“On veut plus d’arrivées de joueurs que de départs”

la voix brisée et les yeux fatigués. Il faut dire qu’il a tout donné au Président pour suivre l’enthousiasme de ses jeunes joueurs deux soirs de suite. Cela samedi, après la victoire face à Nîmes (2-1) et le sacre officiel des champions de France de Ligue 2. Que dimanche, après la cérémonie au Capitole, acclamée par les supporters réunis devant la mairie. Damien Comolli, président d’un des 20 clubs de Ligue 1 la saison prochaine, était l’invité d’honneur de la matinée de France Bleu et France 3 Occitanie.

Avez-vous repris vos esprits après ce week-end de folie ?

Pas tout à fait, c’est un peu difficile ! Les journées sont extrêmement intenses et les nuits très courtes, c’est une accumulation. Il faut redescendre sur terre car on a toujours un match à gagner dans quelques jours, c’est la réalité du sport de haut niveau. Mais c’est toujours un sentiment unique.

Ils jouent à Ajaccio samedi. Il n’est plus d’une grande importance sportive….

Ce match est plus important pour nos adversaires que pour nous, c’est vrai. Mais c’est un match qu’il faut gagner, comme tout le monde. En deux saisons, nous avons gagné 57 matchs, c’est un exploit incroyable.

Nous nous sentons privilégiés d’avoir ces supporters avec nous !

Le grand retour des supporters, l’amour retrouvé, était-ce l’un de vos objectifs ?

Oui, dès notre arrivée, quand nous avons acheté le club, nous avons repris la métaphore de l’île Ramier, dont les ponts avaient été détruits comme symbole le manque de relations entre le club et sa communauté, Le club et sa ville. Avec le Covid on a été ralenti même quand on a vu des choses. Et cette saison ça a été exceptionnel, l’équipe a nourri les supporters et vice versa. Une belle symbiose se crée.

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Gérer mes choix

Ils ont disputé un match à guichets fermés face au Paris FC, puis face à Nîmes samedi devant 28 000 spectateurs. Est-ce grâce à ton super travail de communication que tu as pu faire ça ?

Oui, nous avons dû renouer avec la ville, nous avons essayé différentes choses, des choses sympas sont sorties de ce que faisaient les autres clubs. Nous avons beaucoup travaillé, mais merci à nos supporters. Ce sont eux qui ont fait les voyages à l’autre bout de la France. Nous nous sentons privilégiés.

Est-il vrai que vous aviez promis dès le premier jour de la saison l’été dernier que vous deviendriez champions de France ?

Oui, 100% vrai. Dès la reprise de la saison, vers les 23-24 juin, j’ai réuni le staff technique et les joueurs avec un slide. Et dans le dernier “slide” sur nos ambitions, j’ai posé le trophée de champion de Ligue 2, je leur ai dit”C’est pour ça qu’on est là, on n’accepte rien d’autre que la première place“Les joueurs ont tout donné et ça a marché ! Officiellement, on s’était dit qu’on voulait monter et être dans les deux premiers, mais entre nous on s’est dit La deuxième place n’a jamais été envisagée.

C’est ton premier titre de leader, c’est ton premier titre. C’était un rêve ?

En tant que président oui, c’est mon premier titre, mais en tant que leader (NDLR directeur sportif) J’en ai gagné quelques-uns à Liverpool et à Tottenham. Ce matin j’arpentais les allées Jean Jaurès sur mon chemin et j’ai vu tous ces panneaux violets “bravo le TFC”, j’étais très fier et Je pense que nous avons parcouru un long chemin. Dans le football de haut niveau, on pense souvent au prochain match, pas vraiment à la fin. Mon rêve était de voir le stade plein, on l’a fait contre le Paris FC, 24 000 contre Niort, presque complet samedi contre Nîmes et 18 000 personnes qui ont fait la fête avec nous hier. Honnêtement, je leur rends hommage à notre communauté, à nos supporters. On m’a dit qu’il n’y avait pas de passion à Toulouse. Je connais des gens qui viennent de Béziers pour voir le TFC.

Avez-vous reçu des messages d’autres dirigeants du football ravis de voir Toulouse en Ligue 1 ?

Oui, par le président du PSG Nasser el-Khelaïfi, par M. Petrov, le président de Monaco, par le président de la Ligue. Ce qui me touche le plus c’est l’actualité des présidents des clubs sportifs toulousains, nous avons un groupe Whatsapp commun. Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, qui m’a appelé peu après notre match de samedi, m’a rappelé hier matin pour nous féliciter. Eux, ce qu’ils ont fait à Dublin samedi, est extraordinaire.

Nous garderons les places en tribune de Ligue 1 très abordables

Les prix des places en Ligue 1 vont-ils augmenter l’année prochaine ?

Le nombre de places augmentera légèrement, mais nous voulons garder un stade populaire. Il y aura des places chères pour ceux qui recherchent une performance et des places à des prix très bas parce que nous voulons faire vivre des tribunes populaires. C’est l’une des leçons que nous avons apprises cette année, nous avons de nouveaux supporters, nous avons développé une communauté que nous n’avions pas auparavant. On l’a vu contre le Paris FC, un public plus féminin et beaucoup de gamins. Nous aurons donc des stands financièrement très abordables.

Pouvez-vous confirmer que Philippe Montanier sera l’entraîneur des Violets en Ligue 1 ?

Oui, je suis même étonné qu’on me pose la question, à nos yeux il n’y avait pas d’autre alternative. Nous travaillons sur la programmation et la préparation de la prochaine saison depuis plusieurs mois.

Coach Philippe Montanier et le précieux trophée.
Coach Philippe Montanier et le précieux trophée. ©Radio France
Thomas Vinclair

En parlant de joueurs, le but est-il de garder toutes les pépites que vous trouvez ?

Le but est toujours de garder les joueurs qui nous apportent de la performance, c’est clair. Le problème est que nous ne sommes pas les seuls à prendre les décisions. Les joueurs ont aussi leur mot à dire. Vous êtes très demandé, car nous savons que nous avons refusé de répondre aux appels d’offres. Et les joueurs ont mis l’intérêt collectif au-dessus de l’individuel, ils n’ont pas parlé de leur avenir pour se concentrer sur l’ascension. Je ne sais pas combien de joueurs partiront, le moins possible. Je suis intéressé par le nombre de joueurs qui viendront. Nous suivons depuis un mois, un liste de sélection de joueurs qui sont nos priorités. Il y aura une vague avant le 30 juin, puis une seconde en été.

Branco Van Den Boomen dit qu’il a une chance sur deux de rester. L’argent compte-t-il ?

Le joueur décide. Ça peut être l’argent ou l’aspect sportif si un grand club européen le demande. Nous restons réalistes sur le fait que nous sommes un club de Ligue 2 et que nous aurons moins de moyens que les autres clubs de Ligue 1.

Je suis sûr que nous serons compétitifs l’année prochaine.

Le budget est-il viable l’année prochaine ou cherchez-vous de l’argent?

Absolument tenable, on a le budget pour faire les investissements pour avoir une équipe compétitive en Ligue 1. Nous n’avons pas besoin d’argent des actionnaires ou d’argent externe. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous le gagnons, nous avons nos propres ressources grâce à un travail sur la billetterie, sur le sponsoring. Tout ce que vous gagnez est réinvesti dans l’équipe.

Quels sont vos objectifs en Ligue 1 ? Top 6/Top 8, vous avez dit ça ?

À long terme, oui, bien que nous poursuivrons des objectifs à plus court terme l’année prochaine. L’année prochaine, il y aura quatre relégations, quatre clubs de Ligue 1 relégués en Ligue 2, Nous sommes dans un énorme désavantage concurrentiel financier par rapport aux clubs qui sont déjà en L1 puisque les fonds versés cette année seront répartis de manière à ce que nous recevions moitié moins que les autres clubs. Mais je suis convaincu que nous pouvons être compétitifs. L’objectif pour la saison prochaine est d’aller le plus haut possible sans se fixer de limite. Il faut juste trouver quatre clubs qui terminent derrière nous. Et puis continuer à grandir et se stabiliser au sommet de la Ligue 1.

Et vous, vous voyez-vous rester plus longtemps à Toulouse ?

Je n’y ai pas pensé. Chaque fois que je vais dans un club J’ai toujours une perspective de cinq ans et une perspective de dix ans. Et en tant que président vous vous projetez encore plus qu’en tant que directeur sportif. Je ne pense pas à mon avenir. Pour moi, il est naturel de continuer ici. Chez Red Bird on parle de développements sur 5 et 10 ans comme les investissements dans le stade, le centre d’entraînement etc. En moyenne le background de Red Bird reste 12 ans dans une entreprise, on a le temps de le voir venir.

  • Prochain match du TFC ce samedi 14 mai à 19h00, Ajaccio-Toulouse à suivre contre France Bleu Occitanie

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