“J’avais cette certitude qu’on ne mettait pas les gens en prison pour rien”

MAINTENANCE – Dans sa biographie, intitulée “Balls in the Center”, l’ancien attaquant du blues Tony Vairelles revient sur la chute d’il y a onze ans et les conséquences qui “ont transformé sa vie en enfer”.

Dix minutes de retard, le temps de rentrer s’installer dans sa maison de Bordeaux, où il vit avec sa femme et ses deux fils. Un retard qu’il n’a pas eu sur les terrains de Ligue 1 à la fin des années 1990 où il s’agissait d’accumuler des buts. Tony Vairelles, qui a marqué les beaux jours de Nancy, Lens et Lyon, entre autres, a passé plus d’une heure à nous raconter les dessous de sa bio via visioconférence : “balles au milieu(Hugo Sport), ce jeudi 2e La voix claire, la silhouette toujours fine et imposante (1,86 m), l’homme brun foncé qui s’est débarrassé de sa crinière blonde de ses jours de jeu, n’oublie rien de la décennie écoulée. Ou cette nuit d’octobre 2011 où la vie des ex-bleus a basculé.

Une sombre dispute l’a impliqué, trois de ses frères et trois videurs d’une boîte de nuit d’Essey-lès-Nancy. Des coups de feu ont été tirés. Par Tony Vairelles ? Lui et ses frères ont été reconnus coupables de violence armée le 16 mai 2022 après une enquête interminable. Tony et son grand frère Fabrice ont été condamnés à 5 ans de prison dont trois fermes. Les deux plus jeunes, Giovan et Jimmy, 3 ans dont un fixe. Ils ont fait appel de la décision, qui ne sera réexaminée qu’en 2023.

“Les boules au centre” aux éditions Hugo Sport, la biographie de Tony Vairelles /

Un livre “pour se dire que les disputes familiales ne servent à rien”

Tony Vairelles n’a pas écrit ce livre pour protester de son innocence. “Je ne voulais pas le retirer avant d’être condamné il se défend. Parce que je ne voulais pas que ce livre ait un impact ni même que les gens puissent dire que je voulais me purifier en écrivant un livre pour faire pleurer les gens dans les baraques et leur dire : « Oh la pauvre ». non J’ai attendu. Mon livre est terminé depuis plus d’un an.»

La rédaction de ces pages avec l’aide du journaliste Romain Jacquot a “fait beaucoup de bien“.”Si ce livre peut aider quelques personnes à s’installer, à se convaincre que les disputes familiales sont futiles et que c’est de la tristesse pour tout le monde, alors il m’a aidé et je serai fier de moisourit Tony Vairelles. Comme le joueur altruiste qu’il était”,plus dans le don de passe que dans le dribble pour rien“.

Prison, mariage raté et mort de sa belle-mère

Originaire de Nancy, il avait passé 5 mois en garde à vue, d’octobre 2011 à mars 2012. Mais le pire : “c’est le dommage collatéral, le traumatisme pour toute la famille“, précise-t-il. Les années qui ont suivi son incarcération à la prison de Metz-Queuleu ont déchiré sa famille. La rupture entre sa compagne Audrey et les siens, sa “FC Varelles», qui déménageait avec ses parents et ses petits frères à chaque fois qu’il changeait de club. En juin 2013, il a arrangé son mariage avec Audrey pour revendre les liens. Fiasco complet. Le ressentiment se fait jour. Tony Vairelles ne parlera pas à ses parents pendant des années.

Tony Vairelles avec la France contre la Pologne en amical, le 23 février 2000. Alain Mounic / Panorama

Des années d’épreuves, de souffrances. Pour lui et pour Audrey, marqués par la mort de sa mère. Après une tentative de pendaisonGrand-mère Pascaleest transporté à l’hôpital. Le lendemain, on la retrouve pendue à la poignée des toilettes pour handicapés. Bien que “la marque autour de son cou ne ressemble pas à ce que vous voyez sur une personne qui s’est pendue, écrit Tony Vairelles. Malheureusement, je sais de quoi je parle car pendant que j’étais en prison, un prisonnier a tenté de se pendre et je l’ai revu par la suite.»

La culpabilité de la notoriété

Neuf mois plus tard, dans le coma, elle décède le 29 avril 2015. Audrey tombe en dépression. Son état physique s’aggrave. Elle traverse des séjours en maisons de retraite. Son couple avec Tony Vairelles en souffre. “Depuis il y a eu des améliorations, mais la partie n’est pas gagnée‘Écrit l’ancien joueur qui a eu la douleur de perdre son père Guy Vairelles avait qui il aimait’relation fusionnellele 31 janvier.

Tony Vairelles, alors joueur du RC Lens, avec ses parents. Boules au centre (Hugo Sport)

Pour lui et sa famille, ces dix années ont également été marquées par un sentiment de culpabilité. “Sécuriséil repense à cette nuit du 22 au 23 octobre 2011. Le remake du film lui offre, à lui et à ses frères, un million de choix et de scénarios différents pour éviter de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout, Tony Vairelles regrette que l’affaire ait eu un tel retentissement.exigiblesa notoriété, dont il a bénéficié tout au long de sa carrière. “Mes frères n’ont jamais profité de cette notoriété‘ il n’est pas d’accord.

L’esprit de déplacer des montagnes

Pour surmonter ces difficultés, l’homme révélé être l’AS Nancy-Lorraine a utilisé sa force mentale d’ancien footballeur. En prison, ilconstruire une bulle“introduire”pendant la pré-saison“. Un passage douloureux mais nécessaire avant de fouler la pelouse tous les week-ends. Sa résilience lui a valu d’être champion de France avec Lens en 1998.”Le RC Lens restera toujours dans mon coeur“) et 8 sélections avec l’équipe de France, aux côtés de Zidane, Thuram, Barthez ou Deschamps.

Tony Vairelles avec les supporters du RC Lens en octobre 2017. Federico Pestellini / Panorama

À mon avis, il n’y a pas beaucoup de différence entre un bon joueur national et un joueur moyen de Ligue 1. Je pense que tout est à propos de çadit-il en mettant son doigt sur sa tempe. Sur le chemin de la réhabilitation, Vairelles a reçu beaucoup de soutien. D’autres ont rapidement pris leurs distances. Et continuera après la condamnation. “Vous êtes sceptique. Au fond de moi je peux la comprendre‘ il pardonne.

Son fils s’est reconstruit grâce au rugby

Alors Tony collectionne Vairelles. Et continuer malgré un sentiment d’injustice persistant. “J’avais cette certitude qu’on ne met pas les gens en prison pour rienil dit. Au fond de moi je me suis dit que justice a été bien faite.« Il était derrière les barreaux quand son fils Guydjo a fêté ses 7 ans. À ce moment-là, sans son père, le garçon est déprimé et prend du poids. Il croit qu’il est mort. Il faudra du temps pour se reconstruire… par le rugby. Il a aujourd’hui 17 ans, a rejoint les rangs de l’Union Bordeaux Bègles et “c’est bon, voire très bonselon son père.

J’ai l’impression que ma vie reprend son cours, je ne veux pas qu’elle devienne incontrôlable. Cet appel, il viendra quand il viendra.

Toni Vairelles

Papa va mieux. “Aucun de mes 3 frères et moi ne sommes allés en thérapie, il respire. Peut-être qu’un jour cela se fera parce que nous en ressentons le besoin. Moi, ma thérapie, j’ai pu le faire parce que j’ai dit tout ce que j’avais à dire dans ce livre.Une catharsis pour renouer avec la vie. “Le peu de temps qu’il me reste à vivre, j’espère au moins quelques années, je veux être heureuse avec ma famille, être épanouie», espère le bientôt quinquagénaire (49 ans), qui, grâce à l’argent accumulé dans sa carrière, est dépendant de ses investissements judicieux.

Le frisson de sa conviction, il y pense. Il est “forcé d’y penser, car il y a de graves conséquences derrière cela“.”Mais j’essaie de le mettre en perspective Poids Tony Vairelles. J’ai l’impression que ma vie reprend son cours, je ne veux pas qu’elle s’effondre à nouveau. Cet appel, il viendra quand il viendra. Si je pouvais mettre un maximum de choses de mon côté pour arranger les choses, au moins je sais que ma famille ira bien.»


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