzo lors de la cérémonie d'ouverture du premier musée dédié à un club de football le 20 décembre 2013 (AFP / PHILIPPE MERLE)

Les co-présidents stéphanois Roland Romeyer (g) et Bernard Caiazzo lors de la cérémonie d’ouverture du premier musée dédié à un club de football le 20 décembre 2013 (AFP / PHILIPPE MERLE)

Un chaos dont les deux partenaires Bernard Caïazzo et Roland Romeyer sont en grande partie responsables. Mais ils ne semblent pas pressés de vendre leurs parts malgré la vente annoncée du club en 2018 et à nouveau en 2021.

Récemment, un milliardaire américain, David Blitzer, aurait fait la queue pour racheter le club, alors que tous les candidats qui se sont manifestés jusqu’ici ont été écartés, même les plus sérieux.

Aux commandes du club depuis 2004, année de son retour dans l’élite (2003 pour Caïazzo, qui vit désormais à Dubaï et n’est plus venu à Saint-Etienne depuis deux ans), les deux hommes, partenaires contre nature, n’ont jamais couché que Bases d’une structure stable.

Six directeurs généraux et onze entraîneurs se sont succédés pendant 18 ans, malgré une victoire en Coupe de la Ligue en 2013 et quatre apparitions en Ligue Europa (2014, 2015, 2016, 2017).

La réalité est sans doute que Saint-Etienne aurait pu revenir en Ligue 2 bien avant cette saison.

Le club s’en est sorti de justesse en 2009 et 2010 (17e), mais aussi en mars 2020 : 17e, quand le championnat s’est arrêté à dix jours de la fin en raison de la pandémie de Covid.

Et les perspectives sur le palier inférieur s’annoncent d’autant plus compliquées qu’il n’y aura que deux passages de L2 à L1 la saison prochaine pour réduire le contingent d’élite à 18 clubs.

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