42 mois et 238 millions engloutis vers la Ligue 2

Depuis que M6 a vendu le club à la pochette GACP/King Street en novembre 2018, les deux sociétés ont versé environ 170 millions sous diverses formes, avec un rendement limité et une partie qu’elles ont déjà cédé. Ajoutant les 2 millions apportés…

Depuis que M6 a vendu le club à la pochette GACP/King Street en novembre 2018, les deux sociétés ont versé environ 170 millions sous diverses formes, avec un rendement limité et une partie qu’elles ont déjà cédé. Ajoutez à cela les 2 millions de GACP en 2018, les 10 millions de Jogo Bonito (société de Gérard Lopez) et un solde de transferts positif de 53 millions d’euros circulés sur la période, 238 millions sans hausser la barre.

1 70 millions d’euros pour le rachat

Dès le début pour acheter le club de M6 à l’appel de GACP, King Street a payé 68 millions d’euros lorsque GACP en a apporté 2. Les deux fonds espéraient alors, outre la rémunération des parts (12,5 % les deux premières années) d’une part et celle du management d’autre part, ajouter de la valeur à moyen terme via la valorisation des club dans une Ligue 1 renforcée par les futurs droits TV à pouvoir atteindre. Nous connaissons le reste.

C’est un reproche à M6 : ne pas quitter le club pour un euro symbolique, demander à l’acheteur d’investir la somme versée, à l’image de l’accord pour l’arrivée de la chaîne en 1999 (achat d’un franc symbolique, 120 millions de francs – 20 millions d’euros – investi immédiatement). Le PDG du groupe M6, Nicolas De Tavernost, se défend en soulignant que les 100 millions récupérés (plus une partie du transfert de Malcom) ne couvrent pas la totalité des cotisations de M6 depuis 19 ans.

King Street, qui a acheté les actions de GACP en décembre 2019 pour évincer son ex-partenaire, a laissé toutes ses actions dans Jogo Bonito l’été dernier sans divulguer les termes de l’accord.

2 40 millions d’euros engloutis rapidement

C’était l’autre aspect de la vente de 2018. Un prêt de 40 M€ pour le compte du club à Fortress, qui devrait permettre des investissements pour (re)démarrer le club. Il a été englouti en quelques mois.

Alors que le premier mercato (en janvier 2019) de l’ère américaine était marqué par les investissements des joueurs (7,7 M€ chez Adli, Maja et Bellanova), le second servait déjà à récupérer de l’argent pour boucher le trou (solde positif de 27 M€) . ). Car alors que le club a déjà enregistré un déficit structurel compris entre 6 et 21 millions d’euros depuis 2012 sans transferts, le train de vie s’est démultiplié dans le même temps. Les chiffres que la Banque Rothschild et Cie ont partagés avec les cibles d’OPA au cours de l’année écoulée sont ahurissants : une masse salariale annuelle globale qui à elle seule entre la dernière saison de la direction de M6 (2016-2017) et la première de GACP/King Street de 25 millions d’euros à elle seule (2019- 2020), dont près de 17 millions pour les effectifs et les professionnels ; Les honoraires des agents sont passés de 2,4 millions d’euros annuels à 5,2 millions d’euros, les frais de déplacement sont passés de 2,3 à 4,4 millions d’euros, les “Autres dépenses” sont passées de 16,1 à 27,2 millions d’euros.

Globalement, les “surcoûts” sur la base de 2016-2017 (terminé 6e place) sur trois exercices (2018-2019, 2019-2020, 2020-2021) s’élèvent à 69,4 millions d’euros. A cela s’ajoutent les charges financières liées aux emprunts et à la compensation des fonds propres (un total de 13 millions d’euros sur les trois ans).

Sur la base des années 2016-2017, les surcoûts de fonctionnement entre 2018 et 2021 s’élèvent à 69,4 millions

En supposant l’explosion du budget, GACP a affirmé être en mesure de le couvrir grâce à l’augmentation des résultats, des revenus du marketing et des stades et des échanges de joueurs. Le classement final a finalement été en deçà des attentes (14e en 2019, 12e en 2020 et 2021) et aucun joueur recruté n’a pu apporter de valeur ajoutée, les deux seuls notables étant Jules Koundé et Aurélien Tchouaméni (formés en club). Les revenus de sponsoring et de billetterie étaient à peu près stables avant l’arrivée du Covid.

3 75 millions d’euros pour survivre

Depuis le rachat par la seule King Street en décembre 2019, la devise est de déconstruire au maximum l’héritage de 18 mois de gestion GACP. Diminué de 4 millions d’euros, le salaire des joueurs reste cette saison supérieur de 8 millions d’euros à celui de 2016-2017. D’une sévérité délibérée, les indemnités versées aux entraîneurs depuis deux ans (2,2 millions d’euros à Paulo Sousa, 1,3 million d’euros à Jean-Louis Gasset, environ 8 millions d’euros en attente à Vladimir Petkovic) sont des entorses. Le désir de reprise a évidemment été compliqué par la crise sanitaire et celle des droits télévisés (38 millions de manque à gagner en 2020-2021).

Pour que le club affronte et passe les contrôles financiers de la DNCG, King Street a réalisé deux augmentations de capital (15 M€ en juin 2020, puis 30 M€ en décembre 2020) avant de décider d’arrêter (partiellement) les dépenses. Pour accompagner le plan de relance de Gérard Lopez l’été dernier, le fonds a accepté un nouvel apport sous la forme d’un prêt pouvant aller jusqu’à 12,5 millions d’euros. En outre, Fortress a accordé un autre prêt de 7,5 millions d’euros. Jogo Bonito, la société de Gérard Lopez, a réalisé une augmentation de capital de 10 millions.

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