Avec Bruno Genesio, Rennes a digéré l’après-Julien Stéphan

En mars 2021, responsable de la relance du Rennais, touché par la démission de Julien Stéphan, Bruno Genesius a pu ramener le Stade Rennais FC aux portes de l’Europe avant d’affronter le LOSC lors de la 38e journée de Ligue 1 Uber Eats (21h00 CET) samedi, gagnant ainsi la reconnaissance de ses pairs.

Le club venait de disputer sa première Ligue des champions mais la possession était au point mort et Rennes n’avait gagné qu’un match en deux mois. S’appuyant sur les fondations créées par Stéphan, Genesio s’est attelé à détendre les esprits et à libérer le jeu. Pour cela, il a d’abord remis Flavien Tait au cœur du projet : courses folles, balles récupérées, dribbles et passes rapides, ce grand décapant hors du terrain a donné du mordant à l’équipe.

Et Genesio a instauré un jeu aux permutations permanentes entre joueurs en phase offensive, dans lequel plusieurs Rennais se sont illustrés, à commencer par Martin Terrier : lui, qui n’avait jamais inscrit 10 buts par saison, en a marqué 5 après l’arrivée de Genesio l’an dernier et 21 ce saison. Le chéquier de la famille Pinault, actionnaire unique depuis 1998, a permis de renforcer l’effectif dans ce sens l’été dernier avec Gaëtan Laborde, Baptiste Santamaria et Lovro Majer.

“Beaucoup de liberté”

Le coach nous donne beaucoup de liberté », a déclaré jeudi le capitaine Hamari Traoré. ” Le groupe n’a pas de star, tout le monde essaie de travailler les uns pour les autres, tout le monde a fait sa meilleure saison… » D’où un match souvent spectaculaire et une saison record, malgré quelques trous d’air parfois douloureux qui obligeront Rennes à se battre pour une place européenne jusqu’à la dernière minute samedi.

Toutes compétitions confondues, les Rouge et Noir ont inscrit 99 buts cette saison. Et en Ligue 1, Uber Eats a déjà égalé ou dépassé son record de points sur une saison (65), de victoires remportées (20), de buts marqués (80) et de différence de buts (+42).

Depuis le début de l’ère Genesio, les Rennais ont en moyenne 1,77 points par match, devant Guy Lacombe (2007-2009, 1,64 points) et Julien Stéphan (2018-2021, 1,60 points). Cela n’est pas passé inaperçu auprès des collègues de l’ancien Lyonnais qui, à 55 ans, vient d’être élu meilleur entraîneur du championnat par les Trophées UNFP. Une reconnaissance, peut-être tardive après ses années à l’OL (2015-2019), marquée par des résultats réguliers et des héroïsmes européens mais une méfiance grandissante des supporters lyonnais. Rien de tel à Rennes, où les Ultras du RCK ont encore une fois applaudi le coach samedi.

“Pas de vengeance du tout”

Ce n’est pas du tout une vengeance », a assuré Genesio après avoir reçu son prix, en se souvenant de ce qu’il devait aussi à son ancien club. ” J’ai été formé dans une école où l’aspect offensif était très important […]. J’ai conservé cet héritage, mais j’ai aussi la chance d’avoir des joueurs de qualité et talentueux qui font que cela se produise. »

Samedi à Lille il doit les aider à lutter contre ce qu’il ” croyances limitantes », ces statistiques qui pèsent sur les espoirs. En 45 déplacements à Lille dans l’élite, Rennes n’a gagné que 3 fois, en a perdu 26 et fait 16 nuls, dont en 2007 par une égalisation de Nicolas Fauvergue qui a fait tomber les Rouge et Noir de leur premier podium de Ligue 1 en 93 minutes. le dernier jour.

Cette année, un match nul assurerait à Rennes une place en Ligue Europa. En cas de défaite, ils sont à la merci d’un retour de Strasbourg et de Nice. Mais s’ils gagnent, ils peuvent monter sur le podium en cas de défaite contre Monaco à Lens ou Marseille contre Strasbourg. Parmi la multitude de scénarios possibles, il y en a donc un dans lequel Stéphan, qui connaît désormais un franc succès à Strasbourg, peut priver les Rennais de Genesio d’un 5ème Championnat d’Europe consécutif. Et un autre où il pourrait les envoyer en Ligue des champions pour la deuxième fois.

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