Auxerre monte et envoie Saint-Etienne en L2

Des larmes de joie dans un ouragan de colère. Dans cette atmosphère de chaos, la saison nationale s’est terminée après une bataille historique entre deux bastions du football français. L’AS Saint-Etienne, au bord du gouffre toute l’année, a terminé sa campagne avec un score global qui aurait dû la placer en Ligue 2. Mais il s’est donné une chance de sauver sa place dans un barrage irrespirable face à l’AJ Auxerre, autre monument dont la campagne devrait équivaloir à rejoindre. Au final, tout ce beau monde a enfin connu une issue tant attendue – tant redoutée pour les Verts, tant espérée pour les Bourguignons. C’est l’histoire du football.
Auxerre est restée fidèle à sa philosophie

Après le match aller 1-1, on pouvait imaginer les Verts dans une position plutôt confortable. Après tout, le club du Forez était chez lui, dans son chaudron ardent et remplacé aux trois quarts, avec une place en Ligue 1 d’entrée puisque les buts à l’extérieur sont toujours valables dans ces barrages. Mais c’est exactement le contraire qui s’est produit. Jean-Marc Furlan s’est certainement inspiré des grosses galères du printemps en Ligue des champions pour rappeler à son effectif que l’équation est plus simple quand il n’y a pas de calculs à faire.

Saint-Etienne a bien débuté la partie, avec une pression suffocante. Et qui sait quel résultat aurait été réservé aux Auxerrois si Donovan Leon n’avait pas sauvé les meubles d’un tir croisé de Bouanga d’entrée (7e). Les Verts ont progressivement perdu ce rythme lorsque l’AJA a commencé à tisser sa toile dans son camp. Courageux, audacieux, admirablement tenaces, les hommes de Jean-Marc Furlan n’ont jamais dévié de leur leitmotiv : trouver leur salut par le jeu. Malgré l’effort. Auxerre a donc commencé à confisquer le ballon pour faire reculer les Verts, qui ont frôlé le break à la pause.

Lorsque l’AJA est revenue des vestiaires, elle a trouvé l’ouverture. Après un très beau mouvement collectif, Hamza Sakhi améliorait un centre précis de Mathias Autret grâce à une puissante frappe du casque (0-1, 51e). Auxerre aurait pu et dû faire le break après une énorme occasion de Gauthier Hein, mais le tir en boucle du petit ailier bleu s’est envolé du cadre après un joli crochet. Les Verts en profitaient pleinement lorsque Mahdi Camara utilisait une tête d’Enzo Crivelli après un corner pour tromper Donovan Leon (1-1, 77′).
Libération pour l’AJA, Chaos pour les Verts

Les lignes se sont étirées et l’odeur du chaos s’est accrue. L’AJA a maintenu sa ligne de conduite. ACE, il comptait battre ses accélérateurs. Le contraste des styles était total. Et à ce petit jeu la balance penchait, une fois de l’autre côté, jusqu’à ce que la nuit tombe. Personne n’a trouvé l’erreur. Ni dans le temps réglementaire – malgré une occasion de Bouanga (87e) – ni dans le temps additionnel, irrespirable de part et d’autre.

Ce barrage a été décidé aux tirs au but. Et comme contre Sochaux au tour précédent, les Auxerrois ont converti toutes leurs tentatives alors que Donovan Leon en a stoppé une. Birama Touré a converti un penalty définitif pour propulser l’AJA en Ligue 1 dix ans après la relégation de ce grand club. Le chaudron, prêt à exploser comme une cocotte-minute, sombrait alors dans le chaos tandis que les Auxerrois éclataient en acclamations. C’est ainsi que le film devrait se terminer.

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