Ligue 2 ou pas, les fans exhortent le club à “recommencer”

C’est aussi à ça qu’on reconnaît un grand club, au nombre de réactions et de commentaires que ses résultats et plus généralement sa direction suscitent au quotidien. Autant dire que connaissant un peu le contexte bordelais depuis une dizaine d’années, nous nous attendions à recevoir (beaucoup) de réponses à notre appel à contribution sur les Girondins de Bordeaux cette semaine, autour de cette question « Qu’est-ce qui doit changer ? », alors que ce club historique du football français file droit vers la Ligue 2. Et effectivement, 20 minutes Reçu des dizaines de messages. Certains ont effleuré l’image de Damien en avouant “avoir pleuré deux fois dans le stade récemment”, d’autres plus longtemps et parfois de manière très argumentative au point qu’on aurait pu les transférer à la direction actuelle du club.

Par conséquent, nous tenons à nous excuser de ne pas pouvoir tous les transmettre. Mais au final, ces témoignages pleins de consternation et de colère ressortent souvent pareils. “Le club ne me dit plus rien, il a depuis longtemps perdu son identité et ses valeurs”, résume Vincent, l’un des plus résolus. Aujourd’hui je rêve d’un destin à Strasbourg ! La plupart ne vont pas aussi loin que ce supporter, mais ils partagent tous l’idée de “repartir de zéro”. Trois souhaits reviennent sans cesse au fil des rapports : restructurer le club après des années de mauvaise gestion, reconstruire les sportifs autour du solide centre d’entraînement et enfin remettre de l’ordre pour que chacun reste plus accessible et vivant à sa place.

Partir de zéro, mais où et avec qui ?

Cette idée de repartir de zéro découle avant tout d’un constat fait par Philippe : « Le projet des Girondins est énorme et quasiment impossible à résoudre. “Lorsque les espoirs d’un nouveau départ sont revenus l’été dernier lorsque Gérard Lopez a repris le club après trois années de grandes bêtises, symbolisées par la gestion désastreuse des fonds d’investissement américains GACP et King Street, il a vite été déçu. En dehors du terrain (supporters, finance, institutions…) ça va peut-être un peu mieux, mais c’est encore pire en haut puisque les Girondins sont proches de la relégation avant leur déplacement à Angers ce dimanche (15h). Mais où résumer ce projet « énorme et presque insoluble » ? Ligue 2 ou N3 ? Il y a un vrai clivage entre supporters sur cette question, même si une petite majorité souhaite que le club conserve son statut professionnel.

Pour Vincent (le second du groupe) “Il faut utiliser cette potentielle relégation pour restructurer le club et avoir des ambitions pour suivre ce qu’il est devenu aujourd’hui. Laurent développe en ce sens : « La première chose à changer, c’est d’arrêter de se penser comme ce qu’on n’est plus depuis longtemps et de travailler. On ne réussit pas parce qu’on s’appelle les Girondins de Bordeaux, on réussit parce qu’on travaille ensemble. Cette humilité ne nous empêche pas d’être ambitieux. « Nous sommes le plus professionnel de tous les clubs amateurs, accuse Mathieu.

Après le « où » vient la question du « avec qui » ? Et l’une des petites surprises de notre levée de fonds est l’absence de critiques envers Gérard Lopez. Le propriétaire et président de Marine et Blanc est plutôt épargné. Pourquoi ? Philippe résume le sentiment général :

« Il devrait probablement y avoir des gens qui jouent avec leur argent et non avec des prêteurs invisibles. Des gens qui prennent des risques et pas seulement un salaire. Mais, par exemple, aucun des grands actifs bordelais n’a esquissé la moindre tentative de projet de redéveloppement pour 2018 ou 2021. Ce sont des gens d’affaires intelligents qui ne veulent pas investir dans un gouffre sans fond. »

Lopez, il n’avait pas peur d’y aller. En revanche, c’est le management de l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois qui fait grincer des dents. Les partisans, par exemple, demandent à l’unanimité la nomination d’un vice-président. Un président “qui sera là tous les jours, car quand le chat n’est pas là, les souris dansent”, comme l’explique Sébastien. L’un de ses homonymes aimerait un “président local qui redoublerait d’efforts pour promouvoir les intérêts du club ou bousculer les joueurs en cas de besoin”. En ce sens, Vincent lance spontanément les noms « Johan Micoud, Stéphane Martin ou Laurent Blanc pour incarner le club au quotidien et permettre à Admar Lopes [le directeur technique] se concentrer sur l’athlète. “Généralement, Charles” souhaite le retour de certains succès passés du club pour inculquer les valeurs de celui-ci. »

Enfin restructurer le club

C’est peut-être aussi une des petites surprises de notre appel à contribution, les nombreux rapports sur la structure de l’association. L’idée largement répandue selon laquelle les supporters ne s’intéressent qu’aux résultats serait donc fausse. Beaucoup d’entre eux se souviennent à quel point les Girondins de Bordeaux aujourd’hui, avec leurs 300 salariés et leurs frais fixes insensés, sont un club complètement surdimensionné par rapport à leur niveau sportif. Tout simplement : “Le nombre d’employés du club augmentait à mesure que le niveau sportif baissait et M6 cachait la misère en comblant le déficit structurel à la fin de chaque année”, lance “Soubi”.

Selon le bilan de la DNCG pour la saison 2020-2021, les Girondins ont une masse salariale de 65 M€. C’est le septième plus grand de Ligue 1, alors que le club languit dans la deuxième partie de tableau depuis trois ans. A titre de comparaison : Lens a une masse salariale de 34 millions d’euros, Strasbourg 32, Reims 34, Montpellier 41, Nantes 45… Et cette anomalie bordelaise dure plus d’une décennie, même si bien sûr les salaires des joueurs y sont pour beaucoup. avec ça. En tout cas, elle interroge Anthony : “Vu la façon dont le club fonctionne en ce moment, je me demande à quoi servent tous ces gens là, c’est disproportionné pour moi. Il y a beaucoup de gens qui profiteront de la soupe et contribueront indirectement à cette situation tant que ça s’arrêtera et qu’on nettoiera notre club, quitte à commencer par le bas. »

De plus, il n’y aura pas d’autres solutions en cas de déclassement. Gérard Lopez a déjà prévu cela pour passer par une profonde restructuration des Marine et Blanc avec un plan social de plus d’une centaine de licenciements. Vincent est “conscient des dommages sociaux que représenterait un tel sort, mais il serait facile d’anticiper l’inévitable”.

Réaménagement sportif autour du centre d’entraînement

Dans cet esprit, la nouvelle direction a mis les pieds dans le bol cette saison en supprimant tous les gros salaires du club. Et pas nécessairement de grande classe. C’est le moins que l’on puisse dire sur Koscielny, Costil ou Otavio. Mais pour les supporters, la priorité sportive n’est pas forcément là aujourd’hui. Pour beaucoup comme Philippe, il faudra avant tout se reconstruire, « pour éviter d’avoir à déployer une équipe de mercenaires de 17 pays différents, car dans ces conditions il est impossible de créer un esprit ‘club’. Il faut qu’il y ait un noyau français dur qui incarne l’histoire du club.

Sékou Mara, le jeune attaquant des Girondins de Bordeaux.
Sékou Mara, le jeune attaquant des Girondins de Bordeaux. -Romain Perrocheau/AFP

Il serait donc temps qu’une grande majorité des supporters bordelais fassent confiance au centre de formation identitaire. Charles:

“Je suis prêt à avoir des joueurs locaux qui viennent de nos régions et pour qui le FCGB signifie quelque chose, même si cela signifie un niveau plus modeste, mais au moins on va pouvoir s’identifier à cette équipe et retrouver cet esprit. Les membres de la famille qui ont peut-être été au club dans le passé. »

David rappelle que “les meilleurs joueurs du club ces dernières années ont été Laborde, Koundé et Tchouaméni (trois joueurs formés au club)”. C’est notamment le cas du second et il ne faut pas oublier le Brésilien Malcom, le plus gros transfert de l’histoire des Girondins. “Il est temps de mettre plus de ressources dans l’entraînement et, surtout, de faire confiance à des joueurs comme Mara, Pirringuel et Louis-Jean”, a poursuivi David. On ne peut pas construire une équipe compétitive avec uniquement des jeunes du club, mais on peut en faire notre base. Pour rappel, nous sommes maîtres avec Planus, Trémoulinas, Chamakh. »

Mettez de l’ordre à tous les étages

Dans cet appel à contribution, une dernière chose semble être dans le cœur des supporters bordelais qui se sont exprimés. Il est principalement associé à l’actualité du club et à “l’affaire Costil”. A la lecture des témoignages reçus, on peut dire que cela a marqué les esprits. On l’avait déjà remarqué au stade ou sur les réseaux sociaux. Comme Sébastien, ils sont nombreux à “vouloir remettre l’église au centre du village avec quelques sympathisants, car chacun doit savoir rester à sa place”. Pour lui, “ce qui est arrivé à Florian Brunet (le porte-parole des Ultramarines) est un pur scandale et son énorme engagement depuis tant d’années ne lui donne aucun droit sur les intérêts du groupe professionnel”. “JB”, il souhaite “l’émergence d’un deuxième groupe de supporters pour redynamiser le virage nord et agir comme un contre-pouvoir”.

“L’UB87 doit continuer son soutien indéfectible mais garder son rôle de grand supporter, car cet épisode avec Benoît Costil a été un élément encore plus dommageable pour les Girondins car il a terni la relation joueur-supporter et Bordeaux a été ridiculisé partout”, conclut pour sa part un Thibaud déçu par les événements récents A ce sujet, les Ultramarines, sans qui le club n’aurait peut-être jamais été sauvé il y a un an, n’ont cessé de réaffirmer leur indépendance vis-à-vis de Gérard Lopez et leur volonté de toujours agir pour le bien des Girondins.

A noter enfin les quelques commentaires sur la localisation du Matmut Atlantique. La volonté de Fabrice “de fluidifier la circulation piétonne autour du stade en créant des passerelles et en personnalisant le stade aux couleurs du club”. Axel et Sébastien insistent pour “le rendre plus attractif en baissant drastiquement le prix des places”.

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