“Ça a toujours été mon objectif de jouer pour la Côte d’Ivoire”

zap monde onze EXCLU : L’interview “Petit Frère” d’Édouard Mendy !

Moïse, peux-tu te présenter aux lecteurs d’Onze Mondial ?

Je m’appelle Moïse Sahi Dion, j’ai 20 ans, je suis ivoirien et je suis attaquant au Racing Club de Strasbourg depuis un an et demi. J’ai passé plusieurs années à l’Africa Football Elite Academy au Mali, ce qui m’a permis d’être transféré à Strasbourg.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre jeunesse et votre éducation en Afrique ?

C’était très bon. Je suis né et j’ai grandi en Côte d’Ivoire jusqu’à l’âge de 13 ans avant de déménager au Mali. L’Africa Football Elite m’a très bien accueilli et m’a appris beaucoup de choses sur et en dehors du football. J’ai commencé en même temps que le club en troisième division malienne, puis dès la première année on a été promu en deuxième division. J’y ai passé du bon temps, ça m’a forgé, ça m’a fait grandir et mûrir.

Comment vous êtes-vous retrouvé à Strasbourg en janvier 2021 ?

C’était au milieu du championnat à Bamako. Nous avons joué la promotion en Premier League du Mali et les recruteurs du Racing étaient présents. Le fondateur de l’académie, Séran Diabaté, et mon agent, Bruno Satin, m’ont dit après le match que j’avais été repéré par ces gens et qu’ils voulaient que je vienne au Racing. Nous avons enregistré des conversations pour trouver un terrain d’entente. Mes représentants et moi avons rejoint leur projet et c’est comme ça que ça s’est passé.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris d’un point de vue footballistique entre Bamako et Strasbourg ?

Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’intensité des matchs et des entraînements. Quand on quitte la D2 malienne pour s’entraîner à Strasbourg avec des gars qui ont joué 100-200 matchs de Ligue 1, c’est vraiment impressionnant.

Et par rapport à la vie ?

Le seul grand changement est le climat, car à Bamako il fait très très chaud et en Alsace il fait très très froid. Sinon, les gens sont chaleureux et sympathiques, la ville est super belle et je me suis tout de suite sentie chez moi.

Vous avez signé au Racing en janvier 2021 avant de rejoindre le groupe pro en mars puis de disputer votre premier match avec les pros en avril. Comment expliquez-vous cet ajustement express ?

J’étais prêt. Les gens pensent que je me suis adapté rapidement alors qu’en fait j’ai suivi une formation qui m’a permis de me préparer à des éventualités similaires. Pour moi ça ne va pas vite, ça va juste naturellement. J’ai fait les choses correctement quand c’était nécessaire.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez marqué votre premier but lors de votre deuxième match contre le Paris-Saint-Germain ?

C’était une sensation incroyable car j’ai marqué sur ma première touche en Ligue 1 ! Je ne contrôlais pas le ballon avant parce que j’ai juste poussé le ballon la première fois que j’ai joué contre Bordeaux et c’était game over (rires). Quand il a marqué son premier ballon de Ligue 1 contre le PSG, peu ont eu cette chance. C’était une sensation inoubliable et incroyable.

“Ce n’est pas rapide pour moi, ça se fait naturellement”

Moïse Sahi Dion

Moïse Sahi Dion avec l’élite du football africainCrédit Photo – AFE

Cet été-là, Julien Stéphan succède à Thierry Laurey sur le banc de Strasbourg. Que vous ont apporté ces deux coachs ?

Thierry Laurey m’a permis de découvrir la Ligue 1 en me donnant ma chance et en me faisant confiance dès mon arrivée. Je l’en remercie encore. C’était assez facile pour le nouvel entraîneur Julien Stéphan car il aime les jeunes. Il m’a bien encadré et, grâce à sa formation, m’a permis de progresser sur le terrain. Le déménagement n’a pas été trop difficile car je suis arrivé en fin de saison, donc je ne suis pas resté très longtemps avec l’entraîneur Thierry. Ça a quand même été une belle expérience avec lui et ça s’est passé assez vite avec l’entraîneur Julien car j’ai tout de suite compris comment il travaille et ce qu’il demande sur le terrain. Je continue de progresser à l’entraînement et je me sens bien avec lui.

Comment expliques-tu que le RCSA joue le maintien la saison dernière et que tu joues l’Europe cette année ?

C’est une bonne question (rires) ! Il y a eu beaucoup de changements dans le groupe avec des départs et des arrivées dans l’effectif ainsi qu’un nouvel effectif avec de nouvelles ambitions et un nouveau projet. Cela a amené Strasbourg là où il est maintenant et le club en avait besoin.

Ils ont disputé neuf matchs toutes compétitions confondues cette saison, contre six l’an dernier. Qu’est-ce qui vous a manqué pour avoir encore plus de temps de jeu ?

J’ai eu une blessure aux ischio-jambiers au début de la saison et j’ai rechuté dès que j’ai repris l’entraînement. À cause de cela, j’ai été mis à l’écart pendant longtemps. Cela m’a fait beaucoup de mal et m’a empêché de continuer la bonne préparation que j’avais faite avec le groupe à Evian. Cela m’a freiné et je pense que c’est pour ça que je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu cette saison. J’ai quand même eu du mal à bien revenir et à être bon à l’entraînement, mais quand on a un groupe qui va bien c’est difficile de faire bouger les choses.

Avez-vous déjà connu de tels troubles physiques ?

Non c’est la première fois. Je n’ai jamais eu de blessures graves auparavant.

Le RC Strasbourg jouera sa place en Coupe d’Europe avec un déplacement à Marseille samedi. Comment perçois-tu le fait de jouer dans les compétitions européennes ?

Très bien car c’est Strasbourg. Il me semble que c’est le 14e budget du championnat, donc être à ce niveau aujourd’hui, c’est vraiment extraordinaire. Ce serait incroyable pour les joueurs, le staff, le club et les supporters si l’Europe pouvait être accrochée à Marseille. Ce sont de grands sentiments parce que chaque match que vous jouez, vous jouez à fond comme si vous étiez déjà en Coupe d’Europe. C’est la beauté de ce sport.

Qu’avez-vous appris en jouant avec de grands attaquants comme Habib Diallo, Ludovic Ajorque, Kevin Gameiro et Abdul Majeed Waris ?

Beaucoup, car chacun peut apporter sa propre expérience. Ce sont des gars bons et humbles qui offrent des encouragements et des conseils en cas de besoin. J’ai eu beaucoup de chance de jouer à leurs côtés, de les côtoyer, de les voir et de m’entraîner avec eux au quotidien. Cela me permet de progresser sur et en dehors du terrain. Ce sont de belles personnes.

Vous êtes de nationalité ivoirienne et malienne. Avez-vous déjà fait votre choix entre Eléphants et Aigles ?

Même si j’ai joué dans une équipe de jeunes au Mali, mon objectif a toujours été de jouer pour la Côte d’Ivoire. Jouer la CAN 2023, c’est un rêve. Je suis né en Côte d’Ivoire, c’est là que vit ma famille, donc je ferai tout ce qu’il faut pour être présent à cet événement et atteindre mon objectif.

“Si je joue bien, le nouveau sélectionneur ivoirien pourrait me recontacter”

Moïse Sahi Dion

Presnel Kimpembe et Moïse Sahi DionCrédit photo – Icône Sport

Même s’il n’y a plus eu de sélectionneur depuis le départ de Patrice Beaumelle, est-ce que la Côte d’Ivoire vous a déjà sollicité pour une sélection ?

oui plusieurs fois J’ai déjà reçu deux présélections avec la Côte d’Ivoire, mais je me suis blessé, j’ai donc dû m’absenter et je n’ai pas pu jouer. Je pense que si je joue de bons matchs et que je reviens bien sur le terrain, même si je ne sais pas qui il sera, le nouveau manager pourrait me contacter.

La vue d’Habib Diallo remportant la CAN avec le Sénégal vous a-t-elle donné envie de participer à cette compétition ?

Oui, j’ai vraiment apprécié ! J’ai eu beaucoup d’émotion rien qu’en touchant la médaille, donc je ne peux même pas imaginer à quel point ce doit être fier pour tout un peuple, pour ma famille et moi, de remporter ce trophée. C’est un rêve, donc l’essentiel est de garder le bon état d’esprit, travailler pour passer les étapes et être appelé à cette CAN.

J’ai lu que tu avais le surnom “Messi” au Mali. Que représente ce joueur pour vous et qu’est-ce que cela vous fait de jouer dans la même ligue que lui ?

(Il rit) Ce surnom, je ne sais pas d’où il vient, mais c’était naturel que les gens m’appellent comme ça à cause de ma façon de jouer. C’est un plaisir de jouer dans la même ligue que Lionel Messi, de l’avoir affronté et fait match nul face au PSG (3-3, 29 avril 2022, ndlr). Pour moi, Lionel Messi c’est sept Ballons d’Or donc c’est un plaisir de l’affronter.

Est-il une de vos idoles dans le football ?

Je n’ai pas d'”idoles” mais j’ai beaucoup de joueurs que j’admire comme Lionel Messi, Cristiano Ronaldo ou Sadio Mané. Je les apprécie beaucoup pour leur travail, leur engagement et ce qu’ils apportent au football.

Quels sont vos rêves pour la suite de votre carrière ?

Ça commence déjà à jouer au RC Strasbourg, parce que c’est là que j’en suis en ce moment. Ensuite, je veux bien performer et ensuite aller dans de plus grands clubs pour gagner des trophées, participer à des CAN et à la Ligue des champions, voire les gagner.

Vous êtes sous contrat avec Strasbourg jusqu’en 2025. Savez-vous déjà ce que vous voulez faire la saison prochaine ? Aimeriez-vous vous imposer en Alsace ou être prêté pour avoir plus de temps de jeu ?

Comme je l’ai dit, je me sens à l’aise ici et même si je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu, je suis encore un jeune joueur et des saisons comme cette année peuvent arriver à n’importe quel joueur. Il faut apprendre à être fort mentalement en dehors du terrain, donc je n’abandonne pas.

Que peut-on te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

Vous ne pouvez que me souhaiter le meilleur, car ce sera le cas. Tu me regarderas et on en reparlera à la fin !

résumer

Né en Côte d’Ivoire et formé à l’Africa Football Elite Academy de Bamako, Moïse Sahi Dion (20 ans) s’est présenté au RC Strasbourg en avril 2021 et a marqué son premier but professionnel dès sa première touche de balle face au Paris-Saint-Deutsch. Pour Onze Mondial, le jeune attaquant strasbourgeois revient avec lucidité sur son parcours, l’excellent parcours 2021-2022 du RCSA, ses pépins physiques qui l’ont gêné cette saison et son rêve de devenir un jour l’ours du maillot des Eléphants de Côte d’Ivoire.

Étienne Leray

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