Girondins de Bordeaux. Toulouse, modèle d’une montée rapide en Ligue 1 ?

1 Nouveau propriétaire, nouvelle direction

Le 20 juillet 2020, Olivier Sadran, propriétaire du TFC depuis près de vingt ans, le cède au fonds d’investissement américain RedBird. Il sera remplacé à la présidence par Damien Comolli, plus connu comme recruteur à Arsenal ou directeur sportif à Tottenham et Liverpool. Le but est…

1 Nouveau propriétaire, nouvelle direction

Le 20 juillet 2020, Olivier Sadran, propriétaire du TFC depuis près de vingt ans, le cède au fonds d’investissement américain RedBird. Il sera remplacé à la présidence par Damien Comolli, plus connu comme recruteur à Arsenal ou directeur sportif à Tottenham et Liverpool. L’objectif est clair : revenir en L1, y stabiliser le club puis viser le haut de tableau.

En attendant, il fallait alléger une masse salariale de plus de 30 millions d’euros par an. Une quinzaine de départs le premier été (dont Gradel, Dossevi, Vainqueur, Reynet…) l’ont réduit d’un tiers, une vingtaine de plus un an plus tard (dont Saïd, Koulouris, Mubele…) ont accentué le processus. Certains jeunes prometteurs sont restés, comme le défenseur Manu Koné et l’attaquant Amine Adli.

Le club a eu la chance d’être en assez bonne santé financière : il a terminé l’exercice 19/20 avec un déficit inférieur à cinq millions d’euros. Après la relégation, il a été vendu pour 28 millions de joueurs. A l’été 2021, malgré une forte baisse des ventes en L2, les pertes se sont réduites à… deux millions. RedBird s’était engagé à combler le trou, encore réduit par des salaires considérablement réduits (les joueurs ont terminé la saison 19/20 avec 5000 € par mois).

2 Recrutement data comme le “Stratège”

Depuis deux ans, le recrutement du TFC est un succès presque total, presque scandaleux. Ils s’appellent Branco van den Boomen, Rhys Healey, Mikkel Desler, ils étaient inconnus en France il y a deux ans et ont largement contribué au retour. Tous ont été recrutés selon un modèle largement basé sur des données (données statistiques) grâce à une société américaine, Zelus, qui opère aux États-Unis dans le baseball ou dans la NFL.

“Nous sommes un club qui prend toutes ses décisions à l’aide de données et de statistiques. Pour le recrutement, nous couvrons environ 70 championnats à travers le monde. Selon les pays, première ou deuxième étape. Dans certains pays, nous couvrons les niveaux 3 et 4, comme en Angleterre. En France, on descend en National”, expliquait récemment Comolli à RMC Sport.

Le principe, inspiré du livre Moneyball, adapté au cinéma avec le film The Strategist (avec Brad Pitt), est d’analyser les données des joueurs avant de les surveiller (une fois suffit). En faisant venir des joueurs de ligues plus petites, les chances sont évidemment plus faibles. Alors Branco van den Boomen (12 buts et 21 passes décisives cette saison) a été acheté 350 000 €… Et l’homme ? Pour chaque recrue potentielle, le TFC s’adresse à quatre personnes connaissant le joueur pour déterminer sa personnalité et son caractère.

Le recrutement ne fait pas tout : “Sur un groupe de 23 joueurs, la moitié a été formée au club. Ce sont des joueurs qui ont l’identité toulousaine inscrite dessus », a déclaré le président toulousain à La Dépêche fin 2020.

3 Reconnecter avec le public

14 232 spectateurs : C’était la fréquentation moyenne du stade lors de la saison 2019/2020 de L1, celle de la relégation. Le plus faible depuis la montée du club en L1 du club. Au fil des années, le TFC a perdu son public. “Quand je suis arrivé, j’ai réalisé qu’il y avait un fossé complet entre la ville et le club. Il fallait reconnecter les gens au club. Je fais ce travail pour rendre les gens heureux », déclare Comolli.

La communication a été renforcée autour de la devise “Still Standing”, “Inside” vidéos dans les vestiaires pour une plus grande proximité avec le public. Les prix des abonnements étaient particulièrement bon marché. Après une pratique 20/21 à huis clos, la saison qui vient de s’achever démarre timidement, avec 5 000 spectateurs et un crescendo au rendez-vous, atteignant 15 000 en février puis complet en fin de saison, contribuant aux résultats.

« Nous étions en train de reconquérir notre public, mais aussi en train de capter un nouveau public. Et le jour de ce match, j’ai vu des familles, un public très féminin… et cela grâce à la politique tarifaire de notre directeur général, Olivier Jaubert. On veut un stade très populaire et ça le restera en Ligue 1. Nous voulons qu’il y ait beaucoup de diversité dans le stade”, déclare Comolli. Le retour en Ligue 1 devrait confirmer cette amélioration.

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