Vingt ans après leur premier sacre en Ligue 1, les supporters “vibrent de nostalgie” avant le match des héros.

Au Parc OL,

Il n’y avait quasiment pas de maillots de Lucas Paqueta ou Maxence Caqueret parmi les 22 901 spectateurs du Parc OL mardi soir. En revanche, il y avait de jolies pièces floquées aux noms de Patrice Carteron, Bryan Bergougnoux et Juninho. Car avant la visite désabusée du dernier match à domicile de cette saison de Ligue 1 samedi (21 heures) contre le FC Nantes, les supporters lyonnais de Décines (Rhône) ont vécu “une parenthèse enchantée”. A savoir un jeu des héros, qui a surtout permis de récolter 482 490 euros pour l’Unicef ​​et la Fondation OL, notamment pour venir en aide aux enfants victimes de la guerre en Ukraine.

Sept mois après sa version marseillaise, ce match héroïque mené par Sonny Anderson a réuni les joueurs de l’équipe de l’OL, champions de France en 2002, à l’occasion des 20 ans du premier de leurs sept sacres consécutifs en Ligue 1. Et “Sonnygoal” a bien fait de redonner le sourire aux supporters lyonnais, frustrés par leur actuelle 8e place en championnat et la claque en Ligue Europa face à West Ham (0-3).

Le duel entre Nuno Gomes et Cris s'annonçait comme un adversaire brûlant ce mardi au Parc OL.
Le duel entre Nuno Gomes et Cris s’annonçait comme un adversaire brûlant ce mardi au Parc OL. – Stéphane Guiochon

D’anciens grands footballeurs mis en relation avec des vidéastes sur le site de la Team Unicef

Avant ce match de gala, le joueur de 51 ans affrontait une équipe combative de l’Unicef ​​(Lehmann, Van Buyten, Mendieta, Nasri, Giuly… mais aussi le rappeur belge Roméo Elvis, l’humoriste Paul Mirabel et les vidéastes Michou et Inoxtag). Le Brésilien avait promis aux Bad Gones qu’il marquerait du côté nord “comme d’habitude” avant de célébrer avec les fans. Bien servi par le milieu de terrain suédois Kim Källström, Sonny Anderson a tenu parole et inscrit l’unique but de la rencontre (1-0, 70′). “C’est mon premier but dans ce stade”, sourit l’ancien capitaine de l’OL, qui a marqué pour l’équipe de Gerland de 1999 à 2003 pour permettre au club de changer de dimension.

Une époque qui passionne toujours autant les amateurs de course d’orientation que la courbe scandait « C’est champion de France de course d’orientation » presque dès le départ mardi. Si cette équipe vous prend… pour vous faire réussir… on les laissera gagner”. Une chorale d’un autre temps qu’aimaient retrouver Céline et Stéphanie (43 ans), abonnées aux Bad Gones depuis la fin des années 1990, et qui venaient à Décines avec leurs garçons le mardi soir. Ils ne cachent pas leur excitation : “C’est extraordinaire de revoir nos anciens joueurs comme Cavegoal, Anderson, Cris, Edmilson, Caçapa. Il nous plonge directement dans la nostalgie. Ils n’ont pas changé, même s’ils ont quand même pris du poids. »

“J’ai appris à aimer le football grâce à eux”

Ce n’est pas le cas de Jean-Marc Chanelet, pointu sur son flanc droit, d’Eric Carrière ou de Michael Essien, l’ex-monstrueux milieu de terrain de l’OL puis de Chelsea. S’ils regrettent que ce match n’ait pas eu lieu à Gerland, Lucie et Jérémy (30 ans) confient : “Amusons-nous ce soir car on n’a pas eu l’occasion dans cette saison pourrie de course d’orientation.” Avec son vieux Juninho- Maillot dont le flocage ne résiste pas aux années, Jérémy ne cesse d’encenser les joueurs titrés en 2002. « J’ai appris à aimer le football grâce à eux, glisse Célian à ses côtés.

Avant de se déchaîner contre leurs lointains successeurs ? « On se souvient que l’OL nous l’a fait aimer il y a 20 ans, raconte Mickaël, 30 ans, également présent à Décines mardi avec des amis Coralie et Gabriel. On était à Gerland le soir du titre, face à Lens (3-1) en mai 2002, et c’était de loin notre meilleur moment dans le sport. Puisque les titres sont loin, à part la Gambardella. »

“Ce match de héros ne peut pas tout effacer”

C’est bien simple, le dernier trophée remporté par l’OL reste la Coupe de France contre Quevilly (1-0) il y a tout juste 10 ans. “On est tous tristes quand on obtient des résultats difficiles comme cette saison”, a déclaré Kim Kallström (Lyon 2006-2012). J’avais de grands espoirs pour la Ligue Europa, qui aurait pu apporter beaucoup au club. 10 ans sans titre, c’est décidément long et ça crée des pénuries. Mais à mon époque, le PSG n’avait pas les fonds du Qatar, ce qui a changé la face du championnat. Et quand, comme M. Aulas, on est à la tête d’un club de foot depuis 35 ans, c’est normal qu’il y ait des hauts et des bas, non ? »

Depuis sa prise de pouvoir en 1987, JMA a rarement trouvé sa première équipe aussi basse au printemps. La débâcle de la semaine dernière à Metz (3-2) équivaut même à une deuxième saison sans Coupe d’Europe lors des trois derniers exercices. L’obscurité pourrait-elle être mise de côté au Parc OL mardi ? “Ce match des Héros ne peut pas tout effacer, mais si cette soirée apporte un peu de joie aux supporters, tant mieux”, note Sidney Govou.

“Un esprit collectif de camaraderie”

Comment les joueurs de Jacques Santini ont-ils abordé ce spectacle ? “Quoi qu’il arrive, on s’est dit qu’il fallait gagner ce soir”, proclame Sonny Anderson, capitaine de ce fameux premier titre de champion de France en 2002. “On voyait que même si le corps ne réagissait pas aussi vite qu’avant, la Victoire est toujours en nous », assure l’ancien défenseur central Claudio Caçapa, aujourd’hui adjoint de Peter Bosz. Pour Florent Malouda, « la culture de la victoire fait généralement partie de l’ADN du club. C’est pourquoi il y a beaucoup de frustration en ce moment compte tenu de l’incohérence de l’équipe.

Après tout, quelle était la vraie recette de cet imbattable OL sur le toit de la Ligue 1 depuis sept saisons par rapport à ce qui s’apprête à conclure ce qui est probablement sa pire saison du 21ème siècle ? L’ancien ailier gauche ou milieu de terrain Christophe Delmotte, aujourd’hui entraîneur de Valenciennes (Ligue 2), a sa petite explication.

C’est bien que le groupe se soit constitué progressivement, avec seulement deux ou trois changements par saison. Les équipes les plus performantes de l’OL sont venues après 2004. Il y avait beaucoup de camaraderie collective avec des joueurs courageux. Cela nous a aidés à nous dépasser dans des matchs difficiles, à nous surpasser bien au-delà de ce que nous pouvions faire. Sonny, puis d’autres nous ont tirés vers le haut. Ce sont les fondations collectives qui nous ont rendu ces titres possibles. »

“Tout le monde doit s’entendre à merveille”

Admirée par Jo-Wilfried Tsonga, “l’extraordinaire domination de l’OL dans les années 2000” a une nouvelle fois montré toute la “cohésion des vestiaires” mardi soir. Félicitations à l’attaquant Sonny Anderson pour terminer cette soirée amusante.

« Si vous avez toujours la volonté de gagner, ce n’est pas perdu, ça dérape. Notre groupe d’amis s’est bien amusé il y a 20 ans et c’était pareil là-bas. Une famille se construit. Nous devons comprendre ensemble ce que signifie gagner. Il est particulièrement important que le club s’entende bien avec les supporters, tout comme les supporters s’entendent bien avec les joueurs. Pour qu’une famille s’épanouisse, tout le monde doit s’entendre à merveille. “Sur ce point, le club a encore beaucoup de marge de progression pour l’activer d’ici le début de la saison prochaine.

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