Akim Zedadka, la volonté de croire

Akim Zedadka, nouvellement convoqué par Djamel Belmadi, poursuit son ascension fulgurante après avoir enduré de nombreuses galères. Le côté droit passe à nouveau la grille DZfoot.

Les carrières dans le football ne sont pas toutes linéaires. Si les exemples de Kylian M’nappé ou d’Erling Haaland font rêver plus d’un jeune, qui imagine difficilement sa majorité acquise avec 40 buts en 1ère division, ce ne sont que des cas très (très) rares, qui ne reflètent en rien la réalité. du football mondial.

S’il y a une première division, c’est parce qu’il y en a d’autres, beaucoup d’autres en dessous. S’il y a des professionnels, c’est aussi parce qu’il y a des amateurs. Au final, pour Akim Zedadka, il n’y a pas eu de clivage radical, le joueur connaissant bien les deux environnements. Né le 30 mai 1995 à Pertuis, dans le sud-est de la France, il connaît pourtant dans un premier temps un parcours classique.

Formé au FC Istres, où sont notamment passés Nassim Akrour ou Walid Mesloub, Zedadka découvre la Ligue 2 en 2014 à l’âge de 19 ans. Le club provençal, traversant une importante crise de leadership, y est relégué en National (3e division française) puis Zedadka s’est peu à peu imposé. Formé comme ailier droit, il repasse au poste d’arrière latéral et y montre ses qualités offensives avec 4 buts en 21 matchs.

Le Racing Club de Lens, alors en alternance entre la Ligue 1 et la Ligue 2, le repère et le fait entrer dans son équipe réserve. Là, Zedadka a progressé à son rythme et a fait quelques apparitions professionnelles et a même marqué un but professionnel. Le club du nord de la France juge ce bilan insuffisant et décide de ne pas renouveler le contrat du grand frère de Karim Zedadka, actuellement à Naples. Pour le côté droit, c’est aussi la galère avec un ligament croisé déchiré, qui l’a ensuite handicapé pendant de longs mois.

Plus la chute est grosse, plus la montée est belle ?

C’est le début du fourgon de queue pour Akim, alors âgé de 21 ans et au chômage. La galère incitera même le joueur à quitter le football, qui se verra proposer de reprendre ses études ou de consulter le Pôle Emploi. Finalement, il doit décider de repartir d’un niveau bien inférieur et signe avec l’AS Saint-Rémoise, petit club de National 3 (5e division française) où il s’entraîne pourtant régulièrement à haute intensité. Dans les colonnes de Ouest-France, le joueur revient donc sur ces quelques mois très difficiles : «Le temps a passé et j’ai compris qu’il fallait que je gagne de l’argent, alors j’ai pris mon chômage tout en continuant à jouer au foot parce que ça me plaisait. J’étais dans un club de N3 à Saint-Rémi de Provence, une équipe proche de chez moi. Je devais jouer pour me pousser et je voyais toujours ça comme mon travail, même si ce n’étaient pas des stages professionnels avec seulement trois entraînements par semaine.»

Ses bonnes performances en Ligue Méditerranée, mais aussi le fameux stage UNFP qui permet aux joueurs sans emploi de s’entraîner dans des conditions professionnelles, lui permettront de travailler à Marignane, un autre club provençal alors en National (3e division) joue à se remettre sur pied. . Là, Zedadka est un titulaire incontesté et en Coupe de France il rencontre notamment un certain Clermont Foot, contre qui il excelle.

Découvert par le club auvergnat, Zedadka retrouve enfin le monde professionnel mais avec un œil différent, celui d’un joueur qui a connu l’échec et veut plus que jamais réussir, comme il l’expliquera à Foot Mercato : “Revenir dans le monde professionnel me permet de faire des choses que je n’ai pas forcément faites à Lens. Ce n’est pas fou pourtant, mais je suis encore plus sérieux qu’avant, j’ai une hygiène de vie très saine.»

A Clermont, qui n’est pas un club destiné à jouer en première division, il s’est bien amusé et a même été élu dans l’équipe standard de Ligue 2 BKT lors de la saison 2020-2021. Puis, sous les ordres de Pascal Garétien, connu pour sa détermination à faire jouer son équipe, l’inattendu se produit : Clermont est promu en Ligue 1 Uber Eats et Akim Zedadka y débutera.

Sous les caméras du monde entier, le latéral droit continue d’apprendre au plus haut niveau et se montre régulièrement à son avantage. Il jouera ni plus ni moins que les 38 matches de championnat de son club, fournissant 3 passes décisives et s’assurant que son nom est revendiqué par de nombreux membres de l’équipe nationale. Djamel Belmadi expliquera également en conférence de presse qu’il suit le joueur mais a certains défauts.

L’histoire ne s’arrêtera évidemment pas là et Akim Zedadka, qui rejoindra officiellement le LOSC cet été pour poursuivre sa progression, a finalement été appelé en équipe nationale. Aujourd’hui âgé de 27 ans, en constante évolution, ayant connu tous les niveaux du football français, le latéral droit peut enfin continuer à rêver de grands rêves s’il s’en donne les moyens.

DZfoot

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