Didier Deschamps, entraîneur des Bleus : “Je veux que tout le monde s’inquiète”

Peu après l’arrivée de 23 des 24 Bleus sélectionnés pour les quatre rencontres de la Ligue des Nations de juin ce samedi midi – le dernier en date, Karim Benzema, évoluant avec le Real Madrid en finale de la Ligue des champions face à Liverpool, n’est attendu que lundi soir -, Didier Deschamps a donné un conférence de presse à Clairefontaine. Et que juste avant un “Séance Oxygénation” à vélo et en forêt sachant que le travail de terrain débutera ce dimanche avec deux entraînements.

« Dans quelle mesure sommes-nous déjà partis vers la Coupe du monde… ou pas ?

Ah, philosophons (le sourire). Les matchs en juin ne sont pas idéaux. Nous en avions trois les autres années, mais maintenant nous en avons quatre. La Coupe du monde arrive vite de toute façon et cela devrait nous aider à savoir à quoi nous attendre. Dans notre premier jeu (vvendredi 3 juin vs Danemark)certains joueurs n’auront pas joué depuis trois semaines, d’autres depuis deux.

On ne va donc pas faire de miracles sur la condition athlétique des uns et des autres, mais il faut essayer d’aplanir les différences. Je ne regrette pas le manque d’essais car il est devenu difficile de trouver des adversaires disponibles. L’intérêt est toujours plus grand lorsqu’il y a une compétition dans le but de finir premier et de se qualifier pour la finale.

Didier Deschamps est apparu détendu lors de sa première conférence de presse du rallye.  (J.-M. Hervio/L'équipe)

Didier Deschamps est apparu détendu lors de sa première conférence de presse du rallye. (J.-M. Hervio/L’équipe)

Comment allez-vous vivre la finale de la Ligue des champions ce samedi dans le groupe français et quel est votre pronostic ?
Nous n’avons rien organisé de spécial. Nous pouvons le regarder ensemble, certains restent dans leur chambre, et chacun peut ou non avoir ses propres inclinations. Les pronostics, ce n’est pas vraiment mon truc. Il y a deux très bonnes équipes à très haut niveau, dont on connaît le profil, c’est difficile de choisir un favori. Ce serait mieux pour Karim Benzema s’il pouvait trouver un nouveau titre européen. D’ailleurs, la course au Ballon d’Or ne pouvait qu’aller dans le bon sens pour tout ce qu’il avait accompli jusqu’ici…

Certains des joueurs présents, comme Antoine Griezmann (Atlético de Madrid) et Raphaël Varane (Manchester United), ont connu des saisons difficiles. Ce rassemblement a-t-il une signification supplémentaire pour vous ?
Tous les joueurs ont eu moins de bons moments avec leur club. Ils trouveront ici un environnement différent, avec des joueurs qu’ils connaissent et adorent. Revenir à un mode de fonctionnement différent peut les aider. Il est arrivé que certains des moins performants du club aient eu beaucoup de succès en sélection et vice versa.

Mais c’est sûr (reprendre forme et confiance), ça ne se fait pas d’un coup de baguette. Le plus important est d’avoir une grande unité dans le groupe, compte tenu des différences qui peuvent exister entre les joueurs. Je veille à gérer l’autre sans souci particulier. La notion de groupe et de force collective reste essentielle pour moi.

« Dans ce monde connecté, la moindre phrase ou la moindre photo et ‘caca !’ »

Didier Deschamps sur les réactions qui ont explosé sur les réseaux sociaux au renouvellement de Mbappé

Pour développer cela, accorderez-vous du temps de jeu aux attaquants en particulier qui sont moins vus ?
En l’absence d’Olivier Giroud, Christopher Nkunku, Moussa Diaby et Wissam Ben Yedder, qui sont souvent avec nous, ont cette fois l’occasion de jouer un peu plus. Je veux que tout le monde participe. Avec quatre matches en onze jours et sachant qu’il n’y a que trois jours de repos entre les deux premiers (contre le Danemark, le 3 juin et la Croatie, le 6 juin), puis quatre avant le troisième (en Autriche le 10), puis à nouveau seulement trois avant-dernières (face à la Croatie le 10), Je dois trouver un équilibre.

Je dois m’assurer que les joueurs n’enchaînent pas les trois premiers et ne rassemblent pas trop de joueurs qui n’ont jamais joué pour rester cohérents avec nos adversaires afin de travailler sur le positionnement et l’animation de l’attaque au sein de notre système (3-4-3 ou 3-4-1-2).

Comment jugez-vous la décision de Kylian Mbappé de rester au PSG et peut-on grandir en restant en L 1 ?

Kylian reste en L1, c’est une très, très bonne chose pour le football français et l’impact que peut avoir la L1. Il y a aujourd’hui six ou sept grands clubs dont l’objectif n’est pas seulement de devenir champions de leur pays mais aussi de remporter la Ligue des champions, même s’il n’y en a qu’un par saison.

Partir est une option, mais pas une obligation en raison de la grande qualité de la Ligue 1, même si elle est souvent critiquée. De plus, bien que Kylian ait beaucoup accompli, il est encore un jeune joueur (23 années)qui devra peut-être partir plus tard. Rester au PSG ne l’empêche pas de grandir.

Kylian Mbappé avec Nasser Al-Khelaïfi portant un maillot avant le match contre Metz pour officialiser sa prolongation de contrat avec le PSG.  (N. Luttiau/L'équipe)

Kylian Mbappé avec Nasser Al-Khelaïfi portant un maillot avant le match contre Metz pour officialiser sa prolongation de contrat avec le PSG. (N. Luttiau/L’équipe)

Êtes-vous inquiet des réactions suscitées à Madrid par son élection, notamment celle de Karim Benzema dans un tweet énigmatique ?
Les personnes qui n’ont pas tous les éléments peuvent avoir des interprétations différentes. Dans mon poste de formateur, l’essentiel reste la cohésion du groupe. Mais non, ça ne m’inquiète pas. Dans le monde connecté dans lequel nous vivons, on sait que ça peut aller très vite, la moindre phrase, la moindre photo et “Piuuu !”‘»

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