Comment les Stéphanois ont-ils pu abandonner leur place en séries éliminatoires au pire moment?

Au Stade Geoffroy Guichard,

L’angle nord du Parc OL a profité de la fameuse 42e minute de son match face à Nantes (3-2) samedi pour hisser une banderole incontournable aux joueurs lyonnais : « Sauvez la saison, perdez à Clermont ». Et cela pour tenter de faire entrer les Verts en Ligue 2 la semaine prochaine. Sauf que Clermont (16e) est finalement sorti du bois lors de la 38e journée de L1 avant son match face à l’OL. En revanche, l’OL, dans son malheur de renoncer définitivement à ses ambitions européennes le 8 mai après l’improbable défaite à Metz (3-2), a joué un très mauvais tour à ses voisins et rivaux historiques.

Car cette place hors zone rouge (17e ou 18e), qu’occupait l’AS Saint-Etienne depuis deux mois et demi, était menacée dans le sprint final par la contre-performance de l’Olympien Saint-Symphorien. Jusqu’à samedi, à la veille de la fin, un scénario catastrophe se dessinait à huis clos face à Reims (1-2) qui pourrait vouer tant les Girondins de Bordeaux que la bande de Pascal Dupraz, désormais 19e, à la relégation.

Le jeune milieu de terrain stéphanois Lucas Gourna-Douath est resté allongé sur l'herbe d'un chaudron à huis clos pendant plusieurs minutes après le coup de sifflet final de samedi.  JEFF PACHOUD
Le jeune milieu de terrain stéphanois Lucas Gourna-Douath est resté allongé sur l’herbe d’un chaudron à huis clos pendant plusieurs minutes après le coup de sifflet final de samedi. JEFF PACHOUD-AFP

“Des déficits sportifs incroyables à ce niveau”

Il a volontiers avoué avoir ressenti “de la consternation et de l’abattement” après ce “trop ​​de défaites” et avant de tenter de sauver le club nantais samedi prochain, lors d’un nouveau multiplex passionnant qui voit le FC Metz (nouveau 18e à la différence de buts) défier le PSG en finale. Parc des Princes en même temps. “Comme ils n’ont pas marqué en venant vers nous, ce match contre Reims était extrêmement important”, poursuit l’ancien entraîneur toulousain. C’est simple, depuis sa précieuse victoire (1-0) le 6 mars face à Metz, ses adversaires directs en barrage, l’ASSE n’a marqué que 6 points sur 30, avec des cracks spectaculaires en seconde période (de 0-2 à 6:2 à Lorient et de 0:2 à 4:2 à Nice mercredi).

“Notre première mi-temps a été bonne aujourd’hui, nous aurions pu en profiter. Puis, en deuxième mi-temps, les mêmes défauts reviennent toujours, notamment les défauts sportifs, qui sont déroutants à ce niveau », pointe sèchement l’entraîneur haut-savoyard, avant de poursuivre son étonnante expertise sur le sujet.

Il y a trop de joueurs qui n’ont malheureusement pas la capacité athlétique pour répondre aux exigences de la Ligue 1. Trop de joueurs manquent d’essence dans le moteur, c’est un vrai problème. Il y a aussi la question du déplacement, et c’est difficile à changer. »

Bonne prestation à Nantes ou huit fois Mbappé face à Metz ?

Les joueurs stéphanois confirment-ils cette surprenante analyse ? “Nous avons vu à environ 60 minutes ce soir que nous avons un peu avalé la soupe [et non la trompette, sic] et qu’on n’a pas pu garder le ballon, confirme Wahbi Khazri. Forcément donc, Reims nous a envoyé des vagues. Il faudra 20 hommes pour atteindre le maximum à Nantes et il faut faire de notre mieux maintenant…”. Une formule 100% garantie des combats à l’entretien son entraîneur ne reniera pas deux de ses plus importants succès en carrière lors d’une 38e journée de L1 lors d’un ETG de Sochaux (0-3) en 2014 et l’incontournable Angers TFC (2e-3) de 2016 .

Pascal Dupraz célèbre le maintien inattendu du TFC en mai 2016 après un résultat épique à Angers (2-3).
Pascal Dupraz célèbre le maintien inattendu du TFC en mai 2016 après un résultat épique à Angers (2-3). – Jean François MonierAFP

Les Verts doivent obtenir un meilleur résultat à Nantes que le FC Metz à Paris, avec moins de deux défaites… avec un octuplé de Kylian Mbappé en position clé, avec les Lorrains à six buts d’avance sur Sainté. qui sait ? Mais comment l’ASSE a-t-elle trouvé le moyen de perdre sa place en barrage qui semblait la gagner, d’autant plus face à un Stade de Reims (12e) qui n’avait plus rien à jouer ?

La longue blessure de Falaye Sacko a coûté cher

“Je bricole depuis le 15 décembre”, confie Pascal Dupraz, expliquant ce message facilement classe de catastrophe sa défense à cinq, systématiquement percée dans le deuxième tiers, en grande partie par l’agilité du prometteur Hugo Ekitike, entré à la pause. Les Verts ont encaissé 12 buts sur leurs quatre défaites consécutives (série actuelle à leurs pires moments). Comment imaginer sérieusement gratter des points d’économies pour le maintien avec une moyenne de trois buts encaissés par match ?

Buteur samedi, mais encore une fois instable sur la défensive, tant le deuxième but d'Eliaquim Mangala à Reims illustre les manquements flagrants de ces ACE.  JEFF PACHOUD
Buteur samedi, mais encore une fois instable sur la défensive, tant le deuxième but d’Eliaquim Mangala à Reims illustre les manquements flagrants de ces ACE. JEFF PACHOUD-AFP

La longue blessure du nouveau venu le plus convaincant de l’hiver, Falaye Sacko (entré en jeu samedi), n’a pas aidé la deuxième pire défense de Ligue 1, qui encaisse désormais 76 buts. En plus, il y a eu un manque de réussite, entre “une situation litigieuse” avec une égalisation refusée de Romain Hamouma après une légère touche au bras de Predrag Rajkovic (1-2, 72e) et un coup franc de Wahbi Khazri, qui flirtait avec la lucarne du gardien rémois dans les arrêts de jeu et vous avez, plus que jamais, un portrait bien composé d’un club relégué au pouvoir.

« Nous sommes peut-être à notre place »

Et comme l’a souligné Pascal Dupraz, cet élan brisé après la série de 4 victoires en 6 matchs cet hiver souligne l’incapacité de cette équipe à livrer un match complet. L’intense pressing de la première période samedi a ensuite fait place à un groupe complètement retranché, perdant sur de rapides contre-attaques de Reims. “Nous savions qu’il y aurait de plus en plus d’espace au fur et à mesure que le match avançait”, a déclaré le capitaine du Stade de Reims Yunis Abdelhamid. Au fur et à mesure que le meeting avançait, la course et le pressing stéphanois devenaient moins intenses. Nous savions comment nous en servir. »

Comme tant d’autres avant eux. Ce qui pousse Wahbi Khazri à faire un constat clair : « La réalité c’est qu’après 37 jours on est 19e. Nous sommes peut-être en place, mais nous entendons rester mobilisés. De son côté, Pascal Dupraz se souvient avec émotion que ses joueurs étaient « moribonds » lorsqu’il a été remplacé sur le banc par Claude Puel et Julien Sablé avec seulement 12 points au compteur. Ils n’en étaient pas loin depuis samedi soir et ce virage catastrophique leur a coûté la 18e place.

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