Comment changez-vous ce côté parfois violent de la fan culture ?

La saison 2021-2022 de l’OGC Nice a été marquée au début et à la fin par des incidents de violences tant physiques que verbales de la part de ses supporters. En août, lors du match contre l’Olympique de Marseille, plusieurs supporters niçois pénètrent dans le stade Allianz Riviera et l’un d’eux tente de frapper le Marseillais Dimitri Payet.

Il y a dix jours, face à l’AS Saint-Etienne, après la défaite du club niçois en finale de Coupe de France contre le FC Nantes, une partie d’une tribune entonnait une chanson injurieuse à la mémoire de l’ex-footballeur Emiliano Sala, décédé en 2019 dans un avion. crash. Un événement qui a entraîné une mobilisation générale, du monde du sport à la politique, qui a qualifié ce comportement d'”intolérable”.

Des pratiques qui ne sont pas seulement imputables à ces supporters niçois, mais qui relèvent d’une culture plus globale qui consiste à voir ce sport comme “un combat entre deux camps où tout est bon pour déstabiliser l’adversaire” Nicolas Hourcade. Selon ce sociologue de l’Ecole centrale de Lyon, spécialiste des supporters de football, les Niçois font encore partie “des groupes les plus vicieux au niveau français et parmi les plus portés sur les insultes et les chambres”.

“Valves” justifiées par “deuxième degré”

Cette “tradition” vient en fait d’une influence d’autres pays européens. « Dans les années 1980, les groupes ultra [des supporteurs dont le but est de soutenir de manière fanatique son équipe de prédilection] développer, inspiré par les Italiens. Ils ont alors renforcé ce côté de l’opposition contre l’autre côté, la concurrence, et ont eu recours à la violence. Le but maintenant est de se concentrer sur ce qui fait le plus mal. Et la proximité de Nice avec l’Italie pourrait expliquer l’utilisation fréquente de ce registre agressif. »

Dans cette compétition “soupape”, récemment justifiée par “l’humour” et le “second degré” par la brigade sud de l’OGC Nice, apparaissent aussi des slogans discriminatoires, notamment homophobes. L’expert poursuit : « Par rapport à d’autres groupes, l’ethnie du Sud s’est toujours revendiquée apolitique, bien qu’elle soit connue pour inclure une frange de partisans d’extrême droite, un courant politique qui n’est pas à la pointe pour les discriminer. Arrêtez de scander. . »

Aucune intention “directe” de cibler les homosexuels

Pour Yoann Lemaire, président-fondateur de l’association Foot Ensemble et premier footballeur à révéler son homosexualité en France en 2003, avec ce “sentiment de domination” les supporters voulaient “humilier l’autre” mais “sans intention directe de viser les homosexuels”. ” .

“Les ultras eux-mêmes, qui sont homosexuels, affirment souvent qu’ils n’ont jamais été agressés verbalement ou insultés pendant les matchs”, développe-t-il. On me dit que ça fait partie de l’ambiance, mais encore faut-il nommer les choses. C’est aussi dû à l’ignorance. Quand je discute de cette question avec des supporters, on me dit que j’ai raison au bout de 10 minutes. Ils affirment également que leurs chants se développeraient lorsqu’un arbitre ou un joueur entrerait sur le terrain. D’où la nécessité d’un symbole fort. En attendant, nous devons éduquer et responsabiliser les supporters. »

La solution, ce sont “de vraies sanctions judiciaires, identifier les personnes qui isolent le problème et, par exemple, interdire l’accès au stade” et non “fermer une tribune entière”. Selon lui, ce serait le moyen « le plus efficace » de changer ces comportements voire les mentalités.

« Redonner à la société l’image qu’elle devrait avoir »

Un problème plus gros et plus compliqué pour Nicolas Hourcade. « Les partisans se défendent en disant que c’est comme ça qu’on insulte dans le langage courant. Mais la différence avec le stade, c’est qu’il a une portée publique. Ce lieu a toujours été perçu comme un exutoire, un espace de liberté, et une volonté du jour au lendemain de contrôler le public. Quand on se mobilise contre ces chants, c’est aussi pour faire passer un message plus large et dire que banaliser ces propos n’est plus acceptable. D’une certaine manière on veut faire prendre conscience à la société que ces chansons posent problème et renvoyer une image de ce qu’elles devraient être. Une ligne assez nouvelle, après tout.

En 2019, la ministre des Sports de l’époque, Roxana Maracineanu, a préconisé à l’arbitre d’abandonner le jeu pour toute chanson discriminatoire. Un an plus tôt, la Ligue de football professionnel s’était engagée dans la lutte contre l’homophobie.

ateliers de sensibilisation

Et le fait qu’il soit publié joue aussi un rôle. “Il marque et montre certaines frontières qu’on ne peut pas franchir”, assure le sociologue. Dans cette dimension, Yoann Lemaire souligne l’importance du travail exemplaire de la Ligue de football professionnel et des joueurs en assistant à la Journée contre les phobies LGBT le 17 mai et en répondant à leurs questions pour des documentaires. « Un enfant verra que Messi a joué avec un maillot floqué aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, et intégrera que c’est normal. Beaucoup de travail a déjà été fait.” Depuis cinq ans, le président de Foot Ensemble sillonne la France pour former les jeunes dans les centres de formation sur le sujet.

Des ateliers sont prévus à l’OGC Nice “pour éduquer contre toutes les formes de discrimination”, apprend-on 20 minutes provenant de sources cohérentes. L’entraîneur Christophe Galtier faisait également partie du clip de campagne contre l’homophobie cette année et a encouragé les footballeurs à sortir.

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