Football/Ligue 2. D’Epinal à Ajaccio, Arnaud Pierre a enduré 24 heures de folie pour voir son club fétiche promu en Ligue 1

« Nous avons passé moins de 24 heures à Ajaccio mais nous sommes repartis avec de très bons souvenirs. Le cœur a ses raisons que l’esprit ignore, dirait Blaise Pascal. Arnaud Pierre, grand supporter de l’AC Ajaccio depuis Epinal, ne dira pas le contraire. Car pour l’amour de son club, le quadragénaire a passé quelques heures sur l’île de beauté ; juste le temps de voir ses protégés décrocher un billet en Ligue 1 après avoir battu Toulouse (1-0). “Avec ma compagne Valérie, qui est aussi fan du club, on s’est dit que gagner la Coupe du monde en 98 n’était rien comparé à ça”, sourit le Vosgien.

“Le directeur du club nous a obligés à venir”

Mais alors une question se pose : comment un Spinalien, qui n’a quitté ses Vosges que pendant ses études, a-t-il pu tomber amoureux d’un club qui joue à plus de 700 kilomètres ? « J’ai passé mes premières vacances en Corse en 2017 et j’en suis tombé amoureux. En revenant dans les Vosges j’avais des souvenirs de l’AC Ajaccio, de l’époque où Memo Ochoa était le gardien du club (Arnaud était gardien du SA Spinalien quand il était jeune) et je me disais : ‘Tiens, si je regarde le prochain match du club “. Et bien sûr, j’ai regardé un match, puis un autre… Et j’ai plus apprécié Ajaccio que l’OM, ​​mon club d’enfance… Je ne pense pas avoir fait un match depuis cette saison perdue !”

Pendant quelques saisons, Arnaud a dû vivre sa passion de loin derrière son écran : « Je voulais vivre mon premier match d’Ajaccio au stade d’Ajaccio. Mais entre les calendriers défavorables et le COVID, j’ai dû attendre septembre 2021 et un match contre Sochaux pour y arriver », ironise-t-il. Depuis, Spinalien a franchi une nouvelle étape et participé à quelques déplacements à Nancy, Dijon, Valenciennes ou encore Grenoble. “J’ai regardé sept matchs de l’ACA cette année et je n’ai jamais vu une seule défaite ! Avec ma copine, le directeur du club nous a obligés à venir au match contre Toulouse », s’amuse le supporter.

Et si manquer ce match n’était évidemment pas une option pour le couple, l’affaire n’était pas si simple. «Avant le match à Grenoble le samedi 7 mai, on a vu que les avions de Bâle-Mulhouse à Ajaccio étaient pleins. Et enfin, en rentrant dimanche, on a vu qu’il restait des places disponibles sur un vol parti samedi à 13h35 (moins de 6h avant le coup d’envoi, ndlr)», explique-t-il. Mais même après le contrôle de sécurité, tout aurait pu échouer : “Lors de l’embarquement, nous avons découvert que 35 personnes ne pouvaient pas monter dans l’avion. Avant cela, nous avons sympathisé avec les joueurs de futsal du Neuhof, qui ont également joué contre Ajaccio. Et ils nous ont promis qu’on pourrait monter avec eux, c’était vraiment très sympa…”

Alors que la Corse se remettait, Arnaud et sa compagne se sont précipités dans la fan zone du stade François Coty pour rejoindre les personnes qu’ils avaient rencontrées dans les stades français au cours de la saison. Parmi eux Loïc, soutien inconditionnel de l’ACA, qui participe à tous les voyages… Et qui en filme la plupart pour sa chaîne YouTube : “Ce sont surtout ses vidéos qui m’ont incité à voyager ailleurs”, raconte Arnaud .

Des projets (déjà) plein la tête

Quelques heures plus tard, le spectacle se poursuivait dans les tribunes : « Au niveau de l’ambiance, ça n’avait rien à voir avec les jeux précédents… La passion, l’enthousiasme était fou cette fois. Mais avec une promotion dépendante d’une victoire, Arnaud s’est aussi longuement rongé les ongles avant de célébrer. “Au coup de sifflet final, j’ai couru sur le terrain pour voir les joueurs. J’ai vu Jean-Philippe Krasso, qui n’arrivait pas à croire que je vienne d’Epinal pour ce match”, se souvient-il. Autre grand moment vécu par les Vosgiens, la communion avec les supporters toulousains qui sont assurés de voir leur équipe en Ligue 1 la saison prochaine également : « Une belle image de football ».

De retour sur le continent dimanche après que les festivités aient duré jusqu’à 2h du matin, le couple a déjà commencé à préparer l’avenir : « J’ai tout de suite fait une liste des voyages que je voulais faire ; Lens, Lille, Troyes, Reims, Strasbourg », énumère-t-il. “Et puis je ne voudrais pas rater les deux Marseillais – Ajaccio”, assure-t-il, qui a grandi avec les exploits héroïques des Phocéens.

A l’avenir, Arnaud Pierre compte aussi “continuer à puiser dans le PEL pour acheter des maillots” et “rejoindre I Sanguinari, le groupe des supporters du continent”. De beaux projets en perspective avant peut-être de déménager sur l’île de beauté dans les années à venir : “Si ça arrive un jour, je chercherai un appartement puis souscrirai un abonnement”, s’amuse-t-il.

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