Benjamin Leroy décrypte la montée en puissance de l’AC Ajaccio

Gardien de l’AC Ajaccio depuis l’été 2018, Benjamin Leroy vient de boucler une quatrième saison exceptionnelle en Ligue 2 BKT sous les couleurs du club corse. Le gardien de 33 ans, auteur de 19 clean sheets, n’a vu ses filets vaciller que 16 fois en 32 matches de championnat. Lequel est logiquement élu meilleur gardien de la saison aux Trophées UNFP. Alors que l’ancien joueur de Tours n’a jamais encaissé plus d’un but à domicile en 2021/2022, il décrit l’excellente saison d’ACA qui s’est terminée à la 2e place du général. Il assure également que le club ” n’était pas prévu “pour jouer les premiers rôles et il n’aurait pas” pas cru du tout à une telle saison lors de la reprise de l’été dernier.

Le coup de sifflet final contre Toulouse : “C’était une libération. Après avoir regardé le match dans les tribunes (il était blessé), c’était encore plus difficile à supporter, j’ai enduré sans pouvoir participer. Après ça a été long pendant un bon mois parce qu’on a vu qu’aucune équipe n’abandonnait et qu’on n’avait pas la moindre avance. Donc c’était vraiment un moment magique. On avait aussi le sentiment que le stade était sur le point d’exploser. À l’approche du coup de sifflet final, la pression du public a augmenté et nous avons senti que c’était un match vraiment spécial. Nous pouvions voir que les fans étaient venus pour célébrer et que la promotion était la seule issue. »

La période la plus compliquée : « Nous avons eu de fin janvier à début février (1 nul et 3 défaites en 4 matchs), mais nous savions qu’il restait encore beaucoup de matchs à jouer. Après cela, nous avons également eu un gros avantage sur nos adversaires, à savoir que nous n’étions pas du tout programmés pour jouer la promotion. Nous avions donc beaucoup moins de pression. Nous ne nous attendions pas à réaliser une telle saison nous-mêmes. Si on nous avait dit ça quand on l’a repris l’été dernier, on n’y aurait pas cru du tout. Moins de pression nous a aidés à la fin. Après ça, au bout d’un moment, elle était toujours là parce que, même si nous n’étions pas programmés, nous voulions rester à l’étage. »

Tourner : « Le Voyage à Sochaux. C’est exactement le match qui vient après notre séquence de quatre matchs sans victoire. Nous étions alors quatrièmes, à deux points de Sochaux, troisième, et quand nous avons perdu, nous avions cinq points de retard. je suis blessé et François Joseph Sollacaro a fait un super match. Au final, nous avons gagné 1-0 dans un stade plein à craquer et nous devançons à nouveau Sochaux au classement général. Je me suis dit à l’époque que nous étions encore très durs. Cette victoire nous a vraiment fait avancer. »

“Il fallait d’abord marquer”

Le match le plus réussi ensemble: “Je trouve difficile de distinguer un match en particulier parce que nous avons encaissé si peu de buts… Il y a vraiment beaucoup de matchs où nous n’avons pas concédé d’occasions et où nous avons marqué dès que nous en avons eu une. J’ai eu ce sentiment de maîtrise et de contrôle à plusieurs reprises. »

Match personnel le plus réussi : “Je pense que c’est celui de Nancy (0-2, D31). Nous jouons derrière nos rivaux directs lundi soir et nous savions qu’il fallait gagner pour revenir à la deuxième place. D’autant plus que cela faisait très longtemps que nous n’avions pas retrouvé le statut de dauphin. J’ai eu un match complet avec deux gros arrêts importants et à partir de là, nous ne pouvions tout simplement pas lâcher la deuxième place. »

Objectif le plus remarquable : « Celui contre Toulouse, bien sûr, en raison de son importance. On savait que Toulouse était championne, mais qu’elle n’allait pas faire de claquettes. Tant que c’était 0-0, nous savions qu’ils allaient tout donner. Nous devions donc marquer en premier parce que nous savions aussi que ce serait difficile pour eux de marquer pour nous ensuite. Avec le recul, je me souviens aussi d’un but à domicile contre Dijon après prolongation sur corner qui nous a permis de gagner 1-0. C’est aussi l’un des moments clés de cette ascension. »

“Nous savions que si nous marquions, ce serait très difficile pour l’opposition.”

Le secret de votre défense : « Il y a vraiment onze joueurs en défense. Tout le monde est attaché à cette idée de bien défendre et de défendre les autres joueurs. C’est dans l’ADN du club. Si vous défendez le mieux, vous avez le plus de chances car vous jouez avec un vrai bloc. Nous défendons et attaquons ensemble. De l’agresseur à moi, tout le monde s’est battu comme des chiens les uns pour les autres. Nous savions qu’une fois marqué, ce serait très difficile pour l’adversaire. Quand une équipe sait qu’elle doit nous marquer deux buts alors qu’on en encaisse très peu, elle se met forcément à douter et ça se complique pour elle. C’est un avantage psychologique qui nous a été bénéfique. Après 23 clean sheets en 38 jours, c’est juste incroyable. »

L’ambiance dans le vestiaire : « Beaucoup de négligence. Nous nous sommes dit : Hé les gars, nous sommes les premiers ! », « Nous sommes les maîtres de l’automne ! », « Ce n’est rien, nous ne prendrons pas les devants ! Si on fait ça, c’est cool ! “. On a vraiment pris ça à la légère. Personne ne nous attendait, donc on s’est dit que c’était cool de toujours rester dans les équipes de tête. Une vraie bande de potes. J’implique aussi le staff, même si la hiérarchie est respectueuse car on s’est toujours senti avec Il a gagné et perdu avec nous. Tout le monde a pu se remettre en question. Une ambiance et une saison incroyables.”

La signification du cadre : « Des joueurs comme Riyad Nouri ou encore Gaëtan Courtet ont apporté non seulement des joueurs expérimentés, mais aussi beaucoup de fraîcheur. Riyad a réalisé une saison incroyable et découvrira la Ligue 1 pour la première fois à 37 ans. C’est fou. Tout au long de la saison, il nous a répété que ce que nous vivions n’était qu’un bonus et qu’il ne fallait pas s’inquiéter ou inventer des problèmes là où il n’y en avait pas. C’est un grand symbole que c’est lui qui marque pour nous le but de l’ascension. »

« Jean-Philippe Krasso ? Nous avons dit merci ! »

Le coéquipier le plus surprenant : « Le deuxième gardien, François-Joseph Sollacaro. A chaque fois que j’étais absent, il a su être présent dans des matchs difficiles : Sochaux, Grenoble, Toulouse… Il joue dans son club, dans sa ville, où il est depuis l’enfance, c’est une émotion incroyable pour lui tous. que. Ses progrès sont fantastiques depuis que je suis au club. Il est devenu un grand gardien. »

Coéquipier le plus influent : « Le gentleman de notre seconde partie de saison : Jean-Philippe Krasso. On était une équipe sans offenser personne et on se le disait, on n’avait pas de joueur à l’étage mais quand il est arrivé on a vu que c’était un joueur qui pouvait changer le cours d’un match. C’est le joueur qui nous manquait quand on affrontait une équipe fermée : il est capable de provoquer une défense, d’exécuter un exploit ou de marquer un penalty. Avec Bevic Moussiti-Oko blessé, on n’avait plus ce profil. Nous pensions que si nous ne trouvions pas un joueur similaire, ce serait compliqué. Finalement, il est venu, et pour arriver au sommet, vous avez besoin d’un joueur de ce type. On s’est aussi dit merci après le match contre Toulouse ! C’était le facteur X.

Plus grosse déception : “Derbies. Nous avons tous les deux perdu… Le sentiment de décevoir votre public est difficile à supporter. Au-delà des résultats, nous n’avons pas réussi à incarner les valeurs qui définissent le Club ACA. On a mouillé le maillot mais on n’a pas bien abordé les deux matchs. Heureusement, nous avons fait une très bonne saison. Ce match crucial face à Toulouse nous a vraiment permis de trouver notre public. »

L’avenir : « Pour moi, retrouver la Ligue 1 n’est qu’un bonus ! Je ne vais pas me mettre la pression ou l’inquiétude, mais bien sûr je veux bien faire. J’ai joué avec plusieurs clubs en Ligue 1 mais c’est là que j’ai vu ma première promotion et c’est déjà fabuleux. Alors s’imaginer aller au Parc des Princes, à l’Orange Vélodrome avec un groupe d’amis sans penser aux résultats et au classement en ce moment, c’est génial ! »

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