Genève a besoin de nouveaux donneurs de sang

La mission Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA) a présenté lundi son troisième catalogue de données sur la Voie lactée. Cette nouvelle récolte comprend des détails plus fins sur près de deux milliards d’étoiles de notre galaxie.

Cartographie tridimensionnelle de la Voie lactée avec une précision sans précédent : tel est l’objectif de la mission Gaia lancée par l’ESA en 2013, à laquelle participent une cinquantaine d’institutions et de centres de recherche, dont l’Université de Genève (UNIGE).

Situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, dans la direction opposée au Soleil, le satellite Gaia collecte des données précieuses sur les étoiles grâce à son télescope à deux champs et sa caméra à un milliard de pixels. Celles-ci sont traitées par près de 500 chercheurs, principalement basés en Europe.

“La mission Gaia est inédite”, explique Marc Audard, maître de conférences et chercheur au Département d’astronomie de l’UNIGE, cité lundi dans un communiqué de l’UNIGE : “Près de 2 milliards de sources ont été identifiées, soit environ 1% du nombre total d’étoiles dans notre galaxie – et chacun d’eux a été observé en moyenne 50 fois. C’est un vrai projet de big data.”

Le satellite Gaia recense et observe en permanence des étoiles, parfois à des dizaines de milliers d’années-lumière, mais aussi des astéroïdes, des étoiles avec des planètes extrasolaires et des galaxies lointaines. Son lancement a multiplié le nombre d’objets observés par un facteur de 10 000 et la précision des données par un facteur de 100.

Croissance exponentielle

Après la sortie de deux catalogues en 2016 et 2018, la Mission Gaia dévoile aujourd’hui une nouvelle moisson – Gaia Data Release 3 (DR3) – qui repousse encore plus loin les frontières de nos connaissances.

“Chaque nouvelle publication de données Gaia permet une croissance exponentielle des sources et des types de données identifiés”, explique Laurent Eyer, enseignant-chercheur au département d’astronomie de l’UNIGE et coordinateur de l’unité variabilité du consortium.

“Ici, non seulement les positions, les distances et les mouvements des étoiles sont beaucoup plus détaillés, mais nous publions près de dix millions de sources dont l’intensité lumineuse est variable, classée et examinée en détail. De plus, nous avons pu faire quelque chose pour près de 30 types de sources variables – comme les étoiles doubles à éclipses ou les étoiles pulsantes – contre seulement 6 pour le ‘DR2’ », ajoute le spécialiste.

En particulier, sur son site Ecogia de Versoix, l’UNIGE a mesuré la variabilité de la lumière émise par les étoiles. Un élément particulièrement utile pour déterminer leurs propriétés – par exemple leur masse et leur rayon – mais aussi pour calculer des distances dans l’univers.

Pour traiter cette masse colossale d’informations – 2 milliards de sources et près de 400 milliards de mesures photométriques – l’équipe de l’UNIGE a eu recours à l’intelligence artificielle, plus précisément au « machine learning ».

Accessible aux scientifiques et au public

Gaia a également permis d’en savoir plus sur la composition chimique des étoiles, permettant d’obtenir des informations sur leur lieu de naissance et leur parcours après celui-ci, c’est-à-dire l’histoire de la Voie lactée. Le catalogue publié lundi propose ainsi la plus grande carte chimique de la galaxie.

Ces données sont désormais accessibles à la communauté scientifique, mais aussi au grand public. Par ailleurs, le consortium annonce la publication de près de 50 articles scientifiques basés sur le “DR3” – la plupart signés comme premier auteur ou co-auteur par l’équipe UNIGE – dont 17 issus de l’analyse de variabilité.

Un numéro spécial de la revue Astronomy & Astrophysics lui est consacré. La sortie du catalogue précédent avait généré un total de 6 000 articles. Les articles traitant spécifiquement des données Gaia sont régulièrement parmi les plus cités dans le domaine de l’astronomie. Le satellite doit encore collecter des données jusqu’en 2025.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ATS

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