L’incroyable ascension du FC Nantes

“J’ai regardé des matchs : celui qu’on a joué en correctionnel l’an dernier, contre Toulouse en barrages. L’arbitre a été gentil ce soir-là en tout cas ! Même Jean-Claude Suaudeau le reconnaît. Demandé par L’équipe A trois jours de la finale de la Coupe de France entre le FC Nantes et l’OGC Nice, les Canaris ont frôlé une grosse déception l’an dernier. Après une victoire 2-1 au stade, les hommes d’Antoine Kombouaré se sont inclinés 1-0 à La Beaujoire et ont essuyé un revers lorsque l’arbitre a refusé un penalty en faveur du TFC pour une main de Charles Traoré dans les dernières minutes.

Qu’est-ce qui vient après cette annonce ?

“C’était intense. Je n’avais jamais ressenti cela auparavant. Tu dois le vivre, je ne veux pas que quelqu’un passe par là. Mais les gars étaient super. Merci, c’était un défi pour moi aussil’entraîneur a continué à rappeler après ce barrage tendu chaîne+. J’ai dit que je devais me venger de moi-même. C’est une libération. » L’histoire aurait pu s’arrêter là. S’il était relégué, Kombouaré aurait dû renoncer à son tablier et Nantes serait revenu en Ligue 2 cette saison. Il n’y avait rien de tout cela. Au lieu de cela, l’entraîneur kanak est resté avec un groupe qu’il connaissait déjà.

Un effectif quasi identique à l’année précédente

Seuls Imran Louza, Abdoulaye Touré et Abdoul Kader Bamba ont quitté le navire à l’intersaison (pour ceux qui jouaient régulièrement). Au vu des difficultés financières et structurelles, Waldemar Kita n’a versé que 7,5 millions d’euros pour lever l’option d’achat d’Alban Lafont. Pour le reste, Wylan Cyrpien, Osman Bukari et Willem Geubbels ont rejoint la relance en prêt tandis que Samuel Moutoussamy revenait d’un prêt. L’équipe a peu bougé, renforcée par quelques éléments revanchards et un jeune latéral gauche, Quentin Merlin.

“Nous n’avons pas de service de recrutement”, déplorait Kombouaré en août dernier pour expliquer le difficile mercato de son club. Il faut alors passer le système D et laisser jouer le filet. “Il y a des amis qui ont appelé. C’est aussi la faisabilité des dossiers. Nous avions d’autres solutions. Mais c’était celui qui était le plus susceptible de signer. Les joueurs français sont très chers… L’idée est d’apporter un nouveau visage. Et surtout la qualité, j’espère., priait-il. Alors que les craintes d’une nouvelle saison galère étaient justifiées, elles ont été rapidement écartées.

Le mérite de Kombouaré

En fait, c’est le contraire qui s’est produit. Le FC Nantes a sans doute connu son meilleur entraînement depuis que Waldemar Kita a repris le club en 2007. Mené par un Ludovic Blas enfin réaliste et positionné en numéro 10, un Kolo Muani plus tueur dans la surface qui a confondu Moses Simon, des habitués comme Pedro Chirivella, Andrei Girotto, Jean-Charles Castelletto ou encore Dennis Appiah et un Alban Lafont toujours aussi précieux dans son but, les Canaris ont trouvé leur rythme de croisière. Kombouaré a même eu le mérite de révéler Quentin Merlin et de faire revivre Samuel Moutoussamy.

Le FC Nantes ne s’est jamais inquiété de son gagne-pain avec ce groupe qui ne sonne pas très bien sur le papier mais qui est régulier sur le terrain. En mars, il s’est même retrouvé dans la première partie de tableau et a atteint la 6e place de L1 au soir d’une victoire face à Montpellier. “C’est super, on s’occupe bien de nous. Nous avons 42 points à onze journées de la fin. C’est extraordinaire. Nous vivons quelque chose de formidable sachant qu’à ce stade, nous serons en Ligue 1 l’année prochaine. Les places sont très chères. Nous savons où nous sommes allés la saison dernière où nous avons fui les séries éliminatoires. Nous pouvons donc apprécier notre situation actuelle et être fiers de ce que nous faisons en ce moment.s’est enthousiasmé l’entraîneur de 58 ans.

Une pince enchantée malgré de fortes tensions

Les rêves d’Europe pourraient être légitimes, même s’il ne faut jamais annoncer la victoire trop tôt. L’appétit vient avec la bouffe, malgré des résultats un peu moins bons (2 victoires en L1 sur les 8 derniers matchs). Ce léger relâchement s’explique par une saison terminée en apothéose : une finale de Coupe de France. C’est la première au Stade de France depuis 2004 (défaite en finale de la Coupe de la Ligue contre Sochaux), tout le monde attend, direction, entraîneurs, joueurs et bien sûr les supporters qui font du bruit ouest de la franceseront plus nombreux que leurs homologues niçois puisque 48 000 places ont été achetées en Loire-Atlantique et dans ses environs.

Cependant, les tensions avec la direction sont toujours aussi fortes. Par exemple, on ne compte plus les charges entre Kita et la Brigade Loire, alors que la vente du club joue l’Arlesier malgré le projet de Mickaël Landreau et son collectif nantais. Des différends ont également surgi avec Kombouaré, le président blâmant son entraîneur pour la récente baisse des revenus alors que la prolongation de l’entraîneur (il est sous contrat jusqu’en 2023) est en pourparlers. Ces signes de stabilité ne sont pas légion à Nantes, autant les utiliser. Surtout quand il y a un trophée et une qualification pour la Ligue Europa à la fin.

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