Dernière semaine de campagne, ultimes messages aux électeurs et meetings en commun

Pour décrire cette dernière ligne droite du tour préliminaire des élections législatives des 12 et 19 juin, ce sont deux images qui serviront de fil conducteur. Deux photos du photographe républicains de baies, Pierrick Delobelle, à l’occasion de la rencontre des deux grandes forces représentées dans cette campagne : Ensemble une alliance des différentes composantes de la Majorité Présidentielle et de la Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale (Nupes) issue de l’accord des principaux partis de gauche pour ces élections législatives. Deux photos, deux images de la fin de la campagne. Que dis-tu? Et que ne disent-ils pas ?

Rassemblés sur une scène

Ce qu’ils disent, c’est l’unité. Ou plutôt, la volonté de montrer un rassemblement, un combat commun, une unité, une force. D’un côté (photo ci-dessous) trois députés sortants issus des rangs de la Majorité présidentielle et candidats à leur succession : François Cormier-Bouligeon (première circonscription), Nadia Essayan (deuxième) et Loïc Kervran (troisième). Leurs trois campagnes, menées sous les signes de l’ancrage et de l’expérience, après avoir été sous ceux de la pause et du renouveau en 2017, se sont réunies à Bourges, salle du Moutet, en présence de leurs adjoints. « Dans un esprit de collégialité. Sous le signe de nous », martèle Loïc Kervran. Parmi les supporters : le chocolatier Daniel Mercier.

Le « nous », c’est aussi le message des Nupes, dont les trois candidats se sont réunis mercredi en toile de fond du parc paysager des Gibjoncs (photo ci-dessus) à Bourges. Sur la même scène : l’élu Berruyer Alex Charpentier, candidat dans le premier cirque, le maire de Vierzon et ancien député Nicolas Sansu (deuxième) et Aliénor Garcia-Bosch-de Moralès (troisième). Le candidat avait déjà réuni nombre de gauchistes, notamment Berruyère, devant le lac d’Auron quelques jours plus tôt. Sur scène en début de soirée, deux visages bien connus du département, deux personnalités dont la voix compte : le maire de Bourges et ancien député, Yann Galut, et la présidente de l’agglomération Bourges Plus, Irène Félix. Tous deux se sont construits politiquement, idéologiquement, au sein du PS. Tous deux ont quitté le parti.

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Réunion conjointe des candidats Ensemble aux élections législatives, Nadia Essayan, Loïc Kervran et François Cormier Bouligeon, le 22/07/06 à Bourges, photos Pierrick Delobelle

Rencontres communes et nuances

Ce qui est difficile à voir dans ces images, ce sont les nuances, la singularité des histoires, les parcours et les engagements. Nadia Essayan appartient au MoDem et, notamment sur les réseaux sociaux, affiche le soutien de deux figures du parti fondé par François Bayrou : le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau (Nadia Essayan était sur sa liste à l’assemblée régionale l’an dernier) . et l’ancienne secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Engagement, Sarah El Haïry. Élu en 2017 sous l’étiquette La République en marche, Loïc Kervran a pris un autre chemin : il a quitté le parti et le groupe parlementaire fin 2020. “J’ai rejoint un mouvement et là je suis face à un parti”, a confié le député, soulignant sa loyauté envers le président de la République. Ces derniers jours, des mots de soutien de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, fondateur d’Horizons, ont été partagés sur son compte Facebook. Et c’est un homme qu’il avait déjà invité dans le Cher l’été dernier, qu’il invite à nouveau à une réunion publique ce lundi : le philosophe Gaspard Koenig, qui lutte contre les injustices causées par la complexité des lois et de l’administration. Son discours sur la simplification administrative avait séduit nombre d’élus du département, dont le maire de Baugy et le conseiller départemental (DVD) Pierre Grosjean, qui lui avait valu son parrainage lors des élections présidentielles auxquelles Gaspard Koenig n’avait pas pu assister, manque de signatures, alignez-vous

Il suffit aussi d’observer les votes des trois eurodéputés sortants sur les textes les plus importants de ces cinq dernières années pour mesurer ce qui les distingue : Nadia Essayan a voté contre la loi Asile et Immigration (les deux autres eurodéputés se sont abstenus). De son côté, Loïc Kervran s’est opposé à la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes dans les cultures de betterave (les deux autres ont voté pour).

Du côté des nupes, l’ombrage est encore plus net. Alex Charpentier est secrétaire de la section PS de Bourges et élu Berruyer. L’éleveur de chevaux maisonnais Alienor Garcia-Bosch-de Moralès est le visage de la France insoumise et y a vécu sa première campagne électorale en tant que candidate. Nicolas Sansu est Maire de Vierzon, ancien député PCF. Les trois formations ne s’étaient pas mises d’accord jusqu’à récemment. La période post-présidence a changé la donne. Après tant de rivalités à gauche, quatre partis se sont mis d’accord pour former un programme et une alliance électorale. “Il n’y a pas eu autant de rencontres avant le premier tour dans nos histoires respectives”, estime Aliénor Garcia-Bosch-de Moralès. C’est historique.” Des propos qui rappellent ceux du chef des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, lors de la présentation des nupes début mai : « Nous écrivons une page de l’histoire politique de la France. Et parce que nous écrivons cette page de cette manière, nous pouvons prétendre écrire une page de l’histoire de France.

Manque, dans lequel Cher, l’un des signataires de cet accord construit pour cette législature : Europe-Ecologie-Les Verts. Pas un candidat du parti écologiste, mais des militants et des élus qui soutiennent les visages du Nupes, comme la maire de Marçais et ancienne élue régionale Michelle Rivet ou la députée berruyère Catherine Menguy.

Rappelons qu’il y a deux semaines un autre parti, fragilisé par les derniers sondages après avoir été une formation structurante de la vie politique dans le Cher, publiait des photos de groupe : les Républicains. Autour des candidats – David Dallois, Adrien Baert et Bénédicte de Choulot – le président du Sénat, Gérard Larcher. Deux jours plus tard, les mêmes candidats et un nouveau soutien : Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France.

Réunion publique de soutien aux trois candidats “Les Républicains” par Chère Bénédicte de Choulot, Adrien Baert, David Dallois, avec Xavier Bertrand, Président de la région Hauts de France, le 22/01/06 à Bourges, photos Pierrick Delobelle

Majorité présidentielle, Nupes, droite : La campagne électorale dans le Cher s’est d’abord jouée autour de ces trois forces et de leurs candidats, qui ont multiplié les meetings, la distribution de tracts et les meetings publics. Pour les autres – Reconquête, Debout la France, Patriotes, Lutte Ouvrière, Parti animaliste – la campagne s’est déroulée dans la plus grande discrétion. Il en va de même pour le Rassemblement national qui s’est surtout illustré par la distribution de tracts. Deux de leurs candidats – Thibaut de la Tocnaye (troisième circonscription) et la députée du parti départemental Julie Apricena (première circonscription) – ont organisé mercredi un meeting commun à Saint-Amand-Montrond. Au total vingt participants pour un parti sorti vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle dans la troisième circonscription il y a deux mois. Pas de quoi décourager les deux représentants du parti : “Nous sommes déjà dans les starting-blocks pour le second tour, nous croyons que nous y serons”, ont-ils déclaré.

Thibaut de La Tocnaye, candidat RN de la troisième circonscription du Cher, et Julie Apricena, candidate de la première circonscription (à côté de sa compagne, à droite), avec Mylène Wunsch, conseillère régionale RN élue dans l’Indre (à gauche).

Le taux d’abstention, grande inconnue

La campagne électorale pour le premier tour de ces élections législatives touche ainsi à sa fin. Les appels à participation augmentent à chaque camp. Les premiers électeurs se rendront aux urnes dimanche à huit heures. Combien y en aura-t-il ? Il y a cinq ans, la moitié des électeurs du département s’abstenait. Plus de 52% ont déclaré avoir évité les urnes dans la deuxième circonscription. Un résultat qui confirme une tendance de fond depuis l’instauration du quinquennat en 2002 et l’inversion du calendrier électoral qui place les législatives dans le sillage des présidentielles : les secondes viennent entériner le résultat des premières, avec une participation réduite. Le scénario d’une hausse des abstentions sera-t-il celui de 2022 ? Ceci est confirmé par plusieurs sondages, qui montrent également que les citoyens manifestent moins d’intérêt pour les élections fédérales.

Mais rien n’est écrit tant le contexte est unique : l’absence d’état de grâce pour le président de la république réélu, récemment jeté dans l’arène pour marteler la nécessité d’une majorité parlementaire, ainsi que l’émergence d’une gauche -aile alliance qui appelle ses électeurs à se mobiliser pour imposer la coexistence à Emmanuel Macron, brandissant le slogan “Mélenchon Premier ministre”. L’hypothèse de reparticipation n’est pas infondée, mais pas forcément la plus probable. Parmi les conséquences qu’aurait une forte abstention : la rareté du triangle. Pour qu’un candidat se présente aux côtés des deux premiers au second tour, il doit en effet recueillir au moins 12,5 % des suffrages enregistrés dans la circonscription au premier tour (plus de 25 % pour passer le premier tour). Au vu de ces règles, c’est bien la perspective de trois duels qui se profile dans le Cher. Mais pour quel casting ?

Valérie Mazerolle

S’entraîner. Les résultats et réactions seront disponibles dimanche à partir de 20h sur leberry.fr.

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