Ligue 1 : Le milliard et demi de CVC alimente déjà les premiers doutes

Le fonds d’investissement CVC a récemment acquis une partie de la société de négoce LFP pour 1,5 milliard d’euros. Surnommé le “sauveur du football français” par Vincent Labrune, des doutes subsistent sur le rôle majeur que pourrait jouer la société luxembourgeoise et les décisions qui pourraient en découler, rapporte Le Parisien.

Dans le football, comme dans tous les secteurs de la société, celui qui a l’argent a le pouvoir. Le fonds d’investissement luxembourgeois CVC Capital Partners s’est donc acquis une place de choix dans le football français en acquérant il y a quelques semaines 13% de la société commerciale de la Ligue de football professionnel pour 1,5 milliard d’euros (dont le PSG a récupéré 200 millions d’euros). Lorsque le président de la LFP Vincent Labrune déclare que le « Le football français a été sauvé », des doutes subsistent sur la présence d’un tel investisseur, rapporte Le Parisien.

En particulier, CVC, en charge de la promotion et de la vente des droits télévisuels du championnat de France, vise à mieux promouvoir la Ligue 1 à l’étranger, sans négliger d’augmenter le contrat actuel sur le territoire national. A cet effet, la vision du fonds d’investissement luxembourgeois est tournée vers le moyen terme, comme le note le quotidien régional. Leur objectif est de faire évoluer le produit Ligue 1 avant de revendre plus tard leurs participations et d’ajouter une valeur significative, explique Arnaud Simon, gérant du cabinet In and Out Stories, qui conseille plusieurs fédérations de ligues sportives.

CVC l’a déjà fait avec la Formule 1, prenant une participation majoritaire en 2006 pour 950 millions d’euros avant d’être vendu près de dix ans plus tard pour 4,7 milliards d’euros. Cette fois, cependant, CVC bénéficie d’une clause de sauvegarde qui porterait sa participation à 14% (au lieu de 13) si les bénéfices sont inférieurs à un certain montant, informe Le Parisien. Preuve que le sauveur du football français est avant tout un acteur financier et certains craignent donc le poids que pourrait avoir CVC dans certaines décisions. Il est prudent de supposer que le fonds d’investissement fera tout ce qu’il faut pour pousser dans la direction qui rapporte le plus d’argent, pas nécessairement pour le bien du sport lui-même.

Des doutes sur la vision sportive de CVC

Selon Arnaud Simon, c’est même une condition sine qua non pour prendre des décisions lorsqu’on investit une telle somme : « CVC aura un avis sur la manière dont la Ligue 1 peut évoluer. Cela peut être le format (playoffs, un autre système de haut en bas), l’expérience de la compétition (arbitres, micro-équipes), une version plus engageante et plus immersive pour les fans (ouverture des vestiaires plus façon NBA, réalisation de documentaires pour Netflix ) ou même des horaires personnalisés pour les émissions à l’étranger. « Cependant, Le Parisien précise qu’une loi prévoit que la FFF peut opposer son veto à des modifications contraires aux intérêts du sport.

Mais cela n’effacera jamais le fait que CVC est là principalement pour faire du profit. Selon l’économiste du sport Luc Arrondel, Ils essaieront de minimiser le risque sportif. “Cela peut se produire de plusieurs façons, notamment” Arbitre vidéo, mais il peut aussi y avoir une volonté de limiter la descente. Ces questions se posent également dans les autres sports dans lesquels CVC investit, notamment le Tournoi des Six Nations. Un proche de la fédération française de rugby se demande même si « On a signé avec un bienfaiteur ou avec le diable “, là dans ses yeux” celui qui détient les droits de publicité et de diffusion a le plus d’influence sur l’organisation des compétitions. »

Malgré tout cela, l’arrivée de CVC au capital de la société commerciale de la LFP est pourtant cruciale pour que les clubs français puissent rembourser les dettes accumulées depuis le début de la crise du Covid-19. Mais la répartition prévue des revenus des droits TV pourrait conduire à la même situation qu’avant Covid, car la répartition des revenus internationaux, qui doit fortement augmenter, dépendra des points UEFA de chaque club, alors que le système de répartition des droits nationaux reste inchangé ( sauf si le deal est compris entre 700 M€ et 1 Md€, voir ici).

Par ailleurs, l’investissement de CVC dans le capital de la société commerciale LFP laisse planer des doutes sur le poids que pourrait avoir CVC dans les décisions sportives futures, étant donné que le fonds d’investissement luxembourgeois détient également une participation dans la société commerciale du championnat espagnol. Certains s’interrogent donc sur les conflits d’intérêts que cela pourrait engendrer dans les négociations internationales pour la vente des droits TV des deux championnats. La LFP est convaincue de ce partenariat et table sur un doublement de ses revenus d’ici 10 ans.

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